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Diplomatie économique: Maurice veut être le point d'entrée des géants asiatiques en Afrique

La diplomatie économique mauricienne s’est récemment fixé pour objectif d’être la porte d’entrée, en Afrique, des pays asiatiques – Chine et Inde en particulier. C’est ce qui ressort des interventions des principaux dirigeants mauriciens réunis au forum d’investissement, Mauritius International Investment Forum, organisé par le Board of Investment, les 15 et 16 juin 2011 à Maurice.

Par Li Yan

Le Premier ministre Navin Ramgoolam a, dès le premier jour, souligné que Maurice est bien positionnée pour agir comme un « passerelle entre l’Afrique et l’Asie. Les négociations pour une Zone de libre-échange tripartite (ALE) qui comprendrait les Etats membres de la SADC, le COMESA et l’EAC ont simplement été lancé lors du deuxième Sommet tripartite en Afrique du Sud le 12 Juin 2011 ». Il a expliqué que le Tripartite Free Trade Area (FTA) permettra aux communautés d’affaires d’avoir accès à un marché d’un demi-million de consommateurs.

De son côté, le vice-Premier ministre a rappelé qu’en 2010, les investissements des entreprises mauriciennes en Afrique se sont élevés à environ 45 millions US$, soit deux fois plus que l’année précédente. L’investissement venant d’Afrique a également doublé en 2010 par rapport à 2009, atteignant un montant de 69 millions US$.

L’intérêt croissant de l’Afrique pour faire des affaires a été soutenu par le ministre des Affaires étrangères mauricien qui a déclaré lors de la deuxième journée que «l’Afrique est en train de rattraper son retard. Peut-être pas de manière uniforme – et il y a encore sans aucun doute beaucoup à faire, -mais le continent va de l’avant», a souligné Arvin Boolell en rappelant que 8 des 20 pays réalisant la plus forte croissance économique au monde se trouvent en Afrique.

Entre 2000 et 2008, la croissance s’est accélérée dans 27 des 30 économies les plus grandes d’Afrique. Il a aussi parlé des retombées très positives attendues de la création d’une zone de libre-échange entre les trois blocs économiques que sont la SADC, le COMESA et l’EAC. Tous ces changements font que Maurice est train de repenser sa diplomatie économique pour que le pays puisse affirmer sa présence dans de nouveaux centres d’influence économiques en particulier ceux en pleine croissance.

Le ministre des Finances a abondé dans le même sens en soulignant que dans sa quête pour rééquilibrer la croissance, « Maurice met l’accent sur l’Asie et les marchés africains […] L’importance cruciale de l’Asie dans le marché mondial et la vitesse à laquelle la Chine et l’Inde sont sortis de la récession mondiale ont été prises en compte dans notre vision de croissance. En effet, l’Inde et la Chine sont depuis longtemps les partenaires dans le développement de l’île Maurice. Nous proposons d’englober l’Inde, Chine, Russie et d’autres pays d’Asie dans le cadre de nos efforts de diversification des marchés. Aujourd’hui, Maurice exporte environ 60% de ses biens et de services à la zone euro. A mon avis, il est nécessaire de maintenir notre part dans les marchés traditionnels tout en aidant nos opérateurs économiques à saisir pleinement les occasions dans les marchés émergents».

Maurice a confiance dans la capacité des économies africaines à faire de gros progrès dans les secteurs agricole et industriel. Les investissements mauriciens en Afrique ont augmenté, et le pays se prépare à développer des zones économiques spéciales au Ghana, au Mozambique, entre autres. Par ailleurs, Maurice a signé des accords de protection d’investissement et de promotion avec 18 pays africains alors qu’un réseau de non-double taxation a été créé avec 14 Etats africains.

Le secteur touristique n’est pas en reste dans la nouvelle stratégie mauricienne comme l’a souligné le ministre du Tourisme, Nando Bodha en expliquant ses quatre visions : faire venir dans l’île quelques grands noms de l’industrie hôtelière, faire de Maurice un paradis hors-taxe mondial, créer des projets de polo clubs avec des villas autour, et finalement conclure le projet des îles Vanille dans l’océan Indien.

Pour le ministre du Tourisme, c’est l’occasion d’investir dans ce secteur, où le taux d’occupation des chambres est de 70 % et les revenus atteignent déjà les 60 millions de dollars. Sous la deuxième vision, qui concerne l’île hors taxes, l’idée est de concurrencer Dubayy avec des touristes venus des pays du Sud de l’Afrique et aussi du monde entier pour faire du shopping à Maurice.

Nando Bodha fait son calcul : faire venir 50 000 touristes chinois, 50 000 Indiens, 50 000 Russes et 50 000 des autres destinations, chacun dépensant un millier de dollars durant son séjour. Ce qui fait 200 millions de dollars pour le duty-free paradise de Maurice. Ces visions concernent l’île Maurice mais, a indiqué Nando Bodha, les choses ne vont pas en rester là dans l’industrie touristique. Elles vont se poursuivre avec la coopération des autres pays de l’océan Indien, dont les Seychelles, Madagascar, La Réunion et l’Afrique du Sud.

«Deux millions de touristes dans les pays indo-océaniques et quatre millions venant d’Afrique du Sud, je vois déjà six millions de touristes se déplacer vers nos différentes îles », a soutenu le ministre du tourisme. À l’avenir, 100 millions de Chinois, 50 millions d’Indiens et 40 millions de Russes vont voyager à l’étranger. D’où cette démarche de créer un produit touristique de l’océan indien appelé « Îles Vanille ». L’objectif : positionner Maurice ,et aussi les autres îles de l’océan indien, sur la carte du tourisme mondial.

«Ainsi dans les prochains dix ans, des millions de touristes asiatiques viendront dans cette partie du monde et se rendront en Afrique du Sud. Nous avons donc besoin d’avions, d’hôtels, de tour- opérateurs, de magasins hors taxes et aussi de toutes les facilités que les touristes recherchent », a déclaré le ministre du tourisme mauricien.

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