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L'Edito de Guy Gweth

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10 questions à Khadija DOUKALI, entrepreuneure et politique franco-marocaine

Businesswoman et politique française d’origine marocaine, Khadija DOUKALI revient, dans cet entretien, sur l’intervention militaire française en Côte d’Ivoire. Mais avant, la militante UMP décrypte la défaite de son candidat à la présidentielle du 6 mai 2012.

Barthélemy KOUAME : Qu’est-ce que cela vous fait de savoir que votre parti a été battu à la présidentielle ?

Khadija DOUKALI : Je suis très triste et très déçue. Triste pour le président Nicolas Sarkozy, parce que je pense qu’il ne méritait pas de perdre. Je pense que le président Sarkozy a beaucoup donné à la France depuis 5 ans. Il ne faut pas oublier qu’il a affronté une crise d’une très rare violence. Il l’a affrontée avec beaucoup de courage. Il a préservé la France, si on fait une comparaison avec beaucoup d’autres pays d’Europe, notamment la Grèce, l’Italie, l’Espagne. Notre endettement et notre taux de chômage n’ont pas progressé dans les mêmes proportions que dans ces pays. Mais, c’est la règle de la démocratie. Nous, à l’UMP, nous nous plions au vote des Français.

Barthélemy KOUAME : Pour certains, ce sont les choix de Nicolas Sarkozy qui l’ont conduit à la défaite. Pour d’autres, c’est sa manière de gouverner qui a conduit à ce résultat. Quelles sont, selon vous, les raisons de cet échec ?

Khadija DOUKALI : Chacun a sa personnalité, sa manière d’être. Il est vrai que le président Sarkozy a fait que la fonction présidentielle est devenue un peu différente. Mais il l’a dépoussiérée. Il l’a rendue à mon avis plus moderne. Et c’est peut-être ce qui a choqué les Français. Il a eu l’avantage de se faire bouger les lignes. Maintenant s’il y a eu des erreurs, il les a lui-même reconnues. Il n’y a que Dieu qui est parfait. Tout le monde a droit à certaines erreurs. Je pense que ce qu’il a fait de meilleur est largement supérieur à ce qu’il a pu faire de pas bien. Il a conduit le pays avec un style un peu à l’américaine où le président est omniprésent. Il a dit lui-même qu’il voulait être responsable de ses actions. C’est pour cela qu’il était souvent en première ligne. Je pense que c’est la violence de la crise qui l’a conduit à la défaite. Il a été pris comme bouc émissaire.

Barthélemy KOUAME : Le 6 mai, en reconnaissant sa défaite, le président Sarkozy a souhaité une bonne chance à M. Hollande. Pensez-vous sincèrement que le nouveau président peut réussir ?

Khadija DOUKALI : Moi je ne ferai pas comme les socialistes. Chaque fois qu’il arrivera quelque chose de pas bien à la France, je n’en serai pas contente en me frottant les mains. Avant François Hollande, je vois l’intérêt de la France. C’est dans l’intérêt de la France que François Hollande réussisse, parce que la situation est tellement grave que nous pouvons très vite balancer et nous retrouver dans la situation de la Grèce.

Barthélemy KOUAME : Qu’est-ce qui change dans la nouvelle campagne ? Qu’est ce que vous n’avez pas pu faire dans la campagne présidentielle ?

Khadija DOUKALI : On va continuer avec notre programme. L’UMP a une ligne de conduite. L’UMP a un programme qui est la conséquence d’un certain nombre de conventions qui ont été tenues avec les militants. Nous n’allons pas en dévier pour des raisons électoralistes. Le programme, c’est relancer la compétitivité, renouer avec la croissance, faire baisser l’endettement. Pour cela, nous allons proposer un certain nombre de solutions.

Barthélemy KOUAME : Vous êtes vous-même candidate dans une circonscription des Français de l’étranger. Que proposez-vous concrètement ?

Khadija DOUKALI : Maintenant que l’élection présidentielle est terminée, je voudrais dire que les problèmes des Français de l’étranger sont totalement différents de ceux de l’Hexagone. D’abord, nous ne vivons pas dans l’Hexagone. Nous dépendons d’autres pays. Dans ces pays, il y a souvent des situations très préoccupantes. Il y a souvent des situations très graves de sécurité, comme on en a eu l’année dernière, notamment avec la Côte d’Ivoire. Ce sont aujourd’hui, des problèmes que connait le Mali. Je parle actuellement de ma circonscription, la 9e circonscription des Français de l’étranger. Le Mali a eu un coup d’Etat et des troubles qui font que nos compatriotes ne se sentent pas en sécurité. Il y a aussi la Guinée-Bissau. Ce qui intéresse les Français de l’étranger, c’est leur quotidien. C’est là que je voudrais m’adresser à eux : maintenant que nous savons qui va gouverner la France pour les 5 années à venir, parlons de nos problèmes, nous Français de l’étranger.

Barthélemy KOUAME : Député, pourrez-vous faire des propositions à l’Assemblée nationale ou au gouvernement pour garantir la sécurité des Français de l’étranger ?

