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L'Edito de Guy Gweth

Chaque semaine, le président du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE) vous entraine dans les arcanes de la géoéconomie et de la géostratégie africaines.

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Business: KPMG interroge le groupe « Investir en Afrique »

La « grande migration commerciale vers l’Afrique » est bien engagée et les discussions concernant la réalité des investissements sur ce continent atteignent un point critique. L’Afrique compte 55 pays dont les réglementations, les systèmes fiscaux et les règles de concurrence sont tous différents. Tout investissement implique des aspects complexes que les entreprises doivent prendre en compte. C’est pourquoi KPMG a réuni un groupe d’experts pour le VIè épisode de sa Série de Conversations sur l’Afrique afin d’aborder les tendances et les défis les plus pertinents concernant les investissements en Afrique.

John Geel, Directeur des transactions et de la restructuration chez KPMG, a précisé que, d’un point de vue historique, les multinationales et les grandes sociétés sud-africaines ont investi en Afrique et à l’intérieur du continent. « Cependant, nous constatons aujourd’hui que les petites entreprises sont de plus en plus nombreuses à investir car les opportunités de croissance s’améliorent, tout comme les systèmes réglementaires et fiscaux. En conséquence, les entreprises cherchent désormais la bonne entité avec laquelle faire des affaires, négocier une collaboration et signer des contrats légaux. »

En plus de cet appétit croissant pour l’investissement, KPMG a également remarqué que le secteur bancaire s’est amélioré sur le continent et qu’il existe une envie continue de consolidation et d’expansion. En mai 2012, KPMG Africa a publié l’Enquête sur le Système Bancaire africain afin d’expliquer plus clairement les cadres réglementaires de ce continent. Cette enquête fournit des renseignements sur différents domaines, notamment sur les environnements commerciaux, juridiques, fiscaux et bancaires, ainsi que sur les questions de gouvernance et de déclaration. Quatorze pays ont été analysés, couvrant ainsi toutes les régions africaines. Selon Alan Field, Directeur du service fiscal et juridique, « Tout dépend du type d’investissement que vous désirez faire et de la nature du cadre législatif en place pour cet investissement dans un pays donné. Évidemment, les banques doivent analyser ces aspects étant donné qu’elles souhaitent profiter d’un environnement stable pour récolter les bénéfices de leur investissement ; en conséquence, alors que certains pays africains offrent des opportunités d’investissement intéressantes, d’autres sont toujours complexes. »

En Afrique, les récentes tendances à la surbancarisation ont donné naissance à des défis d’ordre réglementaire, mais les solutions fleurissent. Pour Heloise Smith, Vice-présidente directrice du développement commercial chez Standard Bank, les entreprises et les banques doivent encore gérer les risques d’investissement avec précaution. « Les banques et les entreprises commencent à mieux comprendre ce continent. Toutefois, il existe toujours un compromis entre le risque et le rendement de l’investissement. Les banques doivent encore trouver des méthodes pour atténuer ces risques. »

 En dépit de la crise financière de 2008, les capitaux d’investissement sont désormais plus nombreux en Afrique. Comme le souligne Alan Field de KPMG, « les capitaux d’investissement représentent un concept relativement nouveau en Afrique, qui a commencé à prendre de l’ampleur, et certains investisseurs sont très intéressés par ces opportunités. Cependant, même avec cette sensibilisation accrue, les règles et réglementations de capitalisation applicables à l’extraction des fonds font toujours défaut. C’est un territoire inexploré à ce stade, mais il se développe. Dans l’avenir, les investisseurs se feront concurrence pour profiter des opportunités en Afrique. »

 La Chine, qui est désormais le principal partenaire commercial de l’Afrique, investit très lourdement. Les participants du groupe de discussion conviennent que l’engagement de la Chine envers l’Afrique profite de plus en plus aux Africains. La Chine représente un partenaire important pour le développement de l’infrastructure, qui est à l’origine de la croissance économique. Selon Habil Olaka, Directeur général de l’Association des Banquiers du Kenya, « contrairement aux Chinois, la plupart des entreprises africaines dispose d’une capacité limitée pour assurer de grands projets d’infrastructure. Au Kenya, les opportunités parallèles pour les entreprises locales ont augmenté, ce qui aide les individus sur le terrain. La collaboration est un scénario gagnant à la fois pour les Africains et les Chinois. »

 Récemment, des blocs régionaux tels que la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE) se sont transformés en regroupements économiques plus solides, mais les participants du groupe de discussion pensent que, tout en réduisant les barrières commerciales et en améliorant les échanges économiques informels, les retombées sont peu nombreuses en matière d’investissements étrangers directs. Les investisseurs potentiels préfèrent s’intéresser à un pays spécifique, plutôt que de s’engager avec un bloc régional. Les entités qui investissent en Afrique peuvent profiter de pays charnières pour pénétrer dans une région, par exemple l’Afrique du Sud pour la région sud-africaine.

Selon un autre participant du groupe de discussion, Carel Smit, Directeur de l’énergie et des ressources naturelles chez KPMG Africa : « Les investisseurs veulent une meilleure prévisibilité et l’Afrique doit fournir les cadres nécessaires. L’Afrique est un continent qui regorge de ressources naturelles. Tant que le monde s’intéressera à ces ressources, l’économie africaine se portera bien. La population mondiale augmente rapidement et a besoin de ressources. Un monde avide de ressources ne peut pas ignorer l’Afrique. »

(Avec KPMG)

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