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L'Edito de Guy Gweth

Chaque semaine, le président du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE) vous entraine dans les arcanes de la géoéconomie et de la géostratégie africaines.

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Dambisa MOYO : la troisième guerre mondiale est proche

La demande de matières premières énergétiques et agricoles dans les pays émergents va exploser d’ici quelques décennies. Alors que la plupart des ressources occidentales s’épuisent, cette demande accrue va engendrer des conflits qui pourraient conduire à la 3ème Guerre Mondiale, d’après l’économiste Dambisa Moyo, ancienne de la Banque mondiale et de Goldman Sachs.

Petit rappel : Dambisa Moyo est une universitaire américaine d’origine zambienne. Titulaire d’un doctorat en économie de l’université d’Oxford, d’un master de l’université de Harvard et d’un MBA de l’American University of Washington, elle a travaillé 8 ans chez Goldman Sachs après avoir servi à la Banque mondiale. Après la publication, en 2009, de son best-seller intitulé L’aide fatale, Dambisa Moyo a été classée parmi les 100 personnalités les plus influentes au monde par le Time Magazine.

Dans Winner take all, Dambisa Moyo explique que « dans moins de 20 ans, nous verrons l’émergence d’une classe moyenne de la même taille que la population actuelle de l’Afrique, de l’Amérique du Nord et de l’Europe réunies. » Le sous-titre de son livre est explicite, « La course de la Chine pour les ressources, et ce que cela signifie pour nous ».

La démographie à l’échelle planétaire connaît des bouleversements sans précédent. En 1950, il y avait 2,5 milliards d’habitants sur la planète. En 2011, la barre des 7 milliards a été franchie. Dans moins de vingt ans, ce sont plus de 2 milliards de personnes qui rejoindront la classe moyenne grâce aux taux de croissance extraordinaires des pays émergents.

Cette nouvelle classe moyenne, à l’instar de son homologue occidentale, va vouloir s’équiper avec le confort « moderne ». Réfrigérateurs, machines à laver, téléphones mobiles, ordinateurs et bien entendu la voiture seront les signes de l’accès à une nouvelle classe mondiale. La demande en nourriture et en eau va augmenter respectivement de 50 et 30% à l’horizon 2030.

L’ogre chinois

La Chine est devenue un des plus gros importateurs de matières premières au cours des dernières années. Et Pékin sécurise déjà ses approvisionnements, notamment par le biais d’accord bilatéraux privilégiés comme avec l’Australie ou bien en achetant des milliers d’hectares de terres arables en Afrique de l’Ouest. Son monopole sur les « terres rares », qui contiennent des métaux stratégiques, lui assure une certaine tranquillité et aussi un certain pouvoir sur les industries occidentales.

La population chinoise devient de plus en plus exigeante. Le parti doit obtenir de nouvelles sources d’approvisionnements car la pression mondiale sur le plomb, le zinc ou le maïs va crescendo. L’ogre chinois n’est pas le seul pays dans cette situation mais c’est le plus agressif économiquement. Que se passera-t-il quand les entreprises d’Etat chinoises ne pourront plus satisfaire leurs besoins avec les ressources d’Afrique, d’Amérique du Sud ou du Moyen-Orient ?

Plusieurs conflits risquent d’éclater à travers le monde. Pour le pétrole, les géologues sont maintenant assurés que l’Arctique contient des réserves quasi incommensurables d’hydrocarbures. La fonte de la banquise va faciliter son extraction. Les Russes sont déjà en train de créer un bataillon spécial équipé pour cette zone climatiquement hostile que revendique Moscou. Les Canadiens, les Américains, les Chinois et à une autre échelle le Danemark se disputent déjà la souveraineté de ce territoire. Une nouvelle Guerre Froide se profile.

Guerre de l’eau

L’eau est la ressource essentielle à toute forme de vie humaine. La théorie d’une prochaine guerre de l’eau n’est plus à démontrer. L’Afrique est déjà touchée. Au Moyen-Orient, Israël est aussi accusé de créer un « apartheid de l’eau », exacerbant les tensions dans une région qui est une poudrière. La Chine quant à elle contrôle le Tibet, réservoir hydraulique (avec les fleuves qui prennent leurs sources dans l’Himalaya) de tout un continent. En fonction des cas, Beijing pourrait couper l’approvisionnement en eau de l’Inde et du Bangladesh…

Ces dernières années, la course au contrôle des terres arables s’est imposée comme une nouvelle donnée de la géopolitique mondiale. Des pays financièrement riches (pays pétroliers, gaziers et émergents) investissent pour sécuriser leurs filières alimentaires. L’Amérique du Sud, mais surtout l’Afrique subsaharienne, voient de grands groupes agroalimentaires et des fonds souverains étrangers faire mains basse sur leurs terres. Au risque de provoquer des émeutes de la faim comme en 2008.

Un sombre avenir

Dambiso Moyo pense que pour éviter la guerre mondiale, la technologie peut être salutaire. Accroître notre connaissance pour trouver de nouveaux débouchés permettrait, selon elle, de se passer de certaines ressources. Pas sûr que ce soit suffisant.

Pour beaucoup d’historiens et d’économistes, les crises du capitalisme ont contribué au déclenchement des conflits majeurs tels que les deux guerres mondiales. La crise qui a éclaté en 2007 constitue un facteur aggravant de l’instabilité due au manque de matières premières. Elle pourrait déboucher sur une troisième guerre mondiale.

(Avec Arthur BEAUFILS)

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1 Commentaire

  1. jeshi dit :

    merci à Dambisa pour cet article jesper que c’est pas tomber dans l’oreille d’un sourd.les dirigeants africains continuent ainsi de brader nos terres au détriment de leurs propres populations. pendant que leur population meurt de faim en lieu et place des populations de développement de l’agriculture qu’il faut mettre en place, ils préfèrent vendre les terres les fertiles et placer ce même argent dans des comptes à l’étranger.

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