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L'Edito de Guy Gweth

Chaque semaine, le président du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE) vous entraine dans les arcanes de la géoéconomie et de la géostratégie africaines.

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Le Niger tente de séduire les investisseurs institutionnels à Paris

[Africa Diligence] L’histoire que raconte la délégation nigérienne conduite par le Président Mahamadou Issoufou à Paris les 13 et 14 novembre 2012 tient en deux points. Niamey met en avant les gisements miniers et pétroliers découverts récemment et table sur le rééquilibrage des partenariats signés avec certains groupes pour faire décoller son économie. Un vrai numéro de séduction à destination des investisseurs institutionnels.

Tout le Niger a les yeux rivés vers Paris du 13 et 14 novembre 2012. C’est en France que le président de cet Etat d’Afrique de l’ouest, Mahamadou Issoufou, qui est accompagné de plusieurs de ses ministres, tente de convaincre lors d’une conférence sur le développement du Niger la communauté économique internationale (Banque mondiale, FMI, Nations Unies…) d’investir dans le renouveau de ce pays, aujourd’hui l’un des plus pauvres de la planète. Il est classé par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) au 186e rang sur 187 pays. Mais le Niger, qui a retrouvé une certaine stabilité politique, pourrait décoller sur le plan économique grâce à ses récentes découvertes de nouveaux gisements miniers et pétroliers.

Des richesses naturelles qui vont permettre au Niger de prendre le virage d’un développement économique maîtrisé grâce au lancement de son Plan de développement économique et social (PDES) 2012-2015, adopté le 1er août en conseil des ministres, que le président nigérien présente à Paris pour convaincre les institutions internationales. Ces deux jours vont servir à « exposer l’ensemble des stratégies que nous envisageons, l’ensemble des priorités que nous pensons essentielles pour développer le pays et ce plan se traduira par un certain nombre d’actions prioritaires, qui permettront de financer ces objectifs identifiés dans le cadre de cette réflexion stratégique ». Les investissements du PDES sont estimés à environ 8,2 milliards d’euros, financés pour partie le Niger, qui a décidé d’accroître la pression fiscale à 18 % en 2015 (contre 13 %-14 % actuellement), et pour partie par les institutions internationales.

« Fédérer la vision que le Niger a de son développement »

« Le PDES est un plan extrêmement ambitieux, explique à « La Tribune » le ministre d’Etat en charge du Plan et de l’Aménagement du territoire, Amadou Cisé. Il marque une rupture par rapport au passé du Niger, qui avait rompu avec une politique programmatique depuis près de deux décennies ». D’où la volonté du président « de reprendre un exercice de planification » avec la mise en place d’un ministère du Plan. « Ce ministère doit prendre en charge l’ensemble des questions économiques et de développement du pays afin de permettre d’avoir une cohérence d’ensemble », que ce soit dans le cadre du PDES qu’avec les partenariats avec les groupes internationaux, explique le ministre. « Ce plan a été conçu comme un recueil de stratégies et d’actions opérationnelles autour desquelles nous voulons fédérer la vision que le pays a de son développement, de ses priorités économiques tout en recueillant l’adhésion de nos partenaires. C’est un plan qui s’inscrit dans un consensus national », précise-t-il.

Le PDES a été construit sur une croissance moyenne de 8 % sur la période 2012-2015. Deux autres scénarios ont été envisagés : une faible croissance qui ne dépasserait pas 6,2 % en moyenne en raison d’une sécheresse plus élevée que prévue ; une forte croissance de plus de 9,7 % en moyenne. Selon Amadou Cissé, « la croissance a déjà été importante en 2011, de l’ordre de 11 % et nous pensons qu’en 2012, elle va tourner autour de 11 % ». Le scénario de forte croissance semble se profiler… Un décollage soutenu par celui du secteur minier sur la période du plan, dont les prévisions de croissance sont évaluées à 20 % par an (contre moins de 10 % ces dernières années). Ainsi, précise le ministre, « l’exploitation uranifère va doubler avec la mise en place du chantier d’Imouaren, qui va produire 5.000 tonnes d’uranium par an ». La production devrait être lancée en 2014. « Il y a également ici et là des petites productions d’une centaine de kilos » confiées à des partenaires chinois.