Khadija DOUKALI : Bien sûr ! Il s’agit de l’intérêt des Français de l’étranger mais aussi de l’intérêt des pays dans lesquels ils résident. Quand on parle de Français de l’étranger, on parle d’expatriés, on parle de Français nés dans ces pays mais on parle aussi de bi-nationaux. Et notre circonscription est composée en majorité de bi-nationaux. C’est-à-dire des gens qui sont à la fois chez eux en Côte d’Ivoire, mais qui sont Français, pour prendre le cas de ce pays.

Barthélemy KOUAME : Ne craignez-vous pas qu’on vous accuse de faire des ingérences dans des affaires intérieures aux pays d’accueil ?

Khadija DOUKALI : Jamais, je ne me permettrais une ingérence dans les affaires intérieures des pays qui nous accueillent. Jamais mon parti ne me le permettra. Mais j’aimerais réellement pouvoir jouer un rôle sur le plan économique. J’aimerais pouvoir aider nos entrepreneurs en Côte d’Ivoire, par exemple. Et, s’ils le demandent, aider les entrepreneurs ivoiriens qui veulent travailler avec la France. Pour moi, il n’y a que des relations gagnant-gagnant pour la pérennité de nos rapports.

Barthélemy KOUAME : Avant l’économie, il y a certainement la sécurité. Quel regard portera le député que vous serez sur une intervention de l’armée française pour rétablir l’ordre constitutionnel dans un pays africain ?

Khadija DOUKALI : Pour prendre l’exemple de ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire, je pense que la sécurité des Ivoiriens en dépendait. Il n’y avait pas que la sécurité des Français de l’étranger. Après tout, ils auraient pu quitter la Côte d’Ivoire, même s’ils laissaient tout derrière eux. Mais il s’agissait avant tout de la stabilité de toute une région, et de la démocratie. Il a été établi que le président Alassane Ouattara a été élu démocratiquement. La France n’intervient qu’à votre demande, en ami.

Barthélemy KOUAME : François Hollande dit qu’il ne va pas retirer la force Licorne de Côte d’Ivoire du jour au lendemain. Qu’en pensez-vous ?

Ce qui fait l’ambigüité de François Hollande, c’est qu’il dit toujours une chose et son contraire. Il n’a pas cessé de le faire durant la campagne. Il a dit qu’il baisserait les budgets de défense. Très souvent, en pareille situation, on commence par l’étranger. Hors, quand la Côte d’Ivoire accepte qu’il y ait un contingent sur son territoire, nous pouvons intervenir très rapidement dans toute la zone s’il y a problème pour nos compatriotes. Il ne s’agit pas d’ingérence. La situation de la Côte d’Ivoire exigeait une intervention. C’est comme la situation de la Libye où on rentrait dans un cycle de génocide. Il fallait faire quelque chose pour protéger les populations civiles. Je pense que les Ivoiriens sont aujourd’hui contents et qu’ils sont reconnaissants au président Sarkozy, d’avoir eu le courage d’aider le peuple ivoirien.

Barthélemy KOUAME : Etes-vous confiante pour les législatives ?

Khadija DOUKALI : L’enjeu est différent de celui de la présidentielle. Les intérêts sont différents d’une circonscription à l’autre. Vous pouvez avoir des gens de gauche qui votent pour une personne de droite et inversement, parce qu’on apprécie plus la personne que sa couleur politique. Je suis confiante parce que nous avons aussi, à l’UMP un excellent programme. Il y a une expérience acquise. Maintenant, une élection est une élection. Les Français choisiront qui leur semblent le plus à même de les représenter. Personnellement, je suis née dans ma circonscription. Je suis née au Maroc, d’un père d’origine marocaine et d’une mère franco-algérienne qui a été élevée par une dame tunisienne. Là où j’ai été élevée, nous avons toujours eu d’excellentes relations avec nos amis Sénégalais, Ivoiriens, Maliens… Je considère donc que l’Afrique est ma terre. J’en suis issue, et je connais les problèmes. Par exemple, à l’étranger, l’école est payante. A l’étranger, vous payez pour votre couverture sociale mais vous n’êtes pas totalement couvert. En France, vous avez votre carte vitale. Vous voyez que ce n’est pas du tout la même chose. En plus, je connais les codes culturels de ces pays où je me présente. Je suis plus en mesure de comprendre les problèmes, la culture et de pouvoir les expliquer à l’Assemblée nationale.

(Avec Fratmat)

Femme politique, femme d’affaires, et mère de famille, Khadija DOUKALI  est née le 21 mai 1962 à El Jadida au Maroc. Elle a fait ses études supérieures à la School for International Training à Brattleboro Vermont et à Boston University aux Etats-Unis. Par ailleurs diplômée en Management de l’Institut Supérieur de Commerce et d’Entreprise (ISCAE), elle est également titulaire d’un DEA en « Stratégie Financière et Industrielle Internationale » de l’Université de Paris XIII et d’un Executive MBA obtenu à l’ESCP-EAP de Paris. Suivre l’actualité de Khadija  DOUKALI sur son blog.

 

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