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L'Edito de Guy Gweth

Chaque semaine, le président du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE) vous entraine dans les arcanes de la géoéconomie et de la géostratégie africaines.

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Mali: un affrontement économique à main armée

[Africa Diligence] Pour Jean-Joseph Boillot et Stanislas Dembinski, spécialistes des marchés émergents et auteurs de Chindiafrique, ou comment la Chine, l’Inde et l’Afrique feront le monde de demain, paru le 3 janvier 2013 chez Odile Jacob (Paris) l’Afrique demeure un terrain propice à des batailles économiques internationales.  Cas du Mali.

L’opération militaire française en cours au Mali pour contrer l’offensive des islamistes vers Bamako met en lumière, une fois de plus, le rôle des interventions extérieures dans l’avenir de l’Afrique.

Elle se produit dans un pays en faillite démocratique depuis ce coup d’Etat du capitaine Sanogo, le 22 mars 2012, contre un président qui s’était efforcé tant bien que mal de suivre la voie du développement économique et social et du dialogue avec les communautés du nord.

Par-delà une situation d’urgence indéniable, la France saura-t-elle cependant saisir les enjeux d’un développement à plus long terme et le message fort que viennent de délivrer l’Union africaine, la Commission économique pour l’Afrique et la Banque africaine de développement (BAD) au récent sommet d’Addis-Abeba, en Ethiopie.

«Nous soulignons que le défi de l’Afrique est la transformation économique, un agenda qui devra être dirigé par des Africains (mais) nous reconnaissons que les partenaires extérieurs contribuent au progrès de l’Afrique (…).»

Certains de ces partenaires extérieurs sont déjà moins visibles sur les champs de bataille que dans les affaires. En particulier la Chine et l’Inde, accusées parfois de visées néocoloniales, mais qui empruntent manifestement d’abord ce chemin du développement.

Le défi posé à la France est d’autant plus important que le Mali ne compte que 15 millions d’habitants (4 millions pour la Centrafrique, autre pays en crise), alors que Chindia joue ses cartes plutôt là où se concentre l’avenir du continent, du côté du Nigeria ou de l’Ethiopie —400 millions d’habitants à eux deux d’ici 2040—, et dans des domaines porteurs de nouvelles solutions aux grands enjeux de l’Afrique.

Commerce triangulaire des temps modernes

Le secteur des télécoms en a fourni récemment un bon exemple, passé quasi-inaperçu dans les médias français.

Le spécialiste chinois des infrastructures télécoms ZTE et l’opérateur mobile indien Bharti Airtel ont décroché ensemble le prix de l’initiative la plus économique aux derniers Africa Com Awards, au Cap, en Afrique du Sud.

Leur solution hybride pour alimenter les émetteurs télécoms, combinant l’éolien et des panneaux solaires, permet de réduire drastiquement l’usage des générateurs diesel. Et donc la pollution, les difficultés d’approvisionnement et surtout les coûts, dans des pays aussi étendus et dépourvus d’infrastructures classiques, comme c’est plutôt la règle en Afrique.

Le nombre d’abonnés au téléphone mobile passera en Afrique de 200 millions, en 2006, à près d’un milliard de personnes avant 2020.

La révolution de l’information y est déjà en marche grâce à cette alliance triangulaire entre la Chine du hardware low-cost, l’Inde du software frugal et le continent de la jeunesse du monde!

Cette solution où tout le monde est à terme gagnant, l’équipementier chinois, l’opérateur indien et le client africain, montre combien les entrepreneurs de Chindia raisonnent déjà à l’échelle du continent, en investisseurs à long terme.

La stratégie du gagnant-gagnant

Ils voient d’un très bon œil le développement du rôle d’organisations comme l’Union africaine, ou plus régionales à l’instar de la Cédéao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) dans la solution de crises politiques comme au Mali, même si le calendrier d’une intervention africaine programmée a été bousculé, cette fois-ci, par l’offensive-éclair des groupes islamistes.

La France a ainsi dû jouer encore un rôle de gendarme en dernier ressort. Mais Paris et les Européens, dont les Allemands, bien silencieux sur le dossier, doivent dès maintenant penser aux nouvelles étapes:

— Comment aider les Maliens, et les Africains en général, qui seront 1,5 milliard à l’horizon 2030, à saisir les chances de leur potentiel économique, avec des investissements mais aussi des transferts de technologie et surtout des solutions innovantes adaptées aux contraintes diverses du continent.

— Comment profiter de ce fantastique bassin humain Europe-Afrique et répondre intelligemment ensuite à cette compétition impulsée par les groupes chinois et indiens, mais aussi les Brésiliens ou les pays du Golfe, sur un marché de plus en plus porteur, avec une croissance moyenne de 5% par an dans les prochaines décennies.

Jean-Joseph BOILLOT & Stanislas DEMBISKI

 

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1 Commentaire

  1. Sur le sujet de la confrontation des anciens états coloniaux européens et de la ChIndiAfrique, à noter l’excellente cartographie du National Post canadien sur les IDEs en Afrique

    http://news.nationalpost.com/2013/01/18/graphic-out-of-africa-did-the-colonial-powers-ever-really-leave/

    ainsi que les cartes onomastiques des milieux d’affaires européens en Afrique
    http://namesorts.com/

    Il serait intéressant de croiser ces informations avec les prévisions révisées de croissance: qui tirera le meilleur profit de cette croissance africaine, croissance qui fait si cruellement défaut en Europe?

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