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L'Edito de Guy Gweth

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Le N°1 de la banque centrale du Nigéria dénonce l’impérialisme de la Chine en Afrique

(Africa Diligence) Dans une tribune parue le 11 mars 2013 dans le Financial Times, Lamido Sanusi s’insurge contre le pouvoir qu’a réussi à prendre la Chine vis-à-vis des pays africains. Il dénonce des méthodes digne du colonialisme et espère une réaction de la part des décideurs politiques et économiques africains pour mettre un terme à cette dépendance.

Un électrochoc. Voilà ce qu’entend provoquer le gouverneur de la banque centrale du Nigeria, Lamido Sanusi, en publiant une tribune intitulée « Africa must get real about Chinese ties » lundi 11 mars 2013 dans les colonnes du Financial Times. Une nouvelle fois, c’est donc du Nigeria que s’élèvent une voix contre la puissance de la Chine sur le continent Africain. Lamido Sanusi écrit : « il est temps pour nous d’ôter les lunettes teintées de rose à travers lesquelles nous voyons la Chine ». Une façon pour lui de taper du poing sur la table et de tenter de provoquer un sursaut des acteurs économiques de son pays face à ce qu’il considère comme de l’impérialisme de la part de l’Empire du Milieu.

Il dénonce des relations commerciales qu’il considère inégales entre la puissance commerciale mondiale qu’est devenue la Chine et les pays d’Afrique, prêts à concéder l’exploitation de leurs ressources naturelles contre des devises fraîches et des prêts, et contre des biens manufacturés de faible qualité mais très peu onéreux. « La Chine nous prend des matières premières et nous fournit des biens manufacturés. C’était aussi l’essence du colonialisme » s’insurge-t-il dans les colonnes du journal britannique.

Naïveté face aux chinois

Pour lui, le Nigeria doit exploiter lui-même ses ressources pétrolières et gazières, et doit s’extraire de la vision – naïve, d’après lui – avec laquelle ils ont accueilli les investisseurs chinois depuis une quinzaine d’années. D’autant que concernant sa croissance économique, le Nigeria jouit d’un formidable atout : sa demande intérieure. C’est en effet le pays le plus peuplé du continent africain : il compte plus de 162 millions d’habitants.

Si cette voix s’élève depuis le Nigeria, ce n’est évidemment pas un hasard. Il s’agit de l’un des pays les mieux armés pour hausser le ton car il dispose de grosses réserves pétrolières et gazières qui intéressent énormément la Chine. Et son poids économique au sein du continent africain ne cesse d’augmenter.  Le Nigeria pourrait, au cours des vingt ans à venir, progressivement devenir l’une des nations qui comptent le plus dans l’économie mondiale, selon un rapport du NIC (National Intelligence Council) des Etats-Unis paru récemment. « Outre la Chine, l’Inde et le Brésil, les acteurs régionaux tels que la Colombie, l’Indonésie, le Nigeria, l’Afrique du Sud et la Turquie deviendront particulièrement importants pour l’économie mondiale », indique ainsi ce rapport.

Le Nigéria, premier producteur de pétrole d’Afrique

Ce boom de la croissance nigérianne s’explique en grande partie par les ressources naturelles dont dispose le pays, mais également par leur gestion. Aujourd’hui, l’économie nigérianne est dominée par le secteur des hydrocarbures, qui représente en moyenne 36% du PIB et plus de 97% des exportations. C’est le premier producteur de pétrole du continent africain. Pour que cette richesse profite un maximum au pays, le pouvoir nigérian applique une mesure drastique depuis un peu plus de trois ans : le « nigeria’s local content « . Cette loi impose qu’une large majorité de l’activité liée à la production de pétrole et de gaz soit assurée par de la main d’oeuvre nigérianne, sur le territoire du Nigeria. Les investissements et les emplois du pays s’en trouvent ainsi dopés.

Mais l’influence de la Chine demeure prédominante.  Il faut dire qu’elle a réussi à s’imposer en tant que premier partenaire économique de l’Afrique devant les pays occidentaux, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. Les échanges commerciaux qu’elle entretient avec le continent africain ont été multipliés par 20 entre 2000 et 2012, atteignant un montant total de 200 milliards de dollars. Dès lors, la relation de dépendance qu’elle entretient avec le Nigeria et plus largement avec les pays africains ne s’amoindrira qu’avec une forte réaction  de la part des pouvoirs économiques et politiques. C’est ce qu’espère provoquer Lamido Sanusi. Dès 2006, le magazine britannique The Economist, résumait la situation des pays africains face à la Chine ainsi : « La Chine sait ce qu’elle veut de l’Afrique et l’obtiendra probablement. Le contraire n’est pas vrai ». Tout est dit.

(Avec Adeline RAYNAL)

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