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L'Edito de Guy Gweth

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Le rêve de Pékin: faire main basse sur les mines d’or

[Africa Diligence] La Chine multiplie les acquisitions dans les mines aurifères à travers le monde. Son but : aller chercher l’or directement au sous-sol pour assurer son approvisionnement sur le long terme. Le pays mène une politique de rachats très agressive.

La course à l’approvisionnement en or s’accélère pour la Chine. Depuis quelques années, la deuxième économie mondiale cherche par tous les moyens à augmenter son très faible stock de métal jaune. Objectif: diversifier ses réserves, en grande majorité constituées de dollars et d’actifs libellés en billet vert. Pékin dispose certes de 1054 tonnes d’or dans ses coffres – un chiffre qui n’a pas été réactualisé par les autorités depuis 2009 – mais le métal jaune ne représente que 1,7% de ses réserves totales. Une goutte d’eau comparé aux États-Unis, où l’or compte pour 76,3% des réserves.

Pour sécuriser ses approvisionnements, Pékin a décidé d’aller chercher le métal précieux directement à la source. Le pays s’est lancé dans une campagne agressive de rachats d’actifs dans les plus importantes sociétés aurifères mondiales. D’après une étude PwC publiée la semaine dernière, quatre des dix principales acquisitions recensées dans le secteur l’an dernier ont été réalisées par des acheteurs chinois, aux côtés des traditionnels canadiens et australiens. «La montée en puissance chinoise a été très rapide. Cette stratégie d’acquisition date seulement de 2006. Avant, la Chine était complètement inexistante des radars mondiaux des acquisitions, toutes matières premières confondues», constate Mariano Marcos, associé spécialiste des matières premières chez PwC. «Il y a des opérations internes qui entraînent un mouvement de concentration en Chine. Et puis il y a les acquisitions extérieures souvent réalisées avec l’appui de l’État», précise-t-il.

Les années 2011-2012 ont particulièrement bien illustré ce phénomène. En plus de quatre deals internes, figurent la prise de contrôle des mines australiennes de Focus Mineral, Norton Gold Fields et Southern Cross par Shandong Gold, Zijin Mining et China Hanking Holdings, les plus gros producteurs d’or chinois. En Afrique du Sud, la mine de Pamodzi est passé sous le contrôle de China African Precious Metals tandis que celle de Zara Mining en Erythrée a été rachetée par Shanghai Construction Group. D’autres opérations ont eu lieu au Kirghizistan et au Brésil. «La Chine n’a pas de zone de prédilection. Elle va là où se trouve l’or», note le spécialiste de PwC. «Les producteurs chinois se ruent sur les aquisitions d’une part parce que l’or local n’est pas de grande qualité et d’autre part parce qu’ils espèrent accéder à de meilleures techniques d’exploration», expliquait l’analyste Li Ning au Wall Street Journal récemment. La technologie chinoise permet d’atteindre des profondeurs de 2000 mètres sous le niveau de la mer tandis que les techniques étrangères peuvent creuser trois fois plus profond, selon elle.

Un soutien important aux cours de l’or

Pour l’instant, aucune société chinoise ne figure dans le top 10 des plus importantes compagnies aurifères mondiales, «mais cela pourrait se produire dans quelques années», avance PwC. Les opérations d’acquisitions vont en effet s’intensifier. L’an dernier, Zijin Mining a prévenu qu’il comptait investir 872,19 millions de dollars pour grossir à l’extérieur de ses frontières. En plus de ces actifs, Pékin peut aussi s’appuyer sur sa production nationale de métal jaune, la plus importante au monde, pour gonfler ses stocks.

La Chine fait aussi des achats sur les marchés internationaux tout en restant très discrète pour ne pas provoquer de mouvements haussiers trop brutaux. Les importations depuis Hong Kong ont bondi à 315 tonnes sur les seuls cinq premiers mois de 2012, d’après les derniers chiffres officiels en date. Enfin, les citoyens chinois contribuent à l’effort national via l’achat massif de métaux précieux. Tous ces éléments constituent un fort soutien aux cours du métal roi. D’après l’étude PwC, 80% des dirigeants de sociétés aurifères prévoient une poursuite de la hausse des prix de l’or à plus de 2000 dollars l’once cette année. Elle en vaut aujourd’hui 1672,55 dollars.

Hayat GAZZANE

 

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