Le CEO de KCG promu Chevalier de l’Ordre National de la Valeur Due diligence en Afrique : Knowdys renforce la validation de partenaires Innovation : KCG creuse le sillon de la due diligence foncière en Afrique « afriques, Panafrique » : l’immense traité de géopolitique africaine

L'Edito de Guy Gweth

Chaque semaine, le président du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE) vous entraine dans les arcanes de la géoéconomie et de la géostratégie africaines.

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Avantages et inconvénients de la croissance africaine

[Africa Diligence] Si nombre de pays africains sont en croissance remarquable, celle-ci n’est pas partagée et les pauvres le restent, sans bénéficier de la richesse créée. Petit tour des avantages et inconvénients de la croissance africaine.

“Tous les pays sont en croissance et c’est le principal. Il n’y a aucun pays en Afrique qui soit dans le rouge !” pouvait s’exclamer, le 31 juillet 2012, l’économiste en chef et vice-président de la Banque africaine de développement (BAD), Mthuli Ncube.

“Même les pays les moins bons font légèrement mieux qu’en Europe”, ajoutait-il, soulignant que le taux de croissance le plus bas était celui du Swaziland, avec 0,8 %, tandis qu’une croissance de 14,8 % était attendue en Libye entre mi-2012 et mi-2013, un taux de 7 à 8 % pour le Congo-Kinshasa, la Côte-d’Ivoire, la Zambie, l’Ethiopie, le Rwanda, l’Angola, le Mozambique, le Ghana, le Niger et le Liberia. L’Afrique du Sud, la locomotive du continent, fait moins bien en raison d’une économie plus intégrée dans les circuits mondiaux – et donc plus vulnérable à la crise dans les pays développés; sa croissance ne devait atteindre que 2,9 % (évaluation faite avant la crise des mines qui a débuté à l’automne 2012).

“Nous ne prétendons absolument pas que cette croissance concerne tous les domaines et qu’elle entraîne la création de nombreux emplois […] Mais c’est tout de même de la croissance et elle est la bienvenue”, commentait M. Ncube. Car si nombre de pays africains sont en croissance remarquable, celle-ci n’est pas partagée et leurs pauvres le restent, sans bénéficier de la richesse créée.

L’économiste de la BAD soulignait toutefois que la crise en Europe entraînait en Afrique une baisse du tourisme, des achats de matières premières, des investissements et de l’aide. “Toute baisse de 1 % du PIB en Europe entraîne facilement une baisse de 0,5 % du PIB en Afrique” – évaluée à 4,8 pour 2013 (5,4 % si on limite la projection à l’Afrique sub-saharienne), ajoutait-il. Or, de fait, l’aide à l’Afrique subit les effets de la crise. Le plus grand donateur mondial, l’Union européenne, se propose d’accorder 26,9 milliards d’euros au 11e FED (Fonds européen de développement), qui couvre la période 2014-2020 et qui est destiné aux 80 pays ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique, liés à l’UE par l’Accord de coopération de Cotonou).

C’est nominalement plus que le 10e FED, 22 milliards; mais outre que celui-ci couvrait sept ans au lieu de six (2008-2013), les diplomates ACP y voient une baisse en termes réels en raion de l’inflation et de la croissance démographique des pays ACP. Le secrétaire général du Groupe ACP, le Ghanéen Mohamed Ibn Chambas n’a pas hésité à stigmatiser ces projets européens “à courte-vue”. “Les communautés vulnérables dans les pays ACP sont les plus touchées par la crise économique globale”, a-t-il déclaré. “Nous devrions tous faire montre de solidarité et responsabilité envers les plus pauvres du monde en ces temps de besoin, plutôt qu’essayer d’équilibrer des budgets au prix de millions de vies”. Et de souligner que les chiffres proposés par le Conseil de l’UE “étaient loin” de ceux sur lesquels la communauté internationale s’était accordée pour diminuer de moitié le nombre de pauvres d’ici 2015, au titre des Objectifs du Millénaire, et ne répondaient pas aux promesses des Européens de consacrer 0,7 % de leur PIB à l’aide au développement.

En outre, de nombreux pays membres de l’UE coupent également leurs budgets nationaux de coopération. Selon un rapport d’AidWatch Initiative soutenu par la confédération des ONG européennes d’aide et développement (Concord), l’aide totale des Etats membres a diminué de 0,92 % en 2011. Mais cela recouvre des réalités très différentes : -38 % pour la Grèce, -37,5 % pour Chypre, -32 % pour l’Espagne, -13 % pour l’Autriche, -11 % pour la Belgique, -5,4 % pour le Luxembourg, -4,3 % pour la Finlande, -3,1 % pour l’Irlande, -3 % pour le Portugal, -2,4 % pour le Danemark, -0,8 % pour le Royaume Uni.

Ce mouvement de baisse s’est confirmé en 2012. Le gouvernement belge a ainsi décidé de réduire son budget coopération de 400 millions d’euros – bien qu’une loi votée en 2002 lui impose de mobiliser 0,7 % du PIB pour l’aide au développement à partir de 2010.

La Haye a annoncé une baisse d’un milliard d’euros d’ici 2017 et l’on attend des diminutions massives des aides grecque et espagnole. Cela sans compter avec les projets de divers pays riches de désormais compter dans le budget de l’aide au développement l’argent qu’ils consacrent à des missions de maintien de la paix ou à des dépenses d’adaptation aux changements climatiques dans des pays en voie de développement.

MFC

 

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