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L'Edito de Guy Gweth

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Les plus grands problèmes mondiaux selon Bill CLINTON

[Africa Diligence] « Le monde est confronté à trois grands problèmes qui, s’ils ne sont pas résolus, risquent d’empoisonner nos vies, et même celles de nos enfants et petits-enfants ». Voilà ce que vient de déclarer l’ancien Président des Etats Unis, Bill Clinton, à Austin, la capitale texane, devant un parterre de quelques 6.000 informaticiens.

Austin est le siège central de Dell Computers, la société ICT de Michael Dell qui compte 100.000 employés et organisait cette semaine la seconde édition de son événement annuel, le Dell World Congress.

Clinton a mis sur pied, à la fin de son second mandat, la ‘Clinton Global Initiative’, une organisation philanthropique qui a pour objectif d’aborder les grands problèmes mondiaux. Il a ainsi énuméré ces trois problèmes majeurs:

1. L’inégalité

« L’inégalité existe non seulement sur le plan des revenus, mais apparaît tout autant dans l’accès à l’enseignement, aux soins de santé, et au capital pour lancer son entreprise. Cette inégalité limite la croissance économique. Dans la foulée de la Seconde guerre mondiale, les États-Unis et l’Europe ont réussi à créer la plus grande classe moyenne de l’histoire du monde. De même, le mouvement féministe, les organisations de défense des droits civiques, et le nombre croissant d’immigrants aux États-Unis – autant de mouvements qui ont rencontré une grande résistance, parce que certains se sentaient menacés – ont contribué à rendre notre monde meilleur, parce que les opportunités étaient plus importantes pour tous et les marchés, bénéficiant de plus de production et de consommateurs, fonctionnaient mieux. Tout cela créait de nouvelles situations win-win, et le nombre de personnes qui progressaient dans la vie dépassaient largement ceux qui restaient sur la touche.

« Cependant, un marché global est impossible tant que la moitié de la planète survit avec moins de 2 dollars par jour, tant qu’un milliard de personnes se couchent le soir avec le ventre vide, tant qu’un milliard de personnes n’ont pas d’accès à l’eau potable, aussi longtemps que 2,5 milliards ne disposent pas de sanitaires, et que 100 millions d’enfants au moins ne vont pas à l’école. Aux États-Unis, cette inégalité a affecté le marché de l’emploi avant même que ne surgisse la crise financière, et a fait baisser de 2000 dollars le revenu moyen, par rapport à l’année 2000. En Amérique comme dans le reste du monde, nous devons donc travailler maintenant à un moyen d’endiguer la pauvreté et de créer de la prospérité. »

2. Une trop grande instabilité

« Ceux qui comme moi croient en l’économie de marché partageront mon point de vue sur le fait qu’une certaine inégalité doit exister afin que les gens restent motivés à atteindre un mieux, à travailler plus dur et à être récompensés pour les risques qu’ils prennent. Une certaine instabilité est donc nécessaire, qui implique que les entrepreneurs, lorsqu’ils se lancent dans de nouvelles aventures, puissent aussi échouer. Mais lorsqu’on crée trop d’instabilité, on obtient, de manière remarquable, le même effet que lorsqu’il n’y a absolument aucune instabilité. Tout se fige, et il se crée une manière de faire du commerce qui évite complètement les risques. Après la crise financière, les banques ont été recapitalisées, mais elles sont restées réticentes face à l’octroi de crédit, tandis que les gens n’avaient pas envie de souscrire des prêts. Les banques américaines se sont soudain retrouvées assises sur une montagne de cash de 2000 milliards de dollars.

« Le risque d’instabilité peut être comparé au terrorisme. En faisant un nombre limité de victimes, les terroristes ne tuent pas seulement leurs ennemis, ils réduisent aussi au silence ceux qui sont leur autre cible, en distillant de l’instabilité et de l’incertitude. Prenez les cartels de la drogue. En créant une instabilité excessive par la violence, les cartels rendent le prix nécessaire pour les combattre plus élevé que le prix à payer pour les laisser à leurs affaires. Une trop grande instabilité mène donc à l’inactivité. Tous les extrêmes conduisent à l’inertie.

« Nous devons donc dégager des possibilités qui autorisent à créer une certaine instabilité, qui récompensent la prise de risques et sanctionnent les échecs, mais jamais dans une mesure telle que nous préférerions ne plus entreprendre. La crise immobilière aux États-Unis a causé à certains un tort à ce point considérable, qu’aucun n’envisage le moins du monde de racheter une maison, parce que la sanction qu’ils ont endurée n’était pas comparable au risque qu’ils étaient disposés à prendre. »

3. Le changement climatique

Le monde consomme plus de ressources qu’il ne peut produire. Clinton a fait allusion sur ce point à une étude récente de Richard Muller, un climato-sceptique – le dernier qui soit crédible, selon Clinton – de l’Université de Berkeley en Californie.

Muller était l’un des scientifiques qui ont nié le changement climatique et le rôle que l’homme y joue. Il fut généreusement financé, notamment par les frères Koch.

Cependant, après des années d’investigation et d’analyse d’un nombre énorme d’études, Muller conclut en septembre dernier que les scientifiques tenants de la thèse du réchauffement climatique avaient raison, et qu’il avait tort. Il n’existe aucune autre conclusion possible que celle selon laquelle l’homme a contribué à l’augmentation de la température sur Terre.

Clinton a ensuite fait état d’une expérience menée en Suède au début des années 90, au cours de laquelle les individus et les sociétés étaient taxés en fonction de leur empreinte écologique. Toutefois, les autorités suédoises indiquèrent également qu’elles se fiaient au bon sens de leurs concitoyens, et remboursèrent tout simplement l’argent, en lançant comme message et comme enjeu la conception de systèmes efficients sur le plan énergétique et la recherche d’un mode de vie plus conscient de la question énergétique. Depuis lors, la Suède est un des leaders en matière d’efficience énergétique, et le pays a valeur d’exemple pour le reste du monde.

Pour régler les problèmes évoqués plus haut, différents systèmes sont nécessaires, selon le 42ème président des États-Unis. « Ce qui est nécessaire dans les pays développés ne sera pas applicable dans les pays en développement. Rien n’est plus difficile, pour des anciens pays tels que l’Europe et les États-Unis, que de les faire regarder vers l’avenir. Tout simplement parce que les lobbies conservateurs vont toujours concurrencer les lobbies tournés vers l’avenir. C’est pour cela aussi que les autorités réduisent toujours si facilement les dépenses de recherche et développement. Mais si nous ne voulons pas hypothéquer notre avenir, nous devons complètement changer notre manière de penser. Rien ne va bouger si nous ne créons plus de situations win-win et si nous ne diminuons pas le nombre de gens laissés pour compte. Nous devons apprendre à apprécier les dissidents et les différences sans nous sentir mal vis-à-vis de nous-mêmes ».

Clinton a tenu à appuyer son propos sur la pensée « ancienne » dans les pays développés, en faisant allusion à un concours récent de la Hult International Business School, qui octroie chaque année une prime d’un million de dollars pour l’implémentation de la meilleure solution apportée à une difficile étude de cas dans le domaine des affaires. Le thème de cette année était la fourniture d’énergie dans des régions pauvres de l’Afrique, un problème auquel l’Occident ne doit plus réfléchir depuis longtemps… La contribution gagnante provient de l’Université de New York, campus… d’Abu Dhabi.
Dans l’équipe gagnante, 4 étudiants : un Indien, un Pakistanais, un Chinois et un Taïwanais.

Eric ROBERT

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