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L'Edito de Guy Gweth

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3 questions à Ibrahima COULIBALY, président du CNOP-Mali

Président de la Coordination nationale des organisations paysannes du Mali (CNOP-Mali) et vice-président du Réseau des organisations paysannes et de producteurs de l’Afrique de l’Ouest (ROPPA), Ibrahim COULIBALY nous explique la menace que fait peser la conquête des terres arables sur l’agriculture africaine.

AFD : Quelles menaces l’acquisition rapide et à grande échelle fait-elle peser sur les exploitations d’Afrique de l’Ouest ?

Ibrahima COULIBALY : La situation des exploitations familiales en Afrique de l’Ouest est rendue très difficile, du fait notamment des tensions que connaît actuellement le secteur foncier. Depuis la crise alimentaire de 2008, les petits, moyens et gros acquéreurs ont compris que la terre a désormais une grande valeur et que l’alimentation est en passe de devenir un enjeu majeur pour l’avenir. Il en a résulté une accélération desdites tensions, une course aux acquisitions foncières, phénomène communément appelé « accaparement des terres ». Quelle que soit la taille des acquéreurs, ce schéma se vérifie dans la plupart des pays de la région. Face à cette situation, les exploitations familiales sont hélas très mal préparées, ce qui entraîne un processus de marginalisation voire de sortie de l’agriculture pour beaucoup de ces petits exploitants agricoles, avec entre autres conséquences logiques, un phénomène d’exode rural.

AFD : Que peuvent faire les organisations paysannes pour remédier à ce problème ?

Ibrahima COULIBALY : Les organisations paysannes agissent à plusieurs niveaux. Elles s’engagent à renforcer les capacités de leurs membres afin de les aider à défendre leurs terres, d’une part face aux acquéreurs qui tentent de les convaincre de les vendre, d’autre part face aux acteurs étatiques qui veulent s’accaparer ces terres dans l’intention de les céder ensuite à des investisseurs privés.

C’est dans ce contexte que les organisations paysannes mènent des actions de plaidoyer et de lobbying en vue de sensibiliser les autorités sur l’importance de la mise en œuvre de politiques publiques qui reconnaîtraient pleinement le rôle et la place de l’agriculture familiale. Il s’agit, en effet, du premier secteur créateur d’emploi en Afrique, puisqu’il concerne environ 75% de la population.

Ces familles subsistent exclusivement des produits de leurs propres exploitations, sans bénéficier du soutien ou de subventions de l’État. Le discours général des gouvernements tend malheureusement à marginaliser ce type d’agriculture, qu’ils considèrent comme une forme « archaïque », incapable de s’insérer dans les marchés dits modernes au profit des plus gros exploitants, lesquels sont capables de fournir ces mêmes marchés avec des garanties sûres, notamment en termes de prévisibilité et de stabilité de la production. Ce choix revient à minorer voire ignorer l’importance de l’agriculture familiale et vivrière en tant que facteur important de stabilité sociale et économique dans les pays d’Afrique subsaharienne.

AFD : Quel rôle pourraient jouer les partenaires comme l’AFD pour renforcer les organisations paysannes dans cette mobilisation ?

Ibrahima COULIBALY : Les partenaires au développement ont un rôle extrêmement important dans la mesure où ils participent activement au financement des politiques publiques dans nos pays depuis des décennies. Les bailleurs de fonds, notamment, ont un rôle essentiel mais l’on ne peut plus continuer dans la logique de l’aide budgétaire directe aux gouvernements. Il faut orienter cette aide vers les organisations locales, ce qui sera en définitive beaucoup moins coûteux et plus efficace.

Force est de constater aujourd’hui que les méthodes de financement actuelles ont rendu peu de services aux petits exploitants agricoles, et ont eu peu de prise sur les difficultés et obstacles rencontrés par ceux-ci au quotidien. Il est donc impératif d’inventer d’autres méthodes d’intervention ciblant prioritairement et directement les vrais problèmes et défis, notamment en termes d’accès aux équipements de base qui leur permettraient d’être opérationnels et de faire face aux aléas climatiques, d’accès à la formation et aux marchés locaux, de valorisation de leur production et de conservation de leur outil de production. Il n’y a guère de solution viable en dehors de celle-ci.

Si l’agriculture familiale est négligée et, à terme, détruite, ce sont plus des deux tiers des populations des pays d’Afrique qui se trouveront en grande difficulté pour accéder à l’autosuffisance alimentaire.

(Avec AFD)

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