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L'Edito de Guy Gweth

Chaque semaine, le président du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE) vous entraine dans les arcanes de la géoéconomie et de la géostratégie africaines.

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Les entreprises russes veulent plus de parts de marchés en Afrique

(Africa Diligence) La Russie a entamé sa conquête économique de l’Afrique au début de l’an 2000. Partenariats d’affaires, investissements, etc., Moscou veut faire de l’Afrique son nouveau partenaire économique. Pour y arriver, les Russes bénéficient notamment des conseils avisés de cabinets d’intelligence économique comme Knowdys.

L’Afrique a depuis longtemps cessé d’être la terre d’investissements privilégiée de l’Occident. Depuis plusieurs années, la Chine est devenue la première partenaire économique du continent africain et désormais la Russie cherche à se faire une place dans ces pays en développement et au fort potentiel d’investissements.

Pour Mikhail Gamandiy-Egorov, journaliste pour La Voix de la Russie, les Russes n’en sont pourtant qu’à leur début et devront désormais établir une véritable stratégie économique en Afrique.

Quels sont les intérêts de la Russie en Afrique ?

La Russie a beaucoup d’ambition en Afrique et les partenariats qu’elle a engagés avec le continent sont aujourd’hui nombreux. L’Afrique est intéressante pour la Russie parce qu’elle se développe vite et que les intérêts y sont donc importants.

Si le continent africain est resté pendant longtemps l’apanage des pays occidentaux, depuis les années 2000, une nouvelle ère s’est ouverte et aujourd’hui, la Chine a d’ailleurs dépassé les anciens pays colonisateurs en termes de partenariats économiques.

Les chiffres en témoignent. Le volume d’échange entre la Chine et l’Afrique a passé récemment le cap de 200 milliards de dollars par an, faisant de la Chine depuis les dernières années le principal partenaire commercial du continent africain.

Face à cela, la Russie est encore très loin, son volume d’échange avec l’Afrique est de 4 à 5 milliards de dollars par an. Mais le potentiel est là. L’Afrique a besoin d’infrastructures, d’éducation, de technologies, et la Russie de même que l’Afrique ont la volonté de développer le partenariat dans de nombreux domaines.

L’Afrique est aujourd’hui le continent où un pays se doit d’être installé et d’avoir investi. C’est ce que la Russie cherche à faire, même si, pour l’instant, les résultats ne sont pas encore là.

Dans quel pays la Russie a-t-elle lancé le plus de partenariats économiques ?

Pour l’instant, ses partenaires principaux sont en Afrique du Nord, les deux principaux étant l’Egypte et le Maroc. La Russie est encore peu implantée en Afrique subsaharienne mais a de nombreux liens avec certains pays du sud de l’Afrique. Qu’il s’agisse de l’Afrique du Sud – où la Russie trouve de nombreuses opportunités -, de la Namibie ou l’Angola – où la Russie, via-l’URSS, a joué un rôle important durant la guerre civile. Beaucoup de sociétés russes y sont aujourd’hui implantées.

En Afrique de l’Ouest, la Guinée est un grand partenaire économique des Russes. Plusieurs entreprises y sont implantées, dont le géant russe de l’aluminium Rusal, et la Russie a notamment signé plusieurs partenariats avec l’Etat guinéen en ce qui concerne la formation de cadres. Ils sont aujourd’hui nombreux à venir en Russie pour suivre stages et formations. De la même manière, de plus en plus d’étudiants guinéens et plus globalement pratiquement de tous les pays d’Afrique se rendent en Russie pour effectuer un cycle d’étude.

Cet intérêt des Russes pour l’Afrique est-il nouveau ?

Au contraire, il ne date pas d’hier. Les Russes étaient de grands partenaires des Africains pendant l’ère soviétique. Pendant les révolutions, les russes ont toujours soutenu les mouvements africains de libération et après la décolonisation, près de 40 000 conseillers soviétiques résidaient sur le continent africain. Nous sommes alors dans les années 70-75 et les relations entre la Russie soviétique et l’Afrique sont très actives.

Puis, dans les années 80, ces relations sont à la baisse et lorsque l’Union soviétique a éclaté, la Russie a laissé tomber beaucoup de ses alliés, dont africains.

 Les années 2000 voient un renouveau de ces relations. Les pays africains ont renouvelé leurs intérêts pour la Russie et la Russie a fait de même, sous l’impulsion de Vladimir Poutine. Les visites de présidents africains et russes dans leurs pays partenaires ont commencé, les ministres des Affaires étrangères ont multiplié leurs échanges.

Derrière les ambitions africaines en Russie, n’y a-t-il pas également une volonté russe de s’installer sur le territoire historique des Occidentaux ?

Oui et non. Les partenariats russo-africains n’ont pas tant pour objectif de contrer les Occidentaux que de mettre en œuvre une volonté d’avoir des intérêts véritablement diversifiés.

La Russie a toujours eu des relations privilégiées avec en premier lieu les anciens pays de l’Union soviétique, elle a également des relations très actives avec l’Europe, notamment grâce au commerce du gaz.

Les Russes sont de grands partenaires des Asiatiques et depuis 2000, la Russie a également commencé son implantation en Amérique du Sud, sa relation stratégique avec le Venezuela en est le témoin. S’installer en Afrique était alors dans la logique des choses.

Il faut dire également que l’histoire, dans ce contexte, fait beaucoup. La Russie n’a pas de passé colonial avec l’Afrique et ses relations en sont donc facilitées. Pour de nombreux pays africains, la Russie représente une véritable alternative économique et politique.

Dans la mesure où Russes et Chinois font front commun sur de nombreux points, peut-on parler de stratégie commune en Afrique ?

C’est difficile à dire. La Russie et la Chine entretiennent de très bonnes relations et sur de nombreux plans, ils sont partenaires principaux. Mais en Afrique, le schéma est très différent et chacun poursuit ses propres intérêts et stratégies.

Mais si la Chine a aujourd’hui une véritable stratégie en Afrique, ce n’est pas encore le cas de la Russie. La volonté est là mais le plan n’a pas été véritablement défini et mis en œuvre.

(La Rédaction, Avec JOL)

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