Formation Intelligence Economique et Due Diligence L’aversion au risque ou l’étrange darwinisme des marchés africains Innovation : KCG creuse le sillon de la due diligence foncière en Afrique Africa Diligence crée FCV, le Fichier des Clients Voyous

L'Edito de Guy Gweth

Chaque semaine, le président du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE) vous entraine dans les arcanes de la géoéconomie et de la géostratégie africaines.

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Les sociétés marocaines de logiciels performent à l’export

[Africa Diligence] La spécialité la plus développée au Maroc est la monétique. Mais les solutions pour le service postal avec le courrier hybride ou encore les suites logicielles de gestion financière et de patrimoine sont également en nette progression.

La preuve est faite qu’il existe un vrai marché à l’export pour le logiciel marocain et que les entreprises locales du secteur n’ont rien à envier aux géants mondiaux du développement software. Les chiffres consolidés ne sont pas publiés, mais la plupart des professionnels du secteur assurent que les entreprises marocaines sont présentes un peu partout dans le monde et réalisent des chiffres d’affaires importants avec des clients de renom. Il en est ainsi de Gemadec qui vient de signer un contrat le 20 décembre dernier avec la poste du Congo-Brazzaville. Celle-ci vient s’ajouter à la liste des 25 postes nationales déjà clientes de la société, sans compter la Saoudy Post ou encore la Deutsh Post qui traite à elle seule 1,1 milliard de courriers avec la solution développée par Gemadec.

Dans un autre secteur, Involys est présente en force en Europe, au Canada et sur le marché africain à travers la Côte d’Ivoire, le Togo, le Gabon, le Sénégal et la Tunisie. Spécialisée dans les solutions de gestion de patrimoine et financière, elle a réalisé un chiffre d’affaires à l’export de 50 MDH en 2012. Quant à HPS, spécialisée dans les solutions monétiques et qui revendique 60% du marché domestique, qui ne représente pas plus de 11% de son activité, elle tire l’essentiel de son chiffre d’affaires de l’étranger. En 2012, ses exportations devraient totaliser 250 MDH, en dépit d’une conjoncture économique internationale qui reste difficile. Des contrats signés dans de nouveaux pays comme le Vietnam lui ont permis de consolider la base de son portefeuille de clients qui compte plus de 300 institutions utilisant ses solutions dans plus de soixante-dix pays.

Les résultats à l’export sont en gros satisfaisants. Le management des spécialistes du software veut cependant se protéger des soubresauts du marché mondial. Le principe avancé est qu’il faut structurer la démarche du Maroc en développant le marché domestique qui reste la base arrière sur laquelle le secteur doit s’appuyer. «Toutes celles qui ont pu aujourd’hui développer leur activité et leur potentiel à l’export ont eu comme premier client une société marocaine qui a accepté de miser sur eux», rappelle Rabii Touhami, PDG de Gemadec. Le rôle de la commande publique est en ce sens déterminant puisque l’Etat reste le premier investisseur et consommateur.

Les acteurs veulent une diplomatie économique plus active

Le manque d’une politique nationale cohérente est également un point décrié par les professionnels du secteur. Il s’agit donc selon eux de développer une vision globale de l’activité export et passer d’une gestion orientée «moyens» vers une gestion orientée «objectifs». «Aujourd’hui, le Maroc est toujours dans une vision court-termiste de l’ouverture à l’international dictée par le besoin immédiat qui ne sert pas les acteurs», déplore Mohamed Bachir Rachdi, PDG d’Involys. Les trois branches sur lesquelles il faudrait travailler concernent en premier lieu la création de la valeur à travers la recherche et développement. En effet, dans un secteur tel que le développement logiciel, l’innovation est une condition sine qua non pour la pérennité de l’entreprise et sa compétitivité. A titre d’exemple, HPS consacre 10% de son chiffre d’affaires à la R&D.
Le deuxième point sur lequel les actions doivent porter est la capitalisation. Des actions élémentaires et primordiales comme la prospection ou la certification deviennent vite handicapantes vu les coûts qu’elles génèrent. «Pour n’importe quelle entreprise, l’exportation des produits est une activité très demanderesse en temps mais surtout en argent, et si l’on peut rapidement faire le tour des banques de la place, prospecter de nouveaux clients à l’étranger est une tout autre paire de manches», déclare Mohamed Horani, PDG d’HPS. Cette capitalisation ne peut donc se faire qu’à travers une prise de risques repensée de la part des bailleurs de fonds afin de donner les moyens aux entreprises d’investir ce qu’il faut pour leur développement à l’international.

Enfin, le troisième axe pointé du doigt par les entreprises concerne le soutien pour le positionnement. De leurs avis, la diplomatie économique marocaine reste un maillon faible comparée à d’autres pays qui, eux, sont accompagnés dans leur positionnement sur les marchés étrangers. Ainsi, «des entreprises étrangères bénéficient de projets-partenaires négociés avec une agressivité commerciale par leur diplomatie respective et peuvent compter sur une remontée d’information fiable grâce au travail de veille stratégique accompli», déclare le PDG d’Involys. Toutefois, les acteurs reconnaissent que le public n’est pas la seule partie prenante et que des actions sont également à entreprendre au niveau du privé. Notamment avec la mise en place et le développement de toutes sortes de «comptoirs technologiques marocains» ou en faisant appel à des sociétés spécialisées dans l’export qui pourrait regrouper l’offre disponible en la faisant adhérer à une vision globale cohérente.

Zakaria LAHRACH

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