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L'Edito de Guy Gweth

Chaque semaine, le président du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE) vous entraine dans les arcanes de la géoéconomie et de la géostratégie africaines.

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Eastwood décrypte la stratégie Mandela

2000 ans après J.-C., l’avènement, l’aura, le combat et la stratégie inattendue du premier Président noir d’Afrique du Sud demeurent singuliers. Après le succès de Goodbye Bafana en 2007, Hollywood (capitale mondiale du soft power) signe Invictus, en hommage à l’Elu de Johannesburg.

Certes un peu académique, Invictus montre avec un remarquable talent comment l’un des très rares leaders politiques à faire l’unanimité aux quatre coins du globe a réussi à vaincre l’ennemi intérieur par la force du pardon.

Ce film s’adresse à tous les êtres opprimés pour qui le devoir de vengeance est une fin en soi. Son message est aussi insupportable que la mort de l’égo au profit de l’âme; et la victoire n’en est que plus éclatante.

Puisée dans la philosophie humaniste africaine de l’Ubuntu, la stratégie de Madiba semble résumée dans le « Si » de Rewards and Fairies publié en 1910. Voici une traduction d’André Maurois parue chez Grasset en 1918 :

« Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie

Et sans dire un seul mot te remettre à rebâtir,

Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties

Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d’amour,

Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre

Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,

Pourtant lutter et te défendre ;

 

« Si tu sais méditer, observer et connaître,

Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,

Rêver, sans laisser ton rêve devenir ton maître,

Penser, sans n’être qu’un penseur ;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,

Si tu peux être brave sans jamais être imprudent,

Si tu peux être bon, si tu sais être sage,

Sans être moral et pédant ;

 

« Si tu peux rencontrer triomphe après défaite

Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,

Si tu peux conserver ton courage et ta tête

Quand tous les autres les perdront ;

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire

Seront à tout jamais tes esclaves soumis

Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,

Tu seras un homme, mon fils. »

 

Réalisé par Clint Eastwood, Invictus met en scène un Morgan Freeman (Nelson Mandela) attachant, un Matt Damon (François Pienaar) étonnant et une Adjoa Andoh (Brenda Mazibuko) déroutante de charme. Un film à voir.  Absolument.

Guy Gweth

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2 Commentaires

  1. buntu dit :

    Merci pour ce bel article et mes hommages au sage Madiba. La stratégie du pardon s’est avérée être une arme puissante pour sortir l’Afrique du Sud de ses conflits intérieurs. Puisse d’autres pays prendre exemple sur ce modèle!

  2. Heruka dit :

    Hum, je pense qu’on ne regarde qu’n seul côté des choses. Comment les Sud Africains ont vecu ce fameux pardon et les Africains en général ? Comme une victoire ? Non ! Plutot comme un humiliation, une terrible humiliation !
    Victor Schoelcher, est presenté comme un grand humaniste, un grand abolitionniste : ce qu’on dit moins c’est que le même Schoelcher avait demandé d’indemniser les colons esclavagistes, du fait de la perte de leur esclaves ! Dans cette affaire, qui au nom de la justice devait etre indemnisé ?

    Les Africains doivent avoir leur propre lecture de l’Histoire et non celle que leur présente les medias dominants.
    Quand au genre de films hollywoodien qui flirtrent avec l’Afrique, n’est pas la politique du SOFT POWER USA.
    Les Africains doivent lire dans les films hollywoodiens qui traitent de leur Histoire, comme une volonté de modéler sinon d’influencer notre lecture ou notre vision du monde, afin de continuer à controler nos esprits.

    Les Africains doivnt voir dans ce genre de productions , l’opportunité de lire, sinon decouvrir ce que les USA preparent contre nous. C’est le seul interêt de ces films, point barre !

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