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L'Edito de Guy Gweth

Chaque semaine, le président du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE) vous entraine dans les arcanes de la géoéconomie et de la géostratégie africaines.

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Ils veulent booster le commerce intra-africain

Au quatrième trimestre 2011, les échanges commerciaux entre les pays africains ne représentaient que 12 à 13 % des transactions réalisées entre le continent et le reste du monde; des échanges principalement freinés par des obstacles liés à la nature des produits commercialisés, aux infrastructures déficientes, à la faible harmonisation des politiques et aux contraintes douanières.

 L’Afrique propose essentiellement des produits de base

Les exportations africaines des produits de base, sont essentiellement les minerais, le bois, les matières premières agricoles (café, cacao, anacarde) et le pétrole. Ces produits font l’objet d’une forte demande à l’extérieur du continent. En 2010, le pétrole et les produits miniers ont représenté 66% des exportations africaines, soit près de 500 milliards de dollars, selon l’Organisation mondiale du commerce (OMC). « Dans la mesure où beaucoup de pays africains produisent des matières premières et les mêmes produits, l’essentiel de la production est beaucoup plus destinée aux échanges avec l’étranger », a noté Dominique Njinkeu, du département commerce international de la Banque mondiale.

Ce commerce essentiellement tourné vers l’extérieur est un héritage de la colonisation. Ces matières premières étaient destinées aux anciennes puissances coloniales. Les échanges entre pays voisins ont ensuite continué à être négligés, en l’absence d’infrastructures favorables. « Les villes sont connectées aux ports, mais pas entre elles, les infrastructures ne sont pas faites pour servir le commerce intra-africain », a regretté l’expert de la Banque mondiale, Dominique Njinkeu.

 « Plus facile » de traiter avec l’Europe

L’Union Africaine estime que « les coûts des transports sont en moyenne 63 fois plus élevés dans les pays africains que dans les pays développés ». « Il est plus facile (…) pour les hommes d’affaires africains de traiter avec leurs collègues d’Europe ou d’Amérique du Nord qu’avec leurs collègues africains parce qu’ils éprouvent encore les plus pénibles difficultés à faire passer un appel de l’autre côté de la frontière en Afrique », a souligné l’organisation panafricaine.

Les contraintes douanières aux frontières bloquent également le développement du commerce intra-africain. Les formalités douanières ont surtout été pensées pour le commerce avec l’extérieur mais le frein essentiel reste la corruption. « Les chauffeurs de camion, les transporteurs et les affréteurs continuent de se plaindre de (…) difficultés le long des corridors de commerce en Afrique», ajoute l’Union Africaine. L’UA dénonce aussi des “frais non officiels, le harcèlement, la corruption » et des politiques douanières incompatibles, comme sur « les limites de poids par essieu. »

Pour booster le commerce entre pays voisins, l’UA peut miser sur le secteur informel. Cependant ce secteur qui est « le moteur de la plupart des économies africaines, n’est pratiquement pas réglementé, a peu accès aux financements, échappe souvent à la fiscalité et sa contribution à l’économie n’est généralement pas comptabilisée », a dit Adélaïde Mkhonza, Sous-Secrétaire générale du Groupe des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), union commerciale et groupe d’entraide lié à l’Union européenne.

 Les femmes, « une valeur ajoutée au commerce intra-africain »

Mais le commerce informel entre pays africains est souvent considéré comme de la contrebande. « La libre circulation des marchandises et des personnes demeure théorique », selon un rapport de la Banque Africaine de Développement (Bad).  Pour Charles Gore, de la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (Cnuced), «le vrai sujet est peut-être davantage un sujet d’investissement (…) Cela serait un vrai moteur de croissance» du commerce intra-africain. « Les pays devront aussi attirer les entreprises privées (nationales et étrangères) », note Charles Goré.

Les propositions de solutions sont multiples, venant d’experts avertis. L’Algérienne Fatima Karadja, vice-présidente du Conseil économique, social et culturel de l’Union africaine, met de son côté l’accent sur le rôle des femmes africaines : « les femmes africaines disposent d’un sens de créativité et d’une énergie qu’elles peuvent transformer en actions. Elles peuvent donc, par leur implication, apporter une vraie valeur ajoutée au commerce intra-africain. »

L’Union Africaine et les experts du commerce devront tenir compte de toutes ces propositions. Pour développer le commerce intra-africain.

Jean-Jorès Tah Bi, avec AD

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1 Commentaire

  1. Ferdinand Kajuju dit :

    Un tout grand merci aux chefs d’Etats qui commencent à avoir confiance en la capacité des peuples africains. Il est vrai que le chemin est encore long car il existe encore des zones de guerre sur le continent africain, la corruption, la mauvaise gouvernance et des chefs d’Etats qui se conduisent encore en chefs de tribus et nos des Etats. Il n’est pas possible de développement un pays où les infrastructures de communications n’existent pas.

    Nos produits locaux sont frappés par la mentalité coloniale. Et l’homme africain se maintient lui-même dans cette mentalité. Je prends l’exemple du café au Burundi. Le paysans est en train de se détourné de cette culture parce que elle ne lui rapporte plus assez mais aussi parce que pour le cultivateur de café cette culture est destinée à l’homme blanc, le Burundais n’a pas intégré le café dans ses produits de consommation. Il en produit mais il ne le consomme
    pas. Le Burundi compte plus de 8 millions d’habitats, vous imaginez quel marché intérieur si le café était consommé au Burundi! Le Burundi étant un des pays les plus peuples de l’Afrique, suite au manque de terre, le paysan préfère remplacer le café par les cultures dont il a besoin au quotidien. Le café n’a autre signification pour lui qu’un produit de l’homme blanc. Il faut commencer par donner la valeur à nos produits locaux.

    Un autre exemple toujours au Burundi, il fut un temps où le pays avait une industrie textile florissante. Les nationaux n’ont fait tomber eux-mêmes en faillite par la mauvaise gestion mais aussi par le fait de préférer les habits de seconde main en provenance d’Europe que les habits fabriqués sur place, pourtant l’industrie fabriquait des habits de qualité et à bas prix.
    Voilà une mentalité qui mine entre autre le développement économique de l’Afrique: les produits locaux sont dévalorisés par les africains eux-mêmes pourtant ils sont d’une qualité inégalable.

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