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L'Edito de Guy Gweth

Chaque semaine, le président du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE) vous entraine dans les arcanes de la géoéconomie et de la géostratégie africaines.

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Intelligence économique et matières critiques

Didier Julienne (avec qui j’ai produit des analyses sur la géopolitique des ressources rares au profit de l’IRIS et EDF R&D en 2009 et 2010, à la Fondation Dosne-Thiers de Paris), revient brillamment sur le rôle stratégique de l’intelligence économique dans la gestion des matières critiques.

GG

Extraits :

« Après l’or, toutes les ressources naturelles industrielles (énergie, minéraux, agriculture) demandent de l’intelligence économique (observer, décider, prévoir). Une mise à jour.

« Les montants investis dans les produits structurés de métaux précieux (entre 100 et 150 milliards$) sont placés dans l’or mais l’argent rattrape un retard illustré dans le ratio or/argent et historiquement; les platine et palladium sont plus faibles.

« Gageons que le premier signal de sortie de notre crise mondiale en W (type Cassiopée avec une branche gauche plus basse que la droite, un mini double creux) était l’affaissement de l’or cette été, mais cette fuite des monnaies vers l’or était une idée en appelant une autre, d’une façon presque fractale. En effet, Les produits structurés consacrés aux autres matières premières (énergies, minéraux, agricultures) ont absorbé environ 250 milliards$. Très peu au regard des marches globaux mais beaucoup pour des marchés parfois très étroits.

« Un retour en arrière et un jeu dangereux aux dimensions potentiellement infinies dans le cadre d’une population mondiale croissante. Loin de vouloir jouer au catastrophisme ambiant qui s’empare aussi vite des scénarii des films que des esprits des analystes, l’idée importante qui émerge derrière l’inflation des prix des matières est la nécessité d’un peu d’intelligence économique dans une réflexion sur les ressources naturelles.

« L’intelligence économique offensive elle est consubstantielle au trading des matières car l’exploitation d’informations privilégiées n’est pas un délit lorsque vous prenez une position sur le palladium, sur le gaz naturel, le blé ou bien sur le caoutchouc… Elle a été créée par le négoce des matières premières, vous ne le pensez pas ? Demandez aux spéculateurs romains sur le blé égyptien, aux importateurs vénitiens d’épices asiatiques, aux hollandais de la Compagnie des Indes, aux riziculteurs japonais de l’ère Tokugawa et son premier marché à terme mondial, aux négociants français, aux marchands anglais… et aujourd’hui aux ADM, Bunge, Cargill, Dreyfus, Vitol, Glencore, Trafigura, Noble, Itochu, Marubeni, Mitsubishi, Mitsui, Sumitomo. Demandez aux cinq meilleures banques au monde qui disposent de cette accroche au trading physique des ressources naturelles. Elles sont propriétaires d’excellents actifs, de moyens de transport (gazoduc, oléoduc, tankers…), de réseaux de stockage et commerciaux de métaux, de silos à grains, de fermes, de centrales électriques.

« Rien ne vaut ce cocktail « information – physique – finance ». A chaque étape ces acteurs recueillent des informations, des renseignements privilégiés, de l’intelligence économique terrain, du renseignement humain sur les toutes nouvelles tendances émergentes. Chaque étape correspond à un marché et chaque information y sera exploitée bien avant les concurrents.

« A l’inverse l’industriel, sauf exception, est généralement inactif lorsqu’il réfléchit aux matières et se contente du prix. Les entreprises qui ne prêtent pas garde à ses défis laissent les fournisseurs de rang 1 ou 2 se charger de la gestion de ces risques arguant qu’en cas de pénurie les pénalités inscrites au contrat rembourseront la perte d’exploitation. A voir.

« En ce qui concerne les nations, des gouvernants plus que d’autres sont rentrés dans ce processus d’intelligence économique offensive. Notamment les pays producteurs et au moins deux grands pays consommateurs. En effet, les relations d’Etats producteurs à Etats consommateurs ne sont plus des relations de marchés de matières mais de souveraineté. Pour les premiers, de souveraineté sur un sol ou bien un sous-sol et des stratégies de puissances qui y sont associées. Pour les seconds, de souveraineté sur une industrie, sur le développement de filières et des stratégies d’influences qui y sont associées.

« Prenez par exemple un pays qui n’a pas encore atteint le taux de 50% de population citadine et qu’il décide comme objectif stratégique de le porter à 70-80%. Mettez vous un instant à sa place lorsqu’il doit gérer 8 – 10% de croissance annuelle alors que les pays développés sont en négatif depuis deux ans. Il décide de construire des villes et banlieues verticales plutôt qu’horizontales sinon comment nourrir sa population de manière durable s’il empiète sur les terres cultivables proches des villes. Puis il regarde les matières dont il dispose chez lui ; il évalue ce que ses voisins accepteront de lui vendre ou d’échanger tout en constituant des stocks stratégiques lorsque les prix des matières s’écroulent comme en 2008 ; cependant il doit faire face à la première bulle immobilière de son histoire et trouver un remplaçant à la pièce maîtresse du ciment social, le logement, un autre mandataire maintenant que les jeux olympiques et l’exposition universelle sont derrière nous et que le défi de l’espace n’a pas encore pris le relais à pleine puissance, c’est le développement de l’intérieur du pays.

« Puis il se renseigne sur l’état des marchés et rapidement il s’aperçoit que nourrir sa population restera un problème d’autant plus que le premier fabricant de potasse au monde risque de se faire absorber par l’un de ceux qui lui tord déjà le bras dans le minerais de fer ; qu’il est en compétition pour devenir le premier consommateur de métaux industriels et de construction ; qu’il est déjà presque le premier consommateur d’énergie fossile, autosuffisant dans l’une, très polluante, mais pas dans les autres ; qu’il est très tenté par l’uranium, l’hydrogène ; qu’il prend des mesures de rétorsion sur l’exportation de terres rares, c’est la matière de son avenir, car il paye cher l’accès à d’autres matières à l’étranger. Ultime perspective, la stabilité du pays doit à tout prix être conservée au cours de cette grande mutation. Vaste programme. »

Lire la suite sur le blog de Didier Julienne.

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