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L'Edito de Guy Gweth

Chaque semaine, le président du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE) vous entraine dans les arcanes de la géoéconomie et de la géostratégie africaines.

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Communication stratégique, enjeu de défense nationale

fritz-jules-ebelle-eboumbouFragiliser l’adversaire avant de l’inviter à négocier est une vieille tactique de guerre qui marche encore. Les diplomates le savent très bien: il est plus aisé de fixer les conditions de paix lorsque les vaincus n’ont d’autres choix que la reddition. L’héritage des guerres passées à la société de l’information actuelle est visible dans la déstabilisation des dirigeants africains (par campagnes de désinformation ou rapports d’enquêtes… publiés à l’approche de grands rendez-vous internationaux). Pour contribuer à faire de la communication stratégique un enjeu de défense nationale dans ces pays, j’ai invité le chef de la cellule de communication au cabinet du Premier Ministre du Cameroun, Fritz-Jules Ebellé Eboumbou, journaliste principal. Fondateur en 1995 de l’Association Nationale des Professionnels de la Communication Institutionnelle (ANAPROCI), c’est un expert aguerri qui nous fait l’honneur de répondre à quelques questions. Une exclusivité.

Guy Gweth: en Afrique, le personnel politique, les acteurs de la société civile et même les opérateurs économiques montrent encore une certaine timidité à communiquer dans la blogosphère. Pourquoi le chef de la cellule de communication au cabinet du Premier Ministre du Cameroun a-t-il accepté mon invitation?

Fritz-Jules Ebellé Eboumbou: en vous remerciant sincèrement pour votre aimable invitation de m’exprimer à travers votre blog, il m’est agréable de vous faire savoir qu’un communicateur parvenu à mon niveau ne peut que se réjouir de l’opportunité ainsi offerte d’exposer ses attentes, préoccupations et convictions (apc).

Le Cameroun (comme plusieurs pays africains) est périodiquement l’objet d’attaques par l’information de la part d’acteurs extérieurs, actes hostiles souvent bien relayés par la presse nationale. Sans entrer dans le fond, comment jugez-vous les réponses apportées par les autorités nationales à ce type d’assauts?

L’héritage du parti unique dans le comportement et les attitudes de nos dirigeants n’est pas à minimiser. Dans ce contexte, vous ne l’ignorez pas, le secret était élevé à la dignité de culte. Faire savoir ce que l’on fait n’était pas une préoccupation. Les messages des pouvoirs publics allaient vers les administrés à sens unique. Sans que les réactions des concernés soient un souci majeur. Du jour au lendemain, sans préavis, le mur de Berlin tombe et on se réveille dans un monde nouveau avec de nouvelles exigences de gouvernance pour lesquelles on était peu préparé. Et même si en général, les accusations dont ils sont l’objet ne sont pas toujours fondées, nos gouvernants restent embrigadés par les vieux réflexes qui sont insuffisamment adaptés aux nouvelles réalités de l’heure. On assiste alors à une communication de type défensive bien peu percutante au regard des résultats généralement en deçà des attentes de nos pouvoirs publics.

Quelles sont à votre avis, les raisons qui font que de nombreux États au sud du Sahara n’ont toujours pas inscrit la communication stratégique comme enjeu de défense nationale alors que les dégâts sont terribles pour l’image et l’économie de ces pays?

Il convient de considérer chaque cas dans son contexte, d’éviter les généralisations abusives. Si vous examinez les textes réglementaires vous serez surpris des dispositions envisagées. Le sempiternel problème réside au niveau de l’application effective des textes en question. Au Cameroun que je connais bien, l’arsenal juridique dans le domaine de la communication est très pertinent. Des mesures sont arrêtées au niveau de la Présidence de la République. Chaque département ministériel dispose d’une Cellule de Communication. Les Services du Premier Ministre ne sont pas en reste. Mais comment coordonner tout cela? Comment en faire un instrument véritablement dédié à la valorisation de l’image de marque des institutions nationales tant sur le plan interne qu’externe? La prise de conscience est bien réelle. C’est la mise en œuvre effective des préoccupations des pouvoirs publics qui demeure problématique.

Au cabinet du Premier Ministre du Cameroun, vous travaillez depuis une dizaine d’années sur un concept de laboratoire d’idées dont le leitmotiv est: « les batailles se gagnent ou se perdent ou sur le terrain de la communication. » Quels en sont les axes stratégiques?

Nous travaillons à restaurer la confiance entre le corps des journalistes toutes tendances confondues avec les pouvoirs publics, nous visons à restaurer des liens de partenariat entre nos pouvoirs publics et la presse internationale, nous nous attelons à faire adopter une communication de proximité en direction de nos partenaires stratégiques. Nous entendons amener nos pouvoirs publics à s’approprier les concepts modernes de l’intelligence stratégique pour améliorer leur positionnement sur la scène internationale. En janvier 2010, nous serons outillés pour mesurer les résultats obtenus dans ces différents chantiers… ./.

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