Innovation : KCG creuse le sillon de la due diligence foncière en Afrique Le Renseignement criminel au profit de l’économie africaine Africa Diligence crée FCV, le Fichier des Clients Voyous Et ces diplômés africains qui se cassent la gueule en rentrant

L'Edito de Guy Gweth

Chaque semaine, le président du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE) vous entraine dans les arcanes de la géoéconomie et de la géostratégie africaines.

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L’économie égyptienne au bord de l’asphyxie

(Africa Diligence) Au total, les autorités égyptiennes estiment que le coût économique direct de la révolution de janvier 2011 dépasse les 7,5 milliards d’euros.

Les prix flambent et les Égyptiens se serrent la ceinture. L’an dernier, les prix ont augmenté de 4,5% en moyenne tandis que les revenus des ménages baissaient de 11,4%. Sur la viande, les produits laitiers, les pâtes, les hausses de prix ont dépassé les 10%. Et dans le même temps, le gouvernement a levé ses subventions sur l’électricité et le gaz, au risque de provoquer une explosion sociale. Un habitant sur cinq vit en effet encore sous le seuil de pauvreté, avec moins de 2 dollars par jour.

L’économie égyptienne est comme un organisme vidé de son sang. Avec un taux de croissance de 2,2% en 2011-2012, contre 5,1 % en 2009-2010, le produit intérieur brut (PIB) est en berne. L’inflation, qui tournait autour de 8,7% l’an dernier, risque de passer à 13%. Le déficit de la balance des paiements ne cesse de se creuser. Il est passé de 9,8 milliards de dollars en 2010-2011 à 11,3 milliards en 2011-2012. Et les réserves de change de la banque centrale fondent comme neige au soleil. Elles ont plongé de 65% entre décembre 2010 et mars 2013 et ne représentent même plus trois mois d’importations.

Du coup, la dette extérieure de l’Égypte a explosé à 38,8 milliards de dollars fin 2012, reconnaît la banque centrale, répartie à 81,6% pour l’État, 13,4% pour la Banque nationale d’investissement et 5% pour les organismes publics. Et la monnaie s’est effondrée. La livre égyptienne, qui arrivait à limiter sa dépréciation à 5,1% par rapport au dollar début 2011 et à 2,4% par rapport à l’euro, a perdu 11% de sa valeur vis-à-vis du billet vert entre décembre 2012 et avril 2013.

Tourisme en berne

Le gouvernement tente régulièrement de tendre la main aux hommes d’affaires égyptiens qui ont quitté le pays après la chute de Moubarak, mais ils ne reviennent pas. Quant aux étrangers, ils fuient le pays. Leurs investissements sont brutalement tombés à 1,8 milliard de dollars en 2012, contre une moyenne de 5 milliards dans les années 2000 et des pics à plus de 10 milliards en 2006 et 2007.

De même, le tourisme n’est plus que l’ombre de lui-même. Si l’Égypte a encore réussi à attirer 11 millions de visiteurs l’an dernier, contre 15 millions en 2010, cette activité a chuté de 70% à Louxor et dans les grands sites historiques comme Le Caire et Assouan. Or, ce secteur représente 11,3% du PIB et fait vivre directement pas moins de 3 millions de personnes.

 Au total, les autorités égyptiennes estiment que le coût économique direct de la révolution de janvier 2011 dépasse les 7,5 milliards d’euros, alors même que le chômage explose dans le pays. Son taux officiel n’est que de 12% sur une population de 85 millions de personnes, dont 25% chez les jeunes. En réalité, les chiffres seraient supérieurs à 18%, dont 46,4% dans la tranche des 20-24 ans.

Aujourd’hui, le pays ne vit plus que sur l’aide internationale. Le Fonds monétaire international (FMI) lui a promis 4,8 milliards de dollars, mais les discussions buttent toujours sur la capacité des autorités à mener les réformes que l’institution lui réclame. En mai dernier, l’agence Standard & Poor’s a déclassé le pays dans la catégorie spéculative. L’Europe a également volé à son secours en lui allouant 6,5 milliards d’aides pour la période 2012-2013. Mais elle vient de se faire épingler par la Cour des comptes de Luxembourg, qui juge qu’une fois l’argent versé «il n’existe aucun moyen de vérifier que l’aide atteint les bénéficiaires recherchés».

 Aussi, ce sont le Qatar et la Libye qui viennent à la rescousse, le premier à hauteur de 3 milliards de dollars et le second pour 2 milliards. Mais il est vrai que l’Égypte doit plus de 5 milliards de dollars aux compagnies pétrolières.

Arnaud RODIER

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