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L'Edito de Guy Gweth

Chaque semaine, le président du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE) vous entraine dans les arcanes de la géoéconomie et de la géostratégie africaines.

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L’intelligence économique africaine dans les murmures du silence

Si les décideurs en avaient pris la mesure, l’intelligence économique (IE) se passerait volontiers de grand-messes et de publicité. Car c’est dans l’ombre et le secret, qu’en toute éthique et légalité, elle aide le plus efficacement à renseigner les dirigeants sur les menaces et opportunités qui travaillent la compétitivité actuelle et future des sociétés. Alors qu’elle trace sa voie, l’IE africaine peut-elle parler sans faire de bruit ?

Avec la publication du Référentiel Africain de Veille et d’Intelligence Economique (RAVIE), l’IE africaine franchit une étape capitale dans l’expression de son identité, sa structuration et son affirmation. A ce stade, le devoir impérieux d’être soi-même ne vient pas – comme aurait écrit Marie Curie – du fait que les autres sont déjà pris, mais d’une sagesse africaine millénaire qui prévient qu’un singe qui en imite un autre l’emporte difficilement, voire jamais, au concours de la grimace. Ce postulat a forcé le Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE) à se doter d’une définition de l’IE, bien à lui, qui trônera dans le référentiel annoncé.

 Une définition propre de l’IE

Vue du CAVIE, l’intelligence économique est d’abord un état d’esprit, c’est ensuite une volonté politique, c’est enfin un dispositif qui animent un processus légal, rapide, continu et sécurisé de collecte, de traitement, d’analyse et de transmission de renseignements utiles à la compétitivité des acteurs économiques. L’IE est vitale pour l’Afrique parce qu’elle permet une double attitude : défensive et offensive tout à la fois. Offensive pour aller à la conquête des marchés extérieurs ; défensive pour surveiller et assurer efficacement la protection de l’image du continent, de ses entreprises, de ses territoires, de ses ressources naturelles, et de son patrimoine informationnel face aux concurrents (Etats, sociétés, ONG, individus…). Ces derniers peuvent apparaître tour à tour neutres, amis, ennemis, et inversement. De tels enjeux appellent des formations qui répondent précisément à des besoins locaux.

Des formations ratione loci

En tant qu’acteurs de la compétition, certains professionnels et amateurs étrangers de l’intelligence économique surfent déjà sur le marché africain qu’ils connaissent généralement peu (au mieux) et mal (au pire), transmettant un savoir-faire technologique totalement inadapté à un contexte encore marqué du sceau du renseignement humain. A titre d’illustration : un acteur africain peut collecter au moins 60% d’informations sur une entreprise européenne ou américaine sans quitter son bureau, et même davantage si elle est cotée en Bourse. A contrario, lorsqu’une entreprise africaine a un site internet, ce pourcentage est au mieux de 5-7%. Il absolument descendre sur le terrain, ce qui mobilise des connaissances éprouvées.

Des usines à produire des connaissances

 Les ouvrages d’IE disponibles, même tropicalisés, parlent encore trop souvent des affrontements entre Airbus et Boeing… ou entre Quick et Mc Donald… Des sujets aériens pour les étudiants africains qui, une fois sur le terrain, doivent faire face à des missions de type : détection de connivence entre trois entreprises créées par un même groupe de personnes, sur des territoires différents, pour répondre aux mêmes appels d’offres… Ici aussi, à travers la production de connaissances contextuelles, s’impose le devoir parler sans faire trop de bruits aux oreilles des concurrents, le développement de l’Afrique n’étant pas du goût de tous les étrangers et Africains…

Une clé de développement

L’Afrique est déjà l’eldorado des investisseurs mafieux et des mafieux investisseurs. L’actualité de la grande corruption, de la fuite des capitaux et du trafic de substances illicites, avec des complicités locales aux ramifications internationales, montre qu’ils profitent des failles ouvertes et laissées béantes par le recul de l’Etat de droit, une justice à vitesses multiples et une de gouvernance en matériaux provisoires. En permettant de se renseigner en amont, l’intelligence économique aide, d’une part, à aseptiser et à filtrer les partenaires économiques de l’Afrique en fonction des besoins actuels et futurs du continent ; et, d’autre part, à sanctuariser les marchés domestiques face aux prédateurs. Mais les gouvernants africains peuvent-ils soutenir le silence continu, informatif et sans concession, qu’exige un tel exercice ?

Téléchargez le RAVIE ICI

 Guy Gweth