A quel point la distribution automatique va bouleverser l’Afrique Le marché des ambulances en Afrique centrale et de l’Ouest Innovation : KCG creuse le sillon de la due diligence foncière en Afrique Le jour où chaque Africain aura ses lunettes de soleil

L'Edito de Guy Gweth

Chaque semaine, le président du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE) vous entraine dans les arcanes de la géoéconomie et de la géostratégie africaines.

Lire la suite

Business : la France veut concurrencer la Chine en Afrique

[Africa Diligence] Les entreprises françaises doivent passer à l’offensive pour endiguer l’influence grandissante de la Chine sur les marchés africains de plus en plus compétitifs, a estimé le ministre des Finances, Pierre Moscovici, le 1er décembre 2012 à Abidjan. La réponse de Pékin ne s’est pas fait attendre.

Si la France, ancienne puissance coloniale, conserve des liens privilégiés avec de nombreux pays du continent, elle est plus que jamais menacée dans ses positions par la multiplication des investissements des entreprises chinoises.

« Il est évident que la Chine est de plus en plus présente en Afrique. Les entreprises françaises qui en ont les moyens doivent passer à l’offensive », a déclaré Pierre Moscovici à la presse lors d’une visite en Côte d’Ivoire. « Elles doivent être présentes sur le terrain. Elles doivent se battre », a ajouté le ministre des Finances. Il a insisté sur la nécessité pour les entreprises françaises de conquérir des marchés, notamment en Afrique subsaharienne, région, a-t-il dit, dont le taux de croissance de 5,5 % en 2012 est le 2ème plus important après celui de l’Asie.

« Nous devons être présents »

« Le phénomène nouveau est que la croissance africaine a le potentiel de stimuler la croissance en France. Nous devons être présents », a-t-il poursuivi. Les échanges commerciaux de la Chine avec l’Afrique ont dépassé 166 milliards de dollars (128 milliards d’euros) en 2011, selon des statistiques chinoises tandis que les exportations africaines, principalement des matières premières nécessaires à l’industrie, s’élevaient à 93,2 milliards de dollars contre 5,6 milliards au cours de la décennie écoulée.

En juillet 2012, Pékin a offert à plusieurs pays africains des prêts de 20 milliards de dollars sur trois ans, soit le double du montant proposé sur les trois années précédentes. Pierre Moscovici a estimé que la création de la Banque publique d’investissement (BPI), qui doit commencer ses activités début 2013, va favoriser la compétitivité des entreprises françaises au niveau mondial.

La BPI disposera de 42 milliards de fonds

Cette banque, dont la création était l’un des engagements du candidat François Hollande, disposera de 42 milliards de fonds afin de faciliter les prêts aux PME et investir directement du capital dans certaines entreprises. Le ministre français doit signer avec le gouvernement d’Abidjan un contrat de conversion de la dette ivoirienne portant sur 630 millions d’euros.

Cette somme sera affectée sur la période 2012-2015 au financement de projets de lutte contre la pauvreté dans les secteurs de l’éducation, de la formation, de l’emploi, de la santé, de l’agriculture, du développement rural et urbain, des infrastructures de transport et de la justice.

La Chine n’entrave pas les relations avec les pays tiers

La Chine ne va pas entraver la coopération entre l’Afrique et une autre partie tierce, telle est l’annonce faite le 3 décembre 2012 par le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Hong Lei. « La coopération économique et commerciale entre la Chine et l’Afrique est mutuellement profitable et gagnant-gagnant, elle booste vigoureusement le développement commun des deux parties », a-t-il souligné lors d’un point de presse.

D’après Hong, la coopération économique et commerciale entre la Chine et l’Afrique est « ouverte et inclusive », ce qui attire l’attention de la communauté internationale vers l’Afrique. « La Chine salue la contribution française en Afrique, et est convaincue que cela favorise non seulement les compagnies chinoises et françaises, mais également le développement durable de l’Afrique, » a indiqué le porte-parole chinois.

(Avec Reuters et Xinhua)

Veille multi-sectorielle, études de marché, authentification de documents, notes de conjoncture, organisation des RDV d'affaires, formations et conférences... Les experts en intelligence économique, due diligence et public affairs de Knowdys mettent à votre disposition une connaissance précise de l'environnement économique, culturel et géopolitique des marchés africains.

Plus d'infos sur www.knowdys.com

1 Commentaire

  1. mekm dit :

    « […] en 2011, selon des statistiques chinoises […] les exportations africaines, principalement des matières premières nécessaires à l’industrie, s’élevaient à 93,2 milliards de dollars contre 5,6 milliards au cours de la décennie écoulée. »

    N’y aurait-il pas exagération ? On a du mal à croire qu’en une seule année (2011), le montant des exportations ait augmenté à près de 17 fois plus que celui des dix années précédentes (de 2000 à 2010).
    A moins que cela ne traduise un niveau plus que satisfaisant des prix des matières premières depuis 2011, il est difficile d’admettre que cette augmentation soit la conséquence du seul accroissement de production, les infrastructures étant toujours peu adaptées.

Laisser un commentaire