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L'Edito de Guy Gweth

Chaque semaine, le président du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE) vous entraine dans les arcanes de la géoéconomie et de la géostratégie africaines.

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Le PIB par habitant toujours sous la barre de 1% en Afrique

Le PIB par habitant toujours sous la barre de 1% en Afrique

[Africa Diligence] Dans son dernier rapport sur les perspectives économiques mondiales, publié lundi 24 juillet, le FMI prévoit une légère hausse de la croissance mondiale en 2017 et 2018. De 3,1% en 2016, le taux de croissance devrait atteindre 3,5% en 2017 et 3,6% en 2018. L’institution souligne que les taux n’ont pas encore retrouvé leur niveau d’avant crise, notamment pour les pays émergents exportateurs de matières premières.

Les économies émergentes et en développement devraient connaître un rebond d’activité. La croissance, qui s’est établie à 4,3% en 2016, devrait grimper à 4,6% en 2017, soit 0,1% de plus que les prévisions d’avril du FMI, et 4,8% en 2018. Ce rebond est en partie dû à l’amélioration des conditions économiques des grands pays exportateurs de matières premières qui avaient connu des récessions en 2015-2016.

Prévisions contrastées

Le FMI prévoit un ralentissement de la croissance en Afrique du nord, qui reflète la récente baisse des cours du pétrole. La croissance moyenne dans la zone Afrique du Nord, Moyen Orient, Afghanistan et Pakistan est estimée à 5% en 2016 et projetée à 2,6% en 2017 et 3,3% en 2018. « La récente baisse des cours du pétrole, si elle se poursuit, pourrait peser davantage sur les perspectives des pays exportateurs de pétrole de la zone », souligne le rapport.

En Afrique subsaharienne, les prévisions du FMI sont contrastées. L’institution prévoit une hausse de la croissance, de 1,3% en 2016 à 2,7% en 2017 et 3,5% en 2018. Cependant, en moyenne, la croissance du PIB par habitant « devrait à peine dépasser zéro », et « restera en territoire négatif pour près d’un tiers des pays de la zone », à cause d’une croissance de la population élevée, estime le FMI.

Optimisme des marchés

Les perspectives de croissance de la zone pour 2017 ont été légèrement revues à la hausse depuis avril dernier, pour refléter la timide embellie de la situation économique en Afrique du sud, tirée par d’excellentes récoltes agricoles dues à une bonne pluviométrie et par l’augmentation de la production minière due à un rebond modéré du prix des matières premières. Toutefois, note le rapport, « les perspectives pour l’Afrique du Sud restent incertaines, avec un risque politique élevé et une faible confiance des marchés comme des consommateurs. »

Le rapport souligne un certain optimisme des marchés au sujet des perspectives des économies émergentes, à l’exception des pays exportateurs de pétrole, touchés par la baisse des cours du pétrole depuis mars. Ainsi, entre mars et juin, l’institution de Bretton Woods a constaté une faible variation des taux de change des monnaies des économies émergentes et une certaine résilience des flux de capitaux vers ces marchés.

Risques liés à la Chine et aux États-Unis

Attention, cependant aux risques qui pourraient changer la donne, met en garde le FMI. « L’incertitude politique prolongée ou d’autres chocs pourraient déclencher une correction dans les valorisations des marchés développés », s’inquiète le rapport. Cette correction, qui se traduirait par une baisse des capitalisations boursières et une hausse de la volatilité, pourrait peser sur les pays vulnérables financièrement, comme en Afrique centrale.

Les difficultés de la Chine à assainir son secteur financier et à réduire la bulle du crédit pourrait, selon le FMI, conduire à une chute de la croissance du pays. Une chute qui entraînerait un ralentissement des échanges avec ses partenaires commerciaux, notamment en Afrique.

L’objectif global pour ces économies devrait être de renforcer leur résilience face à d’éventuels chocs futurs.

Une normalisation trop précoce de la politique monétaire américaine pourrait également réduire la liquidité des marchés et provoquer un tarissement, voire une inversion, des flux de capitaux à destination des marchés émergents.

Le FMI encourage donc les économies émergentes à poursuivre leurs efforts pour accélérer le développement de leur secteur privé, améliorer la soutenabilité de leur dette publique et réduire les déséquilibres de leur compte courant. Et de conclure : « L’objectif global pour ces économies devrait être de renforcer leur résilience face à d’éventuels chocs futurs, en renforçant leur système fiscal et leurs réserves de devise pendant que la croissance est forte. »

  La Rédaction (avec Charles Bouessel du Bourg)

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