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L'Edito de Guy Gweth

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Crise malienne : pourquoi l’Union européenne se presse lentement ?

 [Africa Diligence] Paris s’est engagé seul dans le conflit malien. En attendant de passer le relais à une force multinationale africaine, elle ne peut compter que sur un timide soutien européen pour combattre les forces islamistes. Cette crise illustre ainsi les carences de « l’Europe de la Défense ».

La relative « solitude de la France »

A gauche comme à droite, la classe politique française fait le même constat : l’Union européenne reste spectatrice de l’intervention française au Mali, décidée par François Hollande en fin de semaine dernière. Ex-ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé s’en est inquiété mardi. « Je pense que l’Europe toute entière est concernée », a pourtant fait savoir le maire de Bordeaux, lors de ses voeux à la presse. « Il y a une inquiétude aujourd’hui, forte : la solitude de la France dans cette opération », a renchéri Jean-François Copé, mercredi matin sur France 2. Le président de l’UMP a dit ne pas avoir « le sentiment » que la France, qui va engager au total 2.500 soldats contre les force islamistes au Mali, soit vraiment soutenue.

« Où est l’Europe? », s’est également interrogé François Bayrou sur BFMTV et RMC. « Comme d’habitude, insuffisante, absente, lointaine », a lui-même répondu le président du MoDem. Même amertume chez Daniel Cohn-Bendit « Tout le monde dit ‘nous’ mais il n’y a que des soldats français là-bas », a expliqué le chef de file des Verts européens. L’Europe « fournit les infirmières et les Français vont se faire tuer », a-t-il déploré.

Le gouvernement français est plus mesuré. Ministre des relations avec le Parlement, Alain Vidalies a évoqué mardi « des absences un peu regrettables » chez ses partenaires de l’UE. « C’est-à-dire qu’on peut constater en Europe une mobilisation un peu minimale », a-t-il précisé sur LCI. « Nous avons agi dans une situation d’urgence. Personne n’a dit non à rien… », a voulu positiver mardi sur RTL Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense.

L’UE sans force combattante

Officiellement, l’Union européenne salue l’initiative de la France au Mali. « Il est urgent de stopper (les djihadistes) et d’assister le gouvernement du Mali à retrouver le plein contrôle de son territoire », a affirmé lundi le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy. « Je voudrais remercier les Etats membres de l’UE et surtout la France et les Etats de l’Ouest africain qui sont venus en aide au Mali », a complété mardi Catherine Ashton, représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères, devant le Parlement européen à Strasbourg. Des déclarations de principe qui ne seront toutefois pas suivies d’actes concrets. « Un Etat membre a demandé un soutien mais nous n’avons pas de forces de défense européennes », a justifié Catherine Ashton.

Prévue par le traité de Maastricht en 1992, la Politique commune de sécurité et de défense (PCSD) reste très limitée dans ce genre de situation. Elle n’a en effet pas vocation à devenir une politique de défense commune. Les intérêts des Etats-membres restent divergents et les budgets prévus par l’UE dans ce secteur sont d’ailleurs continuellement en baisse. En clair, l’Europe de la Défense n’est pas pour tout de suite. « Si l’Europe de la Défense existait, nous n’aurions pas besoin d’avoir toutes les interrogations qui sont les nôtres sur les transports : nous ne savons pas assurer les transports de nos troupes, nous avons des armements qui nous manquent comme les drones, ces avions sans pilote », a expliqué François Bayrou mardi matin. « Tout cela ne pourra être acquis que le jour où nous aurons fait le pas décisif d’avoir une Europe de la volonté », a précisé le centriste.

Ministre de la Défense de Lionel Jospin entre 1997 et 2002, Alain Richard reconnaît lui aussi pour leJDD.fr « l’échec » de l’UE sur cette question. « Ça fait longtemps que les gouvernements français successifs montrent à nos amis européens qu’il y a en Afrique des enjeux importants pour la sécurité de l’Union, et intellectuellement ils le comprennent. Selon l’état de leurs autres engagements et les tendances de leurs opinions démocratiques, ils prennent des décisions plus ou moins engageantes », relève le socialiste.

Que peut faire l’Europe?

La communauté européenne ne reste pourtant pas totalement inactive sur le dossier malien. Les ministres européens des Affaires étrangères doivent se rencontrer jeudi pour accélérer le lancement de la mission EUTM dans le pays africain. Celle-ci était prévue avant l’intervention française, mais devait se déployer sur plusieurs mois dans l’optique d’une reconquête du Nord-Mali fin 2013. L’opération Serval a changé la donne et le budget de l’opération, à laquelle une dizaine de pays européens participe, a été réévalué à 12 millions d’euros.

L’EUTM va ainsi envoyer au Mali, a priori à la mi-février, quelque 500 militaires européens, dont 200 instructeurs, afin de former, réorganiser et conseiller l’armée malienne. Mais la mission n’a aucune vocation à participer aux combats avec l’armée française. Paris et Bruxelles préfèrent désormais s’en remettre à la force de 3.300 soldats des pays d’Afrique de l’Ouest, la Misma, censée prendre le relais sur le terrain. En outre, Catherine Ashton a promis de nommer prochainement « un représentant spécial » européen pour le Sahel. Une fonction diplomatique qui ne changera pas la configuration militaire au Mali.

Des aides bilatérales

Faute de décision communautaire, les pays européens qui soutiennent l’intervention française ont précisé ces derniers jours la nature de leur appui à la France. Mais là encore, il n’y aura pas de troupes combattantes, mais une aide principalement logistique. La Grande-Bretagne, alliée de Paris lors de l’intervention en Libye, ainsi que l’Italie, le Danemark et la Belgique ont annoncé la mise à disposition d’appareils. L’Allemagne a également proposé d’envoyer deux avions, pour transporter les soldats des Etats africains vers Bamako. Elle a aussi annoncé une aide humanitaire d’un million d’euros à destination des réfugiés maliens. Les autres Etats, à l’instar notamment de la Pologne, restent réservés.

La stabilité du régime malien est moins prioritaire pour les partenaires européens que pour la France. Selon l’ex-ministre Alain Richard, si celle-ci se retrouve esseulée dans le conflit, c’est « à la fois parce que nous sommes seuls à avoir cette capacité sur le continent » et « parce que nous sommes le plus proche partenaire politique du Mali ». Le poids de l’histoire entre la France et son ancienne colonie a joué un rôle certain.

(Avec Arnaud FOCRAUD)

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