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L'Edito de Guy Gweth

Chaque semaine, le président du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE) vous entraine dans les arcanes de la géoéconomie et de la géostratégie africaines.

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Le Ghana ou le rêve africain des Américains

Du 10 au 11 juillet 2009, Barack Obama sera au Ghana pour sa 1ère visite officielle en Afrique noire en qualité de président des Etats-Unis, 17 mois après son prédécesseur Georges W. Bush. Les analystes sont unanimes: Accra est la fenêtre idoine pour dévoiler la feuille de route de la nouvelle politique africaine de Washington; et Obama, le VRP idéal pour attirer les opérateurs internationaux désireux d’investir en Afrique. Le Ghana est en effet le rêve africain des investisseurs étrangers : système sociopolitique stable et démocratique, appareils administratif et judiciaire fiables, fiscalité attractive, sous-sol riche en or et pétrole, main d’œuvre qualifiée et bon marché [ … ]

L’idée que Barack Obama n’aurait de toute façon réservé sa première visite en Afrique qu’à un pays anglo-saxon ne suffit pas à justifier le choix du nouveau président des Etats-Unis. Il n’irait certes pas risquer son aura dans une «démocratie d’Afrique francophone », mais ça aurait pu être le Nigéria ou l’Afrique du Sud. Non seulement Accra jouit d’une solide relation avec Washington depuis 1957, date de son indépendance, mais le Ghana est la première destination des Américains en quête de  racines africaines. La figure emblématique du panafricaniste Nkrumah dont les Etats-Unis d’Afrique furent le crédo d’une vie est vénérée chez les Africains-Américains. D’après une estimation d’Abou Bakr Moreau, professeur d’études américaines à Dakar, « le Ghana est le pays d’Afrique au Sud du Sahara qui accueille le plus de visiteurs noirs américains, devant l’Afrique du Sud et le Kenya. Un grand nombre de Noirs Américains ont, en effet, choisi de s’y installer au point qu’il y existe une communauté noire américaine bien intégrée, qui s’y sent parfaitement chez elle aujourd’hui. » Et les Américains ne sont pas seuls à faire le déplacement de la Côte d’Or.*

Lors de mon pèlerinage à Accra en juillet 2008, j’ai été émerveillé par l’extraordinaire identité de ce pays. Les Ghanéens sont aussi ouvertement religieux que l’Etat est laïc. Un taxi sur deux porte une croix, un chapelet, ou un verset coranique. La devise des Etats-Unis « In God we trust » est la plus prisée. Pendant mon séjour, les immenses portraits du candidat à la présidentiel, Akufo-Ado, du Nouveau parti patriotique (NPP) au pouvoir, laissent croire qu’il va succéder au président John Kufuor. Avec la bénédiction de ce dernier dont la résidence officielle est en plein centre ville, un seul vigile à l’entrée (!) La victoire d’Atta-Mills du Congrès national démocratique (NDC) en a surpris plus d’un par son éclat, la maturité de l’électorat et le fair-play du candidat du pouvoir. Le Ghana est aussi un des rares pays africains à célébrer officiellement les Pères fondateurs de l’Etat. Que ce soit les billets de banque, les statuts, le mausolée de Kwamé Nkrumah ou les programmes de l’University of Ghana dont Kofi Annan est le chancelier depuis le 11 août 2008… tout concourt à fortifier la nation. Un vouloir-vivre-ensemble relayé à l’extérieur par le ministère du tourisme et des relations avec la Diaspora.

Accompagnée par le très influent Corporate Council on Africa (CAA)[1] la première visite du président Obama au Ghana sera l’occasion de mettre en avant la démocratie ghanéenne tout en renforçant la diplomatie (économique et culturelle) des Etats-Unis en Afrique subsaharienne.

Guy Gweth


*Référence à « Gold Coast », nom du Ghana à l’époque coloniale. Il fut abandonné le 6 mars 1957, jour de l’indépendance du pays.

[1] Fondé en 1993, le Corporate Council on Africa a été institué pour faciliter les relations commerciales entre les  Etats-Unis et l’Afrique. Il conseille la Maison-Blanche et travaille exclusivement avec les gouvernements, les multinationales et les groupes d’opérateurs économiques en vue d’améliorer le climat des affaires et promouvoir l’image de l’Afrique auprès d’investisseurs américains. Le Board du CCA est notamment composé des représentants de  Boeing, Chevron, Exxon Mobil, General Electric,  Johnson & Johnson Corp, Merck, Motorola, Oracle, Standard Bank Group, World Coca Cola Foundation… Etc.

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