Le secteur non pétrolier booste l’économie angolaise

[Africa Diligence] L’économie du 2e producteur africain de pétrole est en croissance exponentielle, tirée par une activité non pétrolière dynamique. C’est le cas dans les secteurs de l’énergie (+ 22%), des pêches (+10%), de l’agriculture (+9%), des industries manufacturières (+8%) et du BTP (+8%). Pour Knowdys, Luanda peut aller plus loin.

Le secteur primaire – Grâce à l’excellente qualité des sols et à d’abondantes ressources en eau, l’agriculture est une activité prospère en Angola, qui représente 11% du PIB. En 2013, la production agricole a progressé de 8,6%, principalement du fait d’une croissance soutenue de la production céréalière.

L’Angola était autrefois le quatrième producteur mondial de café, mais la croissance de l’ensemble du secteur agricole est freinée par la faiblesse de la concurrence, le nombre limité d’installations de transformation et le manque de coopération entre les petits exploitants agricoles. Selon l’Institut national des céréales, le pays produit 55% du maïs qu’il consomme, 20% pour le riz, et à peine 5% pour le blé.

Le cheptel angolais avoisinait les 7 millions de volailles, 5 millions de bovins, 2,5 millions de chèvres, 788 000 porcs et 350 000 moutons en 2009, d’après les chiffres officiels de Luanda. L’apiculture occupe aussi une place à part entière en Angola puisque le pays compte 1,1 million de ruches. Le pays a été classé 7e producteur mondial de cire d’abeille en 2012.

Avec 1 650 kilomètres de côtes baignées par les courants chauds (de Guinée) et froids (du Benguela), ainsi que par 10 000 kilomètres de rivières, l’Angola dispose d’abondantes ressources halieutiques qui ne sont que partiellement exploitées. Les principales espèces pêchées sont le chinchard, les sardinelles, le thon, les crevettes, le crabe rouge, les langoustes, etc. Cependant, la surpêche dans certains segments et les conditions hydro climatiques ont fortement réduit le potentiel des pêches qui est maintenant de l’ordre de 360 000 tonnes par an, dont 285 000 tonnes de petits pélagiques comme le chinchard et les sardinelles et 55 000 tonnes d’espèces démersales diverses dont 7 000 tonnes de crevettes profondes.

Le secteur secondaire représente plus de 60% du PIB depuis 2012. Même si la principale ressource est le pétrole, force est de constater que le dynamisme des autres secteurs (gazier, minier et manufacturier notamment) stimule nettement l’économie angolaise depuis 2013.

Le pétrole est le principal moteur de l’économie. Il représente environ 46% du PIB, 80% des recettes publiques et 95% des exportations du pays. Avec la découverte de nouveaux champs pétrolifères, l’Angola dispose de réserves estimées à 12,7 milliards de barils, les troisièmes du continent après les 48 milliards de la Libye et les 37,2 milliards du Nigeria. La production varie de 1,71 à 2 millions de barils de brut par jour et pourrait atteindre 2,1 millions de barils quotidiens d’ici 2015, ce qui ferait de l’Angola le premier producteur africain devant le Nigéria.

Le gaz dont les réserves prouvées sont actuellement estimées à 270 milliards de m3 enregistrait déjà une production de 4,0 milliards de m3 en 2009. Quatre ans plus tard, le gouvernement a commencé la production et l’exportation de gaz naturel liquéfié. Selon la société Angola LNG Limited, la production était initialement prévue en février 2012, mais des difficultés et incidents techniques ont retardé le projet. Celui-ci a exigé 10 milliards USD d’investissement et doit permettre à l’Angola de produire et commercialiser 5,2 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié en rythme annuel pendant 25 à 30 ans au profit des États-Unis, de l’Europe et du Japon.

Le secteur minier – Le sous-sol renferme d’abondants gisements encore inexploités de cuivre, d’or, de minerai de fer, de plomb, de lignite, de manganèse, de mica, de nickel, de roches phosphatées, de quartz, d’argent, de tungstène, d’uranium, de vanadium, de wolfram et de zinc. Chaque année, le pays produit 10 millions de carats de diamants, générant ainsi des recettes de l’ordre de 1,2 milliard USD. Les diamants sont, en effet, la deuxième source d’exportations du pays après le secteur pétrolier. Selon l’Institut national de statistique, les diamants représentent 1% du PIB national. L’Angola occupe le 2e rang des pays producteurs de diamants en Afrique, en volume, derrière le Botswana, et le 4e rang au niveau mondial.

Le secteur de l’électricité connait d’importants programmes d’investissements en phase d’exécution. Ils touchent plusieurs centrales hydroélectriques, la modernisation et l’équipement des barrages hydroélectriques de Kapanda, dans la province de Malanje (520 MW), de Cambambe au Kwanza-Norte (180 MW), et de Chicapa à Lunda Sul (16 MW). Plusieurs autres projets (3 barrages, des mini centrales hydroélectriques, des sous-stations haute-tension et moyenne-tension, des postes de sectionnement, etc.) sont aussi à l’étude ou en phase de réalisation. 17 milliards USD seront investis d’ici à 2016 dans la génération et la distribution d’électricité. La production devrait ainsi passer de 1 200 mégawatts (MW) à 5 000 MW d’ici à 2015.

L’industrie manufacturière tirée par la production de bois, de ciment et de matériel électrique a connu une croissance de 8% en 2013. Le secteur devrait être revitalisé avec :

  • une nouvelle cimenterie d’une capacité de production annuelle de 500 000 tonnes de clinker et d’environ 650 000 tonnes de ciment
  • l’investissement de 900 millions USD dans le gisement de minerai de fer de Cassinga, 400 millions USD dans des projets de production de manganèse et de développement de la production d’engrais pour la porter à 400 000 tonnes
  • un investissement d’un milliard USD pour trois usines textiles qui devraient être mises en service en 2015.

Le secteur du BTP a, pour sa part, connu une nette reprise en 2012. Le secteur est fortement stimulé par le programme prioritaire du gouvernement visant à reconstruire les infrastructures (routes, lignes ferroviaires, ports et aéroports.). Les analystes de Knowdys font noter que le dynamisme de ce secteur a un effet d’entraînement sur l’ensemble l’économie angolaise, surtout dans les transports, ce qui ouvre de formidables opportunités aux investisseurs.

Préconisation – Les analystes de Knowdys encouragent les autorités angolaises à persévérer dans la construction des infrastructures, le développement du capital humain et la réduction les coûts liés à la pratique des affaires. Pour le leader de l’intelligence économique en Afrique, Luanda a largement les moyens de diversifier davantage et de booster son économie.

(Knowdys Database avec BM, BAD et PEA)

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