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L'Edito de Guy Gweth

Chaque semaine, le président du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE) vous entraine dans les arcanes de la géoéconomie et de la géostratégie africaines.

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Le potentiel économique du Nigéria dans le viseur canadien

Le potentiel économique du Nigéria dans le viseur canadien

(Africa Diligence) Malgré le terrorisme, les coups d’État et les guerres, l’Afrique connaît un décollage économique fulgurant depuis quelques années. Au Nigeria, plusieurs régions sont souvent plongées dans le noir, car le pays manque d’électricité. Pour stimuler la production d’énergie, le gouvernement est en train de privatiser ce secteur. Une firme-conseil canadienne, CPCS, d’Ottawa, est au coeur du processus.

«Nous avons mené les 15 propositions d’achat, pour 5 producteurs et 10 distributeurs d’électricité. Ces investissements ont dépassé les 3 milliards de dollars américains. C’est du jamais vu en Afrique !» laisse tomber au bout du fil Boris Jacouty, vice-président adjoint, Afrique de l’Ouest, chez CPCS.

L’entreprise est spécialisée dans la mise en place de partenariats public-privé. «Quand le gouvernement privatise ou fait construire des infrastructures en PPP, nous faisons les études de faisabilité, le montage financier et commercial, et la recherche des meilleurs investisseurs», dit Boris Jacouty, un Français d’origine établi à Abuja, la capitale.

Une autre société canadienne, IMW Industries, de Chilliwack, en Colombie-Britannique, est également très active au Nigeria. Elle fournit à une division du conglomérat Dangote des équipements pour remplacer le pétrole par du gaz naturel comprimé dans sa flotte de 5 000 camions. Une solution qui est plus écologique et plus économique.

Ces exemples montrent bien tout le potentiel que représente le Nigeria, le pays le plus populeux d’Afrique, qui compte près de 170 millions d’habitants.

Les secteurs stratégiques

Exportation et développement Canada (EDC) a ciblé cinq secteurs clés pour les entreprises canadiennes dans ce pays : la construction et les infrastructures, l’électricité, le pétrole et le gaz naturel, les services de transport et les télécommunications.

Ce dernier secteur est particulièrement dynamique, selon Diane Belliveau, directrice régionale, Afrique, chez EDC. «Tout le monde possède des téléphones cellulaires !» dit-elle, en précisant que l’énergie est un autre secteur à avoir sur son écran radar.

Le Nigeria est le premier pays producteur de pétrole en Afrique (12e du monde), avec une production quotidienne de 2,5 millions de barils, selon la CIA, l’agence américaine du renseignement. Un secteur qui est contrôlé par la société d’État Oando (l’équivalent de Pemex au Mexique), qui produit aussi du gaz naturel.

La distribution et le commerce sont aussi dynamiques au Nigeria. Un domaine où Dangote, propriété d’Aliko Dangote, l’homme d’affaires le plus riche d’Afrique selon Forbes, est un acteur incontournable. Et dans les transports, le gouvernement évalue même la possibilité de construire un TGV entre Lagos et Abuja. Un projet qui pourrait se concrétiser durant la prochaine décennie.

Un marché complexe

Au Nigeria, le Québec exporte essentiellement des avions, des turbines à gaz, du papier fin et des appareils de manutention. Des exportations qui sont relativement faciles à faire, disent les spécialistes. C’est toutefois une autre paire de manches pour les entreprises qui veulent s’y implanter.

«Il faut s’appuyer sur des partenaires locaux pour entrer dans ce marché. Une entreprise étrangère ne peut pas débarquer seule au Nigeria et espérer avoir des contrats», dit Boris Jacouty. Selon lui, il faut de plus bien connaître les cultures locales, où le respect des aînés est une valeur extrêmement importante.

Mais vu la complexité de ce marché, les petites entreprises ne devraient pas s’y aventurer, estime toutefois Karl Miville-De Chêne, vice-président pour le Québec et les Maritimes du Conseil canadien pour l’Afrique (CCA). «La petite entreprise n’a tout simplement pas les ressources pour analyser le contexte, les risques et le rendement de l’investissement à long terme.»

Le Nigeria n’est pas non plus une partie de plaisir pour les moyennes et les grandes entreprises. Les tensions ethniques et religieuses sont importantes. Et le mouvement islamiste radical Boko Haram sévit dans le nord du pays, souligne Coface, une firme française assurant les risques commerciaux des entreprises à l’étranger.

La sécurité est aussi un enjeu criant dans une ville comme Lagos, ainsi que dans le delta du Niger où se concentre la production de pétrole. Les partisans du Mouvement pour l’émancipation du delta du Niger s’attaquent régulièrement aux exploitations pétrolières. «La corruption est également un problème», soutient Diane Belliveau. Le Nigeria se classe d’ailleurs au 143e rang (sur 182 pays) en la matière, selon l’indice de perception de la corruption de Transparency International.

Malgré tous les problèmes du Nigeria, Boris Jacouty demeure optimiste au sujet de l’avenir du pays. «C’est un géant qui se réveille. Les gens sont très dynamiques», dit-il. C’est aussi une puissance démographique montante.

Une situation qui fait en sorte que le pays regorge «d’impressionnantes réserves» de main-d’oeuvre, sans parler des ressources naturelles, souligne une analyse du CCA. Deux avantages sur lesquels le gouvernement compte s’appuyer pour tenter de faire figurer le Nigeria parmi les 20 économies les plus performantes du monde d’ici 2020.

(Avec F. Normand)

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