Formation Intelligence Economique et Due Diligence L’aversion au risque ou l’étrange darwinisme des marchés africains Innovation : KCG creuse le sillon de la due diligence foncière en Afrique Africa Diligence crée FCV, le Fichier des Clients Voyous

L'Edito de Guy Gweth

Chaque semaine, le président du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE) vous entraine dans les arcanes de la géoéconomie et de la géostratégie africaines.

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Pourquoi les élites africaines se battent entre-elles

La conférence ci-après a été  donnée par le  professeur Mamadou Koulibaly, président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, à l’occasion de la rentrée solennelle de l’Académie des Sciences, des Arts, des Cultures d’Afrique et des Diasporas africaines le 11/12/ 2009.

«Il n’y a de paix qu’entre esprit et esprit.»

Alain. In « Mars ou la guerre jugée » Gallimard

L’encyclopédie universelle Larousse 2009 définit ainsi la paix : « Etat de concorde, d’accord entre les citoyens, les groupes sociaux, absence de luttes sociales ou de troubles sociaux » qui rendent une société apte à sortir de l’état de guerre et de querelles.

L’Economie, quant à elle, est la science de l’action humaine qui emploie le calcul ou peut l’employer si certaines conditions sont remplies. Interrogeons-nous alors sur la place de l’économie dans la construction et le maintien de la paix.

L’action humaine conduit à la paix. Alors question : Comment l’économie peut-elle construire la paix ? C’est la première question que nous nous poserons, puis, nous nous interrogerons sur le rôle de la paix en tant que fondement de l’économie. Après avoir analysé cette interdépendance entre économie et paix, nous tenterons de définir le contexte économique le mieux adapté à l’instauration d’un climat de paix durable.

LA PAIX PAR L’ECONOMIE

La science de l’économie, comme défini précédemment, fonde la paix sur trois piliers fondamentaux : la propriété, la liberté et l’échange.

Les droits de la propriété plurielle sont des relations qui se tissent entre humains dans le but de désigner qui est propriétaire d’un bien et qui ne l’est pas. Ce sont des relations conventionnelles qui donnent au propriétaire le privilège de l’usus, de l’abusus et du fructus. Lorsque ces droits sont précis et clairs, le propriétaire jouit des avantages liés à son bien, tout en en assumant les responsabilités.

La liberté et l’échange permettent d’entrer en inter-relation avec les autres. La relation d’échange libre est la relation sociale de base. C’est par l’échange de nos propriétés respectives de biens et services que s’établit l’interaction sociale que l’on appelle la Société. L’histoire nous enseigne que les interactions ont très souvent reposé sur l’agression hostile. Ainsi, l’économie de l’échange libre, fondement de la paix, est l’aboutissement d’un long processus ponctué d’hostilité et de troc pour aboutir enfin à l’échange monétaire. Il n’y a pas de monnaie sans confiance.

Cette méthode de l’économie qui analyse la paix de cette façon est fondée sur l’individualisme méthodologique et elle décrit la coopération sociale de deux façons : la coopération par le contrat et la coordination qui passe par le marché libre et la coopération par l’hégémonie qui passe par la subordination et le commandement.

La coopération et le contrat conduisent à des relations symétriques qui sont plus souvent justes tandis que l’hégémonie conduit à des relations asymétriques très souvent source d’injustices. Mais il faut retenir que dans une société contractuelle les individus échangent des biens et des services en quantités et qualités bien définies. Dans une société hégémonique, les individus ne reçoivent ni ne fournissent rien de bien défini. Ils rendent au système des services indéterminés et reçoivent en retour ce que le dirigeant est disposé à leur assigner. L’individu dans ce type de système est à la merci du dirigeant. Dans la philosophie politique, les deux espèces de coopération sociale sont communes à toutes les théories. Pour certaines, le parallèle est établi entre nations guerrières et nations mercantiles. Pour d’autres, le contraste est présenté entre nations combatives et nations paisibles ; entre sociétés individualistes et sociétés collectivistes ; entre sociétés de héros et celles de colporteurs ; entre bourgeoisie et prolétariat, etc.

