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L'Edito de Guy Gweth

Chaque semaine, le président du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE) vous entraine dans les arcanes de la géoéconomie et de la géostratégie africaines.

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7 questions à Mohamed Alami Lazraq, PDG d’Alliances Développement

[Africa Diligence] Evolution du secteur immobilier, conquête de l’Afrique, comportement boursier de la valeur, réduction de l’endettement… Mohamed Alami Lazraq, PDG d’Alliances Développement, évoque les chantiers et perspectives de son Groupe. Comment profiter des besoins de logements sociaux en Afrique?

Moulay Ahmed Belghiti : Que pensez-vous de l’évolution du secteur de l’immobilier en 2012 et depuis le début de 2013?

Mohamed Alami Lazraq: Le secteur immobilier est un secteur en croissance et à fort potentiel de développement, offrant plusieurs opportunités, compte tenu de l’accumulation du déficit en termes d’unités de logement par rapport au besoin constaté. Les statistiques montrent clairement que la demande reste solide et basée sur des fondements structurels.
Malgré la crise économique mondiale et ses effets sur le Maroc, le secteur de l’immobilier marocain a affiché une croissance stable, due en grande partie à la priorité accordée à l’habitat social. Par ailleurs, s’il a été jusque-là le parent pauvre de la politique de logement, l’habitat intermédiaire destiné aux classes moyennes est devenu un axe fondamental de développement pour les promoteurs et pour le secteur immobilier en général.

Il est certain que le segment haut standing (notamment dans certaines villes  comme Marrakech qui dépendent fortement de la conjoncture internationale) connaissent un certain ralentissement.  Cependant la demande reste forte sur le segment résidentiel et plus particulièrement sur l’axe Casablanca-Rabat. Le résidentiel est d’ailleurs un véritable relais de croissance pour notre groupe.

Vous étiez parmi les premiers à demander la préférence nationale dans les projets d’infrastructure de l’Etat. Avez-vous obtenu gain de cause?

Le ministre de l’Equipement nous a promis de mettre en place la préférence nationale, les choses vont dans le bon sens puisqu’une circulaire est déjà en place. Les entreprises marocaines pourront désormais être plus compétitives que leurs homologues chinoises ou turques qui, soutenues par leur pays d’origine, arrivent avec un avantage concurrentiel important. La préférence nationale est importante pour le pays, dans le sens où elle permettra indirectement aux entreprises marocaines de bénéficier de plus d’expertise, d’avoir des références pour travailler à l’international et surtout de stopper l’érosion des réserves en devises du pays.

Vous avez récemment signé une convention avec le gouvernement ivoirien pour un projet d’infrastructure. Est-ce votre point de départ pour la conquête de l’Afrique?  

Pourquoi l’Afrique? D’abord, c’est le continent d’avenir. Tout y est à faire. Le groupe Alliances se prépare à y aller depuis longtemps. Les banques marocaines y sont déjà bien installées et constituent un relais de choix pour les investisseurs marocains. Nous nous rendons compte qu’en Afrique, il y a un besoin important en logements sociaux. Tous les pays sont demandeurs, sauf qu’il n’y existe pas de facilités pour le financement des acquéreurs sur le long terme. Le besoin ne se fait pas seulement ressentir au niveau du logement social, mais aussi au niveau des autres segments, surtout au niveau des infrastructures. C’est la raison pour laquelle cela nous intéresse beaucoup. Nous commençons par la Côte d’Ivoire, pays dont le gouvernement nous a sollicités. Ensuite, il y a le Nigeria qui est un énorme marché, puis le Gabon.

 

Où en est-on de l’avancement du projet Sindibad. Vous-étiez confrontés à certaines difficultés. Ont-elles été résolues?

Ce projet est porté à 50% par Alliances et à 50% par Somed, les réalisations ont démarré. Et cela, nous le devons aux autorités qui ont plaidé pour que ce projet sorte de terre. Aujourd’hui, nous tenons régulièrement des comités de suivi du projet Sindibad présidés par le gouverneur de la préfecture. Le cas échéant, le wali intervient personnellement. Il est même allé sur le terrain pour veiller à l’application des décisions qui ont été prises dans les comités de suivi.  Ainsi, pour la partie parc d’attractions, les difficultés liées aux exploitants qui bloquaient son lancement sont pratiquement derrière nous, nous avons déjà commencé les travaux.

Pour le volet résidentiel, sur les quatre phases de réalisation, la première est en cours de démarrage. Nous entamons d’ailleurs sa commercialisation ainsi que la viabilisation du terrain dans les prochaines semaines. Les marchés sont adjugés. Pour les autres phases, il reste 1 millier de foyers qui occupent le terrain. Mais la solution est trouvée. En effet, à moins d’un kilomètre à vol d’oiseau de Sindibad, les attendent un millier d’appartements dans notre projet de Hay Hassani, l’un des sites les plus demandés par les habitants de Casablanca.