Le Niger veut devenir exportateur de pétrole en 2014

Depuis peu, le Niger est un producteur de pétrole. Le gouvernement a inauguré en novembre 2011 la raffinerie de Zinder dans le sud du pays, proche de la frontière avec le Nigéria. « L’idée est d’accroître l’exploitation pétrolière », confirme le ministre. Et d’affirmer que « nous voulons passer d’une exploitation, qui permette de couvrir les besoins intérieurs, soit autour de 20.000 barils/jour à très rapidement, avec la construction d’un pipeline entre le Niger et le Cameroun, via le Tchad, une production autour de 80.000 à 100.000 barils/jour d’ici à 2014 pour pouvoir exporter du pétrole brut ». Le Niger vise l’exportation de brut dans la sous-région. La consommation du Niger s’élève à 7 000 b/j,

Outre l’exploitation du pétrole par le chinois China National Petroleum Company (CNPC), qui détient 60 % de la raffinerie de Zinder aux côtés de l’Etat nigérien, dans le bassin d’Agadem, le Niger compte beaucoup sur de nouveaux gisements pour quintupler sa production. « Ils seront mis en production » prochainement grâce aux efforts de « recherche tous azimuts » lancés par le gouvernement. « Nous avons délivré beaucoup de permis de recherche en espérant augmenter la production dans les années à venir », précise Amadou Cissé : « les perspectives sont réellement très prometteuses. Nous savons que le Niger dispose déjà de réserves qui dépassent certainement le milliard de barils ». Et d’assurer que CNPC a « découvert de nouveaux gisements » dans le cadre des permis d’exploration attribués par le Niger. Le groupe chinois a déjà programmé de mises en production de sorte que le pétrole brut soit exploité à partir de 2014, c’est certain ». C’est dans ce cadre que le Niger a entamé des discussions avec le Tchad et le Cameroun pour faire transiter son pétrole.

Révision du code minier

Le Niger est en train de revoir toute sa fiscalité, à travers une révision du code minier. C’est qu’explique Amadou Cissé:  « nous avons deux préoccupations fondamentales. Premièrement le Niger doit vraiment affirmer sa souveraineté sur ses ressources pour faire en sorte qu’il tire le meilleur parti de cette exploitation et le faire en tout transparence. Nous le faisons en mettant en place des partenariats gagnant-gagnant avec l’ensemble des groupes pétroliers et miniers. C’est pour cela que nous allons faire évoluer nos relations avec ces groupes de sorte que nous puissions progressivement parvenir à une maîtrise effective des conditions d’exploitation de nos ressources. Deuxièmement, nous devons créer les conditions d’attractivité pour ces groupes afin qu’ils se sentent parfaitement à l’aise, comme une fiscalité attrayante et des conditions d’installation facilitées ». Dans la ligne de mire du Niger, Areva. « Nous voulons revoir les conditions de l’exploitation » de l’uranium par le groupe français « en vue de rééquilibrer notre partenariat », martèle-t-il.

Des ressources naturelles pour développer le Niger

Le Niger compte s’appuyer sur ces ressources naturelles pour prendre son essor économique et social. « Le plan a été conçu pour faire en sorte que le Niger puisse, en tant que pays naturellement doté de ressources naturelles importantes, parvenir à exploiter au maximum son potentiel minier et pétrolier et à générer des richesses de la manière la plus optimale possible, explique Amadou Cissé. Ces ressources doivent bénéficier à l’intérêt général, et donc à la plus grande partie de la population nigérienne ». Et le Niger compte s’approprier de plus en plus son développement. « Le plan devrait amener le Niger à pouvoir bénéficier du maximum de ses ressources pour progressivement s’autonomiser par rapport à son développement », souligne le ministre d’Etat. Notamment « le Niger doit prendre en charge le fonctionnement et le financement de son développement ». Pour autant, rappelle-t-il, le Niger a « besoin de partenaires » pour la première étape de son développement.

Dans le cadre du PDES, le Niger veut également développer tout un tissu de PME industrielles, « un secteur inexistant », concède Amadou Cissé. « Au-delà de l’uranium et du pétrole, il y a beaucoup d’autres ressources qui peuvent être exploitées : le fer, le phosphate, l’or et un peu de manganèse. Par exemple avec la silice, on peut créer de petites industries de verrerie. Ce sont autant d’éléments qui permettent de redynamiser le tissu industriel et en même temps de créer des pôles d’emplois », explique-t-il. Avec cet axe économique, le Niger compte résorber « le chômage des jeunes, en particulier celui des jeunes diplômés, qui est extrêmement important comme partout en Afrique », souligne Amadou Cissé. « C’est pour cela que le plan a été conçu. C’est un plan de développement durable et inclusif. Il doit générer le maximum d’emplois à travers les investissements ».

(Avec Michel Cabirol)

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