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L'Edito de Guy Gweth

Chaque semaine, le président du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE) vous entraine dans les arcanes de la géoéconomie et de la géostratégie africaines.

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7 questions à Nicola NEWTON-KING, DG de la Bourse de Johannesburg

Spécialiste des services financiers, la Sud-Africaine Nicola NEWTON-KING alias « Nicky » nous donne son appréciation des risques et opportunités d’investissements sur le continent africain, en sa qualité de directrice générale de la Bourse de Johannesburg.

Kristin PALITZA: Existe-t-il des possibilités pour les pays africains, en particulier les nations très riches en produits de base, de profiter de la crise financière?

 NEWTON-KING: Les marchés émergents ont connu un double effet. Après s’être d’abord retirés des marchés émergents, les investisseurs ont finalement constaté que les rendements qu’ils obtiennent sur les marchés émergents sont plus élevés que ceux acquis sur leurs marchés nationaux. Cela a rendu attrayants les ré-investissements.

Kristin PALITZA: Quel niveau de stabilité politique est-il nécessaire pour attirer les investissements étrangers?

 NEWTON-KING: Nous sommes dans un espace d’élections contestées. Cela signifie que les orientations politiques sont sujettes au débat. Dans la vision des investisseurs, cela crée un degré considérable d’incertitude. Les gens ne sont pas certains s’ils veulent faire des investissements à long terme jusqu’à ce qu’ils sachent que l’environnement politique est sûr. C’est un problème pour nous en Afrique du Sud, en Afrique, et pour nous en tant que Bourse. Nous passons donc beaucoup de temps à parler au gouvernement et aux décideurs politiques appropriés pour décider des principes fondamentaux de notre orientation politique, afin de limiter l’incertitude. D’autre part, il y a des investisseurs qui sont assez tolérants des environnements politiques. Les gens investiront au Zimbabwe et au Kazakhstan, parce que finalement, c’est l’argent qui compte.

Kristin PALITZA: En décembre 2010, l’Afrique du Sud a été invitée à rejoindre le groupe des économies émergentes, comprenant le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine (BRIC). Cela a-t-il apporté d’autres échanges commerciaux au continent?

NEWTON-KING: Nous voyons certainement un changement vers le Sud-Sud et l’Est-Sud, loin de l’Occident. Le BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) et les opportunités connexes figureront plus dans nos vies que par le passé. Nous espérons voir des plus de flux d’investissements venir de l’Est et du Brésil. Certaines grandes banques prédisent que d’ici à 2020, 40% de la richesse mondiale sera dans les BRICS.

 Kristin PALITZA: La JSE collabore-t-elle avec d’autres bourses africaines?

 NEWTON-KING: Il y a 24 Bourses sur le continent africain, mais certaines font seulement 10 transactions par jour (alors que la JSE a au moins 120.000 transactions par jour dans son marché des actions). Nous sommes l’éléphant sur le continent. Mais je rêve d’un niveau beaucoup plus élevé de coopération. Il y a une bonne communication entre les différentes équipes de gestion des autres Bourses africaines, par exemple avec le Nigeria et le Kenya. Il existe deux choses sur lesquelles nous travaillons en termes de meilleure coopération, telles que le fait de lier de façon transversale les produits et le partage de la technologie. Mais cela ne se traduit pas par de nouvelles affaires pour le moment.

Kristin PALITZA: Serait-il logique de former une seule Bourse africaine?

 NEWTON-KING: Ce n’est pas un objectif que nous poursuivons. Nous avons vu beaucoup d’autres tentatives, de grandes fusions mondiales qui ont été confrontées à des questions transfrontalières réglementaires. Nous pensons que nous pouvons obtenir les mêmes avantages si nous travaillons sur des méthodes transversales et des possibilités plus étroites de diversité des produits. C’est là où vont nos efforts.

Kristin PALITZA: En 2009, la JSE a lancé ‘Africa Board’ où les plus grandes entreprises du continent peuvent être vendues, afin de promouvoir la croissance du marché africain des capitaux. Cela a-t-il été une stratégie réussie?

NEWTON-KING: ‘Africa Board’ n’a pas réalisé ce que nous voulions atteindre. Nous voulions créer un segment de marketing raccourci pour présenter les entreprises africaines, mais nous avons seulement 14 sociétés africaines cotées aujourd’hui… Nous espérons pleinement en obtenir plus, mais cela se fera au fil du temps.

Kristin PALITZA: Qu’est-ce que cela fait d’être la première femme à diriger la JSE?

 NEWTON-KING: C’est intéressant. Il y a 16 ans, lorsque je rejoignais la JSE, j’aurais été terrifiée d’aller près de la Bourse, parce que c’était un endroit assez effrayant pour toute personne portant une jupe. Aujourd’hui, nous avons 500 personnes qui travaillent à la JSE. C’est un ratio femmes-hommes de presque 50-50, et mon équipe de direction est de sept pour six, femmes par rapport aux hommes. Une organisation diversifiée attire plus de diversité. Il y a une énorme force là-dedans.

 (Avec IPS)

Née le 7 novembre 1966, Nicola F. NEWTON-KING est la première femme à occuper les fonctions de de CEO du Johannesburg Stock Exchange (JSE). Elle remplace à ce poste Russell LOUBSER dont elle a été l’adjointe pendant quelques années. Juriste reconnue au niveau mondial, Nicky NEWTON-KING a été l’un des principaux rédacteurs de la loi sur les délits d’initiés. Pour cette diplômée de Cambridge, développer le nombre de produits et services de la JSE est la voie royale pour attirer de nouvelles cotations d’entreprises locales et internationales en Afrique du Sud.

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