 En gros vous leur proposez ces logements?

Chacun dans son rôle, nous ne pouvons pas nous substituer à l’administration. Celle-ci nous a demandé de lui vendre 1.150 logements destinés à cette population moyennant un effort financier que nous avons consenti. Aujourd’hui, ces appartements sont réalisés et réceptionnés, et attendent d’être habités.

Qu’est-ce qui explique l’évolution, à contre-courant de vos résultats, du cours en Bourse de la valeur Alliances?

Arriver à un PER de 6,2 fois les bénéfices, l’un des plus bas de la place financière de Casablanca, est une performance en soi.  Mais aujourd’hui, il n’est pas normal que notre valeur soit à des niveaux aussi bas d’autant plus que nous réalisons près d’1 milliard de dirhams de résultat. En voyant les analyses faites pas les principales sociétés de bourse de la place qui évaluent notre cours cible entre 865 et 976 DH, nous ne comprenons pas cette évolution. Le marché financier se comporte depuis quelque temps de manière irrationnelle, ignorant les fondamentaux. Ce n’est d’ailleurs un secret pour personne.

Comment allez-vous parvenir à réduire votre endettement à 32% en 2014?

Nous sommes actuellement en train d’améliorer notre gearing. C’est une des raisons pour lesquelles nous avons émis, en décembre 2012, les obligations remboursables en actions pour un montant de 1 milliard de DH et qui ont connu un succès certain sur le marché des capitaux, comme prévu. En parallèle, nous avons un partenariat stratégique avec le groupe CDG qui est notre premier actionnaire institutionnel dans Alliances et qui vient d’acquérir une participation de 7% dans notre filiale Alliances Darna pour un montant de 450 millions de DH. Cette transaction permet d’institutionnaliser “davantage le capital de notre groupe tout en renforçant les fonds propres de la société mère “Alliances Développement Immobilier”, mais également le gearing du groupe.

A travers ces deux opérations qui ont permis de générer près de 1,5 milliard de DH d’argent frais dans le groupe, nous disposons des fonds nécessaires au financement de notre développement et de notre croissance. Pour ce qui est du taux d’endettement, il faut noter que les ORA sont assimilées à des quasi-fonds propres, ce qui permet, dès l’exercice 2012, de réduire de manière importante notre gearing.

Au cours des exercices 2013 et 2014, le renforcement des capitaux propres du fait d’une capacité bénéficiaire récurrente de plus d’un milliard de dirhams ainsi que l’amélioration du BFR suite aux livraisons massives de projets notamment à Casablanca (Hay Hassani, Sidi Moumen et Sidi Bernoussi) nous permettront de poursuivre cette dynamique de consolidation des fonds propres et de réduction du taux d’endettement avec un objectif de 32% en 2014.

Sculptures géantes

A travers sa Fondation, Alliances est très actif sur les volets sociaux et culturels. A ce titre, le groupe forme actuellement une centaine d’accompagnateurs sociaux pour ses différents projets en cours, en particulier de logements sociaux et intermédiaires. Aujourd’hui, 21 sont déjà opérationnels dans les différentes réalisations du groupe (Casablanca, Mehdia, Marrakech…). 4 d’entre eux ont été déployés sur le projet Riad Al Bernoussi. Récemment inauguré par le Souverain, il compte au total 4.041 unités de logements sociaux et intermédiaires.

«Nous comptons aujourd’hui 1 accompagnateur pour 1.000 logements, mais l’objectif est d’en avoir 1 pour 400 unités d’habitation à la fin de l’année prochaine», confie Alami Lazraq. C’est en partie pour cette raison que la Fondation accélère le rythme de la formation. Justement leur formation consiste en 6 mois de cours théoriques et 6 autres de pratique sur le terrain. Ces accompagnateurs sont principalement des diplômés chômeurs, des «bac +4», maîtrisant l’arabe et le français dont le rôle est en partie d’aider à la gestion de la copropriété, ils doivent assurer la proximité avec les habitants de chaque projet, les aider à s’installer, à s’intégrer à leur nouvel environnement. Ils sont également leur interface vis-à-vis des administrations, des banques et même du promoteur.

L’autre volet porté par la Fondation est l’animation culturelle. D’ailleurs, «nous sommes en train de monter un parc de sculptures géantes, le premier en Afrique, à Marrakech», révèle Alami Lazraq. Pour ce faire, la Fondation s’est entourée des meilleurs sculpteurs (marocains et étrangers). A fin mars 2013, ce seront 12 sculptures qui vont joncher le golf d’Al Maaden. A terme, elles seront portées à 22. Toujours à Marrakech, il est prévu de créer un musée d’art contemporain africain.

 (Avec L’Economiste)

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