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L'Edito de Guy Gweth

Chaque semaine, le président du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE) vous entraine dans les arcanes de la géoéconomie et de la géostratégie africaines.

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Jacques Nyemb : l’émergence de l’Afrique défendue par un Avocat Camerounais à Harvard

Jacques Nyemb : l’émergence de l’Afrique défendue par un Avocat Camerounais à Harvard

[Africa Diligence] Avant d’être admis à l’Université de Harvard, le Camerounais Jacques Jonathan Nyemb a exercé comme avocat d’affaires chez l’américain Cleary Gottlieb Steen & Hamilton LLP. Ancien de la London School of Economics et major du Master of Law à Paris II Panthéon Assas, ce jeune spécialiste des politiques publiques, d’énergie et de ressources naturelles analyse l’Afrique émergente avec une précision d’horloger.

Jacques Jonathan Nyemb est un jeune avocat d’affaires camerounais spécialisé dans les politiques publiques d’énergie et de ressources naturelles. Précédemment avocat collaborateur au sein de Cleary Gottlieb Steen & Hamilton LLP (cabinet américain de premier plan), ses créneaux sont les financements de projets et les financements structurés dans les secteurs de l’énergie, du pétrole et du gaz, des mines et des infrastructures.

“Membre du Groupe d’Experts chargé de réviser l’Acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique applicable dans 17 pays africains membres de l’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA), je suis aussi co-fondateur de l’African Business Lawyers Club (ABLC) et du Collectif OSER L’AFRIQUE”, tient-il à préciser.

Actuellement étudiant à l’Université Harvard (MPA HKS) et co-président de l’Africa Caucus, il est titulaire d’un Master of Laws (LL.M.) de la London School of Economics et également diplômé de l’Université Paris II Panthéon Assas (MDBF), sorti major de sa promotion.

Membre du conseil d’administration de diverses organisations à but non lucratif, auteur de plusieurs articles dans des revues générales et spécialisées, c’est aussi un panafricain passionné d’histoire et d’art qui a accepté de répondre à nos questions.

Africa Diligence : Croyez-vous en l’émergence économique du continent africain ?

Jacques Jonathan Nyemb : La définition du concept d’émergence est encore très floue et il est toujours difficile de parler de l’Afrique en général tant les disparités entre pays et régions sont grandissantes.

Néanmoins, si on entend l’émergence comme la fin d’un cycle marqué par des crises politiques, économiques et sociales pour une grande majorité des pays africains, la réponse est bien évidemment oui. En effet, selon les prévisions de la Banque mondiale, la croissance de l’Afrique varie aujourd’hui entre 5% et 17% pour une trentaine de pays ; ce qui est bien au-dessus de la croissance de plusieurs pays européens, américains voire asiatiques.

Toutefois, si l’émergence venait à apprécier si oui ou non un pays offre à une large majorité de ses citoyens la possibilité de satisfaire des besoins de base (se loger, se nourrir, s’éduquer ou se soigner), tout en créant le cadre permettant à ces derniers de construire un futur prospère pour eux et pour leurs enfants (emploi décent, entrepreneuriat, etc.), de nombreux défis restent à élever en Afrique : déficit énergétique, faible sécurité alimentaire, insuffisance de l’offre d’éducation et de santé, écosystèmes d’innovation peu nombreux…

Prenons un exemple pour terminer. La jeunesse est toujours présentée comme la chance de l’Afrique. Quand on sait que dans certains pays, les taux de chômage dépassent largement les 30% et que la jeunesse compte globalement pour 60% de l’ensemble des chômeurs en Afrique subsaharienne, on a de fortes raisons de penser que la jeunesse s’apparente à ce jour plus à une bombe à retardement qu’à un feu d’artifices pour le continent africain. En bref, les raisons d’espérer existent mais des efforts considérables restent à réaliser pour que les fondamentaux soient acquis.

S’il fallait vous aider à contribuer au développement rapide de l’Afrique, quels leviers pourrait-on activer ?

J’ai la conviction profonde que l’Afrique regorge de talents. La question essentielle demeure comment libérer ces énergies et permettre à ces talents d’exprimer le meilleur de leur potentiel. Il s’agit alors principalement de créer un écosystème capable de catalyser l’énergie créative de nos talents.

Sur ce point, le droit doit jouer un rôle fondamental en ce qu’il établit les règles du jeu, les normes à respecter au sein de l’écosystème. Il est ainsi vital de promouvoir, accompagner et renforcer des plateformes de concertation et d’action telles que celle que nous avons créée à travers l’African Business Lawyers Club. Ces dernières soutiennent dans la durée les efforts de toutes les parties prenantes, visant à faire du droit un vecteur non seulement de bonne gouvernance dans nos organisations privées et publiques mais également d’attractivité de notre environnement des affaires pour les acteurs locaux et internationaux.

Par ailleurs, œuvrer en vue de favoriser un écosystème capable de catalyser l’énergie créative de nos talents suppose également la multiplication de laboratoires d’innovation (espaces de travail partagé, incubateurs, centres de recherches, écoles et centres d’apprentissage innovants, etc.) non seulement en milieu urbain mais également en milieu rural. Ces derniers encourageront la créativité et permettront le développement par nos futurs génies africains des connaissances, du savoir-faire et des compétences nécessaires au plein succès de leurs initiatives. La diaspora ne doit pas également être en reste.

Si vous vous retrouviez à la tête de votre pays, dans les 24 heures, quelles seraient vos trois premières décisions ?

Premièrement, créer une instance « Vérité & Dignité » chargée par ses actions et ses recommandations (i) de réconcilier le peuple camerounais avec son passé durant les années de luttes d’indépendance au Cameroun et (ii) de poursuivre l’œuvre de construction nationale ;

Deuxièmement, procéder à une déclaration de patrimoine et astreindre la haute fonction publique camerounaise à s’y conformer également, offrant ainsi un gage de transparence et d’éthique dans la gestion de la chose publique ;

Troisièmement, convoquer des Assises Nationales de l’Éducation et de la Culture en vue d’encourager la créativité et instiller la passion de l’effort, du mérite et de l’excellence auprès des jeunes générations et plus largement.

Propos recueillis par la Rédaction

© Knowdys Database 2015 – Cet article ne peut être repris qu’à condition d’en mentionner la source et le lien.

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4 Commentaires

  1. Faites tout ce qu’il faut pour sauver l’Afrique. Mais comment pouvons nous sortir de cette pauvreté tant qu’un euro vaut six cent cinquante francs cfa ? Cette inégalité rend l’Africain esclave, pauvre et ne nous autorise pas à envisager le progrès futur. Ceux-là (les occidentaux) viennent chez nous piller à vils prix nos biens, notamment l’or, le diamant, le bois, la bauxite, le pétrole, ……..etc.Or lorsque nous souhaitons payer une voiture par exemple, il faut voir les efforts surhumains qu’un Africain de la zone CFA doit faire pour le prétendre. Tant que ce déséquilibre existera, nous ne pouvons en aucun cas sortir de l’ornière. Nous serons toujours les derniers. Il n’y a d’espoir. Pourquoi ce déséquilibre financier où l’Afrique est toujours perdante ? Aidez-moi à comprendre. Cela me pousse à penser aux énormités: Est-ce qu’un Européen vaut six cent cinquante Africain ?

  2. Jean dit :

    Les résolutions si vous êtes président dans les 24 h me semblent très légères et je ne vois pas en quoi elles contribueraient de manière prioritaire à accélérer le développement du pays…

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