Formation Intelligence Economique et Due Diligence L’aversion au risque ou l’étrange darwinisme des marchés africains Innovation : KCG creuse le sillon de la due diligence foncière en Afrique Africa Diligence crée FCV, le Fichier des Clients Voyous

L'Edito de Guy Gweth

Chaque semaine, le président du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE) vous entraine dans les arcanes de la géoéconomie et de la géostratégie africaines.

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L’Afrique perd des milliards faute de business

Intelligence économique 123 | Avec plus de 300 millions de consommateurs appartenant à la classe moyenne, les dirigeants africains semblent déterminés, depuis le sommet d'Addis Abeba en janvier 2012, à renforcer le commerce entre leur pays.

Tournés vers l’extérieur, «les pays africains commercent peu entre eux.» Un rapport de la Banque mondiale liste les multiples entraves tarifaires, techniques, logistiques, administratives, politiques et juridiques qui brident les échanges du continent. Une perte de revenus potentiels évaluée à plusieurs milliards de dollars, par an, qui interpelle les décideurs. La clé est bien plus près qu’on imagine…

En Afrique australe, les analystes de la Banque mondiale chiffrent à 3,3 milliards le manque à gagner pour la Communauté de développement, qui regroupe quinze pays de la région (SADC), dont l’Afrique du Sud, l’Angola ou la République du Congo, ce qui représente le cinquième du total des exportations de la région.

Pourtant, une diversification et une augmentation des échanges permettraient de réduire la dépendance du continent aux exportations de matières premières – minerais, énergie et agricoles – tout en contribuant à la sécurité alimentaire et à la réduction de la pauvreté. La Banque mondiale souligne «l’épaisseur des frontières», plus importante en Afrique que dans les autres régions du monde. Les pays africains accusent un net retard dans les infrastructures, la logistique, les douanes, les procédures d’importation et d’exportation. En témoigne le coût des échanges transfrontaliers, plus du double qu’en Asie de l’Est ou entre les pays de l’OCDE.

À titre d’exemple, le rapport mentionne la faiblesse des échanges entre Kinshasa et Brazzaville, deux capitales séparées par le fleuve Congo sans pont pour les relier et pourtant troisième agglomération du continent. Seulement 1,12% de toutes les importations déclarées en République du Congo proviennent du pays frontalier, la République démocratique du Congo (RDC). Le trafic de passagers est cinq fois plus faible que celui qui était enregistré entre Berlin-Est et Berlin-Ouest en 1988, juste avant la chute du Mur. En cause, explique la Banque mondiale, un coût pour la traversée du fleuve de l’ordre de 40 dollars, soit de 40 à 80% du revenu mensuel des résidents.

Autre exemple, la chaîne de supermarchés sud-africaine Shoprite dépense 20.000 dollars par semaine en permis d’importation juste pour distribuer ses produits en Zambie. C’est aussi l’anecdote d’une commerçante qui achète ses œufs au Rwanda et doit en donner un à chaque fonctionnaire lorsqu’elle rentre au Congo. «Certains jours, je donne jusqu’à 30 œufs», raconte-t-elle sur une vidéo.

«Les entraves au commerce sont énormes et affectent de manière disproportionnée par les petits commerçants, dont la plupart sont les femmes. Il revient aux dirigeants africains de joindre l’acte à la parole », enjoint la vice-présidente de la Banque mondiale pour l’Afrique, Obiageli Ezekwesili. C’est-à-dire d’harmoniser les politiques et de mobiliser les investissements pour doper les marchés régionaux.

AD (avec Anne Cheyvialle)

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