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L'Edito de Guy Gweth

Chaque semaine, le président du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE) vous entraine dans les arcanes de la géoéconomie et de la géostratégie africaines.

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La crise économique mondiale dope le business en Afrique

Pourquoi la crise économique mondiale présente de belles opportunités d’affaires en Afrique ? Parce que les grands pays émergents cherchent à investir là où les coûts de production et salariaux sont plus bas. Vice-président Afrique de la Banque mondiale, Makhtar Diop décrypte cette nouvelle donne et dévoile l’artillerie des analystes de Bretton Woods pour accompagner ce mouvement.

Makhtar Diop a beau se définir comme « un afro-optimiste », il ne nie pas l’impact de la crise mondiale sur l’Afrique. Le nouveau vice-président Afrique de la Banque mondiale identifie plusieurs canaux de transmission de la crise. D’abord, l’évolution de la demande européenne va affecter « de manière significative » des pays exportateurs de produits manufacturiers. Car si l’Afrique n’exporte que 10 % de produits manufacturiers, un tiers de ces 10 % va vers l’Europe. Par ailleurs, les envois de fonds des migrants seront touchés, malgré leur bonne résistance actuelle. « Toute évolution du marché du travail dans les pays européens aura des conséquences sur les revenus des migrants et donc sur les transferts de fonds », prédit Makhtar Diop. La Banque mondiale travaille sur plusieurs scénarios. Une sortie de la Grèce de la zone euro et une réduction de croissance en Europe chiffrée à 8,5 % auraient un impact sur l’Afrique de 3,7 %. Autre scénario : une réduction de croissance de 3,4 % de la zone euro aurait un impact de 2,4 % sur l’Afrique. Le continent pourrait aussi souffrir du ralentissement chinois, via la demande de matières premières.

Les difficultés actuelles de la Chine, du Brésil ou de l’Inde, nouveaux partenaires de l’Afrique, risquent-elles pour autant de tirer le continent vers le bas ? Makhtar Diop voit au contraire « des opportunités » dans la crise : « Les Chinois ont confiance dans le marché africain. » Le ralentissement des grands émergents conduit le secteur privé de ces pays « à investir là où les coûts de production sont plus bas », estime-t-il. « Il y a tout un mouvement de déplacement des activités à haute intensité de travail vers l’Afrique, observe-t-il. En Ethiopie, des investisseurs chinois investissent dans ce qu’ils qualifient de « light manufacturing ». Le Nigeria, lui, cherche, avec l’appui de la Banque mondiale, à attirer certains investisseurs chinois dans l’électronique. » Le responsable de la Banque mondiale établit un parallèle avec le chemin qu’a suivi la Corée. L’Afrique pourrait prendre la place de la Chine ou de la Turquie, ces pays se lançant dans des activités plus sophistiquées et laissant à l’Afrique leurs anciennes activités dans le textile ou l’assemblage.

La situation actuelle comporte toutefois un risque lié aux découvertes de matières premières qui se multiplient, au Mozambique, en Tanzanie, en Ouganda ou au Kenya. « Il faut tirer les leçons du passé », insiste Makhtar Diop. Il propose un soutien de la Banque mondiale aux pays africains qui négocient des contrats de matières premières avec les multinationales, en mettant ses ressources à leur disposition puis en formant des avocats locaux. « Imaginez une multinationale qui débarque en Tanzanie avec des avocats parmi les mieux payés au monde et qui ont l’habitude de négocier les contrats les plus sophistiqués, dit-il, et, en face, il y a les fonctionnaires du ministère des Mines du pays. Les capacités de négociation sont tout à fait différentes ! » Il entend s’inspirer des règles existantes pour les diamants. « S’ils ont été extraits par des mercenaires, ils sont identifiés comme tels sur le marché international et donc difficiles à vendre. » Il faut faire de même pour les autres matières premières extraites dans des conditions non durables et non équitables. « Car il y a encore des entreprises qui veulent continuer à faire les choses comme avant, à corrompre, à faire de l’argent rapidement, à investir sans se préoccuper de l’environnement, à faire les choses à l’ancienne. Il faut inciter ces entreprises à changer leurs pratiques. »

(Avec Marie-Christine CORBIER)

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