Formation Intelligence Economique et Due Diligence L’aversion au risque ou l’étrange darwinisme des marchés africains Innovation : KCG creuse le sillon de la due diligence foncière en Afrique Africa Diligence crée FCV, le Fichier des Clients Voyous

L'Edito de Guy Gweth

Chaque semaine, le président du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE) vous entraine dans les arcanes de la géoéconomie et de la géostratégie africaines.

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Pourquoi Conakry finance la pêche artisanale

Suite à un accord avec son partenaire chinois, le gouvernement de Guinée s’est engagé à verser une subvention de 500 000 USD au secteur de la pêche artisanale en 2012 et en 2013. Le ministre guinéen, en charge de la Pêche et de l’Aquaculture, a récemment versé 250 000 dollars comme première tranche, pour l’exercice en cours, aux représentants de la pêche artisanale. But why?

En fait, en autorisant à des navires chinois d’effectuer des activités de pêche artisanale pendant deux ans sur le littoral national, le gouvernement guinéen s’était mis la corde au cou. Lui qui n’avait jamais subventionné les opérateurs nationaux de ce secteur était, en toute logique, dans l’obligation de faire un geste. Mais, devant tous les avantages que l’Etat va gagner en signant avec la Chine, cette subvention semble dérisoire. En effet, la Guinée a permis à une trentaine de navires chinois de gagner ses côtes. Ce, à partir du 1er janvier 2012 jusqu’au 31 décembre 2013. En contrepartie, Pékin va verser à Conakry une enveloppe de 2 millions de dollars par année.

La partie guinéenne a également décroché un engagement qui va dans le sens du développement du secteur de la pêche artisanale : la China National Fisheries Corporation, l’entreprise chinoise en charge de cette initiative, devra, durant son exploitation en Guinée, financer l’achat de matériels de pêches d’une valeur de 500 000 dollars américains l’année.

Bon à savoir sur la Guinée

La Guinée est un pays pauvre et fragile, en dépit d’un potentiel économique considérable, varié et inexploité. En effet, le pays dispose d’une des plus grandes réserves mondiales de bauxite (les deux tiers des réserves mondiales) et de minerai de fer, mais aussi de gisements importants d’or et de diamant, et de possibilités pour le développement d’autres métaux, du pétrole et du gaz. Les faiblesses structurelle et institutionnelle dont continue de souffrir la Guinée n’ont pas permis de développer une vision stratégique ni une capacité d’exécuter le type de politique requis pour jouir pleinement des avantages que lui procure sa richesse minière.

Sur la période 1985-2002, la Guinée s’est engagée dans un processus de libéralisation et de transformation économique : il a permis une croissance moyenne réelle du produit intérieur brut (PIB) de 4 % par an sur la période (soit un accroissement de 0.8 % du revenu par habitant), tout en stabilisant les prix et le taux de change. Après des dérapages dans la mise en œuvre des réformes entre 2003-06, qui ont abouti à une baisse du revenu par habitant de 0.6 %, le marasme économique s’est amplifié en 2007 sous l’effet de la crise mondiale. Face aux difficultés, la Guinée a mis en œuvre depuis 2007 des réformes au titre de sa deuxième stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP2), appuyée par la Facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance (FRPC) du Fonds monétaire internationale (FMI) et les interventions des autres partenaires techniques et financiers. Les réformes ont porté leurs fruits en 2008 en dépit d’un contexte international difficile. La croissance s’est accélérée de 1.8 % en 2007 à 4.9 % en 2008. Mais, à partir de 2009, la situation économique a été marquée par la persistance des effets conjoints de la crise économique et financière et de la crise socio-politique ; par conséquent, le PIB a régressé de 0.3 %.

La situation économique continue à être difficile comme le laissent entrevoir les indicateurs en 2010. Le taux de croissance économique se situe à 1.6 %, un niveau insuffisant pour faire reculer la pauvreté. Le taux d’inflation élevé (15.8 %) continue d’éroder le pouvoir d’achat de la population. L’incidence de la pauvreté, qui a été de 49% en 2002, a atteint 55 % en 2010. Les réserves de change, amenuisées, ne permettent de couvrir que 1.9 mois d’importations. Les arriérés intérieurs et extérieurs ont fortement augmenté, rendant difficile l’amélioration du cadre macroéconomique. A ce tableau de bord, il faut ajouter la baisse substantielle de l’aide publique au développement tant au niveau bilatéral qu’au niveau multilatéral. Par ailleurs, l’augmentation des prix des principaux produits importés, comme les denrées alimentaires et le pétrole, a également aggravé la situation. A ce rythme, l’atteinte du point d’achèvement au titre de l’Initiative des pays pauvres très endettés (PPTE), un enjeu de taille quasiment réalisé à la fin de 2008, sera une tâche difficile pour la Guinée si la tendance n’est pas rapidement inversée.

Au cours de la dernière décennie, la Guinée a connu une instabilité socio-politique récurrente marquée par des violences d’État sur la population civile. Cet environnement socio-politique était peu propice au développement du monde des affaires.

Les premières élections libres de l’histoire de la Guinée se sont déroulées le 27 juin 2010. Ces élections devraient conduire à un nouvel ordre constitutionnel, au retour des forces de défense et de sécurité dans les casernes et à leur transformation en force républicaine au service de la paix, de la démocratie et du développement.

En somme, la stabilisation socio-politique, consécutive à l’élection présidentielle de 2010 et la reprise économique mondiale devraient permettre une consolidation de la croissance à partir de 2011.

Steven Addamah avec AD & PEA

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