(Africa Diligence) Dans un  rapport rendu public, le Pentagone estime que la Chine sonde les réseaux informatiques du département de la Défense américain. Il soupçonne Pékin de vouloir perfectionner le niveau de son armée en dérobant des technologies américaines classées top-secret.

Après les grands journaux américains, les industries stratégiques, c’est le gouvernement américain et le ministère de la Défense qui auraient été la cible de cyberattaques en provenance de Chine. D’après un rapport officiel du Pentagone, siège du ministère de la Défense américain, « les pirates informatiques chinois ont tenté en 2012 d’atteindre les ordinateurs du réseau gouvernemental, qui auraient pu offrir à Pékin un meilleur aperçu des capacités militaires et des délibérations politiques aux Etats-Unis ».

Des technologies indisponibles à l’export

« La République Populaire de Chine poursuit sa politique de modernisation de son programme militaire visant à améliorer les capacités de son armée à conduire des opérations intensives sur des conflits de courte durée » écrit très diplomatiquement le Pentagone dans son rapport. Pour cela, les hackers chinois ont mis en place un vaste plan d’espionnage des industriels militaires américains. Il s’agit de dérober des secrets d’armes de pointes fabriqués par les groupes américains. La Chine veut, d’une part, réduire la part des fournisseurs américains, mais également se procurer des technologies indisponibles à l’export, pour des raisons de sécurité nationale, explique le département de la Défense.

Depuis plusieurs mois, les Etats-Unis ont accentué les accusations quant aux activités d’intelligence économique mise en place par le gouvernement chinois. En février, un rapport publié par un éditeur privé de sécurité informatique, Mandiant, avait identifié un immeuble appartenant à l’armée chinoise d’où étaient émises de nombreuses cyber-attaques.

« Conversations musclées » entre Washington et Pékin

En mars, Barack Obama avait formellement accusé Pékin d’organiser lui-même la prolifération d’attaques informatiques. C’était la première fois que le gouvernement américain accusait Pékin de façon officielle. « Nous avons été très clairs avec les Chinois, en leur expliquant que nous attendions d’eux qu’ils respectent les conventions et les lois internationales », a remarqué Barack Obama. « Et nous allons avoir quelques conversations plutôt musclées avec eux. Nous en avons déjà eues ». Le président s’était alors appuyé sur un rapport des services de renseignement américain, selon lequel la Chine pratiquerait le cyber-espionnage à grande échelle.

En guise de réponse, un porte-parole du ministère chinois des Affaires Etrangères avait déclaré au Wall Street Journal : « les cyber-attaques sont anonymes et transnationales et il est difficile de retracer l’origine des attaques. Je ne sais donc pas comment les conclusions du rapport peuvent être crédibles ». Il a d’ailleurs ajouté que la Chine était elle-même victime d’attaques en provenance des Etats-Unis tout en se gardant de désigner un quelconque responsable.

(Avec N.B.)

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