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L'Edito de Guy Gweth

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4% des financements pour les infrastructures dans la CEEAC

4% des financements pour les infrastructures dans la CEEAC

(Africa Diligence) A l’initiative du Fonds monétaire international (FMI), une conférence régionale sous le thème « financer le futur : développer les infrastructures en Afrique centrale » s’est tenue dans la capitale camerounaise, avec la participation des représentants des dix pays membres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC), des financiers et d’autres parties prenantes.

Selon Arnaud Dornel, spécialiste principal du secteur financier à la BM intervenant à cette conférence, 21 pays d’Afrique subsaharienne ont conclu un total de 159 accords de financement de projets au cours des dix dernières années pour un montant global de 59 milliards de dollars. « Cela représente, a résumé l’expert, une très petite part du marché mondial du financement de projets : sur la période 2003- 2013 plus de 5.000 projets ont été conclus dans le monde, pour une dette totale de 2.000 milliards de dollars. L’Afrique subsaharienne n’en représentait que 3%. »

En tête du classement, le Nigeria pour 17 milliards de dollars de financements, puis le Ghana (11 milliards), l’Afrique du Sud (10 milliards) et l’Angola (4 milliards) représentaient à eux quatre 70% du total de cette partie du continent, grâce à quelques grosses transactions à l’exemple du champ pétrolier Jubilee au Ghana, précise Dornel. Dans la zone CEEAC composée de l’Angola, du Burundi, du Cameroun, du Congo, du Gabon, de la Guinée équatoriale, de la République centrafricaine (RCA), de la République démocratique du Congo (RDC), de Sao Tomé & Principe et du Tchad, l’étude de la Banque recense 23 transactions pour un total de 7,7 milliards de dollars, soit 14% du total pour l’Afrique subsaharienne. Dominés par les industries extractives pour un montant de 7,4 milliards de dollars (96%), ces financements représentent une portion congrue de 4% pour les infrastructures, soit 0,3 milliard de dollars dont 10 projets pour le seul Angola, uniquement dans le domaine du pétrole et du gaz.

Sur les 23 projets, seuls quatre se rapportent aux infrastructures, dont deux opérations dans le secteur des télécommunications au Cameroun et en RDC pour un montant total de 166 millions de dollars, une opération dans le secteur de l’énergie, précisément la centrale à gaz de Kribi au Cameroun pour 132 millions de dollars, et enfin un investissement de 119 millions de dollars dans l’agrobusiness au Gabon.

Dans son allocution d’ouverture, le ministre camerounais des Finances, Alamine Ousmane Mey, a souligné que les besoins en infrastructures, évalués à 93 milliards de dollars par an (15% du PIB) au cours des prochaines années, étaient énormes et cruciaux pour le décollage socioéconomique de l’Afrique subsaharienne. Il a relevé qu’à ce jour, moins de la moitié des financements requis était disponible et que le continent noir accusait un déficit de 50 milliards de dollars à combler par an, d’où la faible compétitivité des économies africaines.

Pour le ministre, le plus grand défi réside dans l’accès à l’énergie, car, « une trentaine de pays sont régulièrement confrontés au problème de pénuries d’électricité ». A commencer par le Nigeria, paradoxalement le premier producteur africain de pétrole, ou encore le Cameroun, première économie de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).

Alamine Ousmane Mey a préconisé d’élaborer des stratégies nouvelles de financement et d’adopter des cadres de gestion de la dette, afin d’éviter le surendettement. Il a plaidé pour la promotion de l’intégration régionale pour réaliser des économies d’échelle face aux coûts élevés des financements des infrastructures.

La Directrice adjointe du département Afrique du FMI, Anne-Marie Gulde-Wolf , a quant à elle suggéré une mise à niveau des infrastructures afin d’impulser un nouvel élan au développement de cette Afrique subsaharienne dont les performances économiques remarquables de plus de 5% de croissance du PIB en moyenne observées au cours des dix années écoulées étaient portées principalement par les recettes pétrolières. Mme Gulde-Wolf encourage notamment à investir dans la production de l’électricité et l’accès à l’eau potable puis aux services d’assainissement, jugés comme deux secteurs névralgiques de nature à augmenter la productivité des entreprises pour le premier et d’améliorer la santé des populations puis de permettre leur participation au développement économique de leurs pays pour le second.

La conférence de Yaoundé était organisée en prélude des assises continentales plus importantes, prévues les 29 et 30 mai à Maputo au Mozambique toujours à l’instigation du FMI, sous le thème « Africa Rising ».

(Avec Journal du Cameroun)

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