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L'Edito de Guy Gweth

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Sécurité maritime : la Côte d’Ivoire dans le viseur des pirates

[Africa Diligence] Le pétrolier français Gascogne a été détourné par des pirates le 4 février 2013, au large de la Côte d’Ivoire, avec 17 membres d’équipage : 7 Togolais, 4 Béninois, 2 Sénégalais, 2 Ivoiriens, 1 Sud-Coréen et 1 Chinois. Alors qu’en Somalie, au Nigéria et au Bénin, le renforcement des mesures de sécurité a conduit à la chute de la piraterie, la Côte d’Ivoire enregistre son troisième acte de piraterie en moins de 5 mois.

Un pétrolier français avec à son bord 17 membres d’équipage – des Africains et deux Asiatiques – a été détourné par des pirates ce week-end au large de la Côte d’Ivoire, un pays jusque récemment préservé de ce fléau en plein essor dans le Golfe de Guinée. Le tanker français Gascogne, battant pavillon luxembourgeois, appartient au groupe français Sea Tankers et est affrété par une société sud-coréenne. Il naviguait lundi au large du Nigeria, selon Abidjan. Le gouvernement français a indiqué ne pas avoir reçu de revendication.

Parti du port ivoirien le 31 janvier avec 3 000 tonnes de gazole, le navire en avait déchargé une partie sur un autre bateau avant d’être détourné samedi « à 139 kilomètres du port d’Abidjan », a expliqué le colonel Bertin Koffi Tano, directeur des affaires maritimes de Côte d’Ivoire. Selon lui, l’équipage compterait sept Togolais, quatre Béninois, deux Sénégalais, deux Ivoiriens, un Chinois et un Sud-Coréen.

La Côte d’Ivoire est une cible

Pour les autorités ivoiriennes, qui de leur propre aveu n’ont « pas de navires destinés à la surveillance des eaux maritimes », c’est le troisième acte de piraterie en moins de cinq mois. En janvier, un pétrolier nigérian battant pavillon panaméen avait été victime d’une attaque de pirates à son ancrage d’Abidjan. Début octobre 2012, un tanker grec avait subi une attaque semblable au même endroit.

Jusque-là, la Côte d’Ivoire avait été préservée de la piraterie en mer, qui s’est développée ces dernières années dans le Golfe de Guinée, où existe un très lucratif marché noir régional. Notamment au Nigeria, premier producteur de pétrole d’Afrique. « Il semble que les pirates se déplacent vers la Côte d’Ivoire car le Nigeria et le Bénin ont augmenté la fréquence des patrouilles » conjointes qu’ils ont mises sur pied l’année dernière, a estimé le responsable du Bureau maritime international (BMI), Noel Choong.

Les « groupes armés » qui piratent les navires « sont parfaitement informés sur le potentiel de chaque pays et savent que de ce côté du Golfe de Guinée, il n’y a pas beaucoup de surveillance », a renchéri le colonel Mamadou Mariko, directeur technique à l’Organisation maritime de l’Afrique de l’Ouest et du Centre (OMAOC), basée à Abidjan. Pour la Côte d’Ivoire « il y a urgence », a-t-il alerté : Abidjan doit prendre « le problème à bras-le-corps ».

Fort recul au large de la Somalie

Cet accroissement de la piraterie en Afrique de l’ouest contraste avec le fort recul de celle menée sur les côtes somaliennes : 34 attaques cette année contre 176 l’an dernier, selon les chiffres de l’EU Navfor, la force navale que l’Union européenne a déployée dans la zone. Et les pirates ont plus de difficultés à s’emparer des navires. Ils en ont arraisonné cinq cette année, contre 25 en 2011 et 47 en 2010.

Cette chute assez spectaculaire est liée à plusieurs facteurs, selon les experts. Le premier est sans doute le renforcement des mesures de sécurité à bord des navires de commerce. Rouleaux de barbelés, canons à eau, filets anti-abordage, les bateaux qui transitent par la région, l’une des voies maritimes les plus fréquentées au monde, se sont dotés d’un véritable arsenal de dissuasion. Et ils embarquent de plus en plus souvent des équipes de sécurité privées, à l’efficacité manifeste.

À ces mesures individuelles s’ajoute le déploiement d’une véritable armada internationale dans toute la zone. Union européenne, OTAN, États-Unis, Chine, Russie, Inde, Japon…, de très nombreux pays, excédés par les détournements à répétition de leurs navires marchands, ont expédié dans la zone une vingtaine de navires de guerre, mais aussi des avions de surveillance.

V. F. (avec AFP)

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