Dans les relations entre les hommes, la pérennité repose sur la paix et la justice dans le règlement amiable des conflits. En cas de conflits violents, la collaboration cesse, l’échange libre et le lien social aussi. L’économie de guerre prend alors le dessus avec ses contrebandiers et ses trafiquants de toutes sortes. Les droits et les libertés individuelles sont alors systématiquement violés.

Les partis politiques fondent leur utopie sur la paix et la justice. Parfois, lorsque l’utopie proposée ne paraît pas évidente pour tous les individus, les partis procèdent alors par pacification, c’est-à-dire par l’assujettissement forcé de tous ceux qui ne sont pas disposés à céder sans résistance. L’économie de l’esclavage, celles de la colonisation et des indépendances sont de cette nature.

L’ordre contractuel de la société qui stabilise la paix est l’état de droit qui consacre la suprématie du droit. Cet état de droit délimite le cadre dans lequel les individus sont libres d’agir. L’Etat n’intervient alors que par subsidiarité au-delà des limites des contrats inter individuels.

Ainsi, l’économie construit la paix par des individus libres, la propriété plurielle et le libre échange de leurs biens et leurs services dans le respect du droit et de la justice.

La paix est donc fonction du type de modèle économique appliqué. Les sociétés respectant l’individualité de l’homme et sa liberté sont passées de l’Etat autoritaire à l’Etat contractuel et démocratique. C’est l’Etat moderne dans lequel la paix est plus accessible et pérenne. La liberté, la propriété plurielle et de l’échange libre sont les vrais fondements de la paix. Notre analyse soutient que tout autre modèle conduit les sociétés aux conflits, aux crises, à la pauvreté et à la misère.

LA PAIX POUR L’ECONOMIE

« Nous nous pressons de reprendre le fil de notre vie au point même où nous l’avions laissé, avec cette seule différence que beaucoup d’entre nous semblent bien plus riches qu’auparavant. Là, où avant la guerre nous dépensions des millions, nous avons appris maintenant à dépenser des centaines de millions sans souffrance apparente.» John Maynard KEYNES, Les conséquences économiques de la paix (1919)

Les élites africaines se battent entre elles pour contrôler les Etats et les ressources naturelles des pays. C’est une vieille tradition d’absence de paix qui marque l’histoire de l’Afrique. L’économie centralisée est durement convoitée par les élites et leurs partis et ce combat est permanent et destructeur car sans foi ni lois. Ces querelles intestines placent les Etats dans une instabilité chronique qui les rend vulnérables face à tout autre Etat prédateur.

Si l’on analyse les grandes ruptures de paix dans les pays d’Afrique, le bilan s’établit comme suit : sur cinquante trois pays qui constituent le continent, de 1960 à 2008, quarante sept ont vécu un ou plusieurs moments de rupture brutale de la paix. Le tableau suivant nous illustre cela.

Tableau 1 : les ruptures brutales de paix en Afrique (1960-2008)

Coups d’Etat Guerres Civiles ou Tribales Rébellions ou Conflits armés
Afrique Francophone 45 8 4
Afrique Anglophone 19 6 11
Afrique Lusophone Hispanique, Arabe et Autres 10 3 3
TOTAL 74 17 18

On constate que les Etats francophones sont plus affectés par les changements de régimes politiques qui utilisent la force et les violations des libertés individuelles comme mode d’accès au pouvoir. Quarante cinq coups d’Etat sur soixante quatorze ont eu lieu en cinquante ans d’indépendance. Et nous ne comptons pas les longs règnes de partis uniques comme des coups d’Etat permanents.

Les pays anglophones quant à eux, sont caractérisés par une prédominance des rebellions et des conflits armés. (11/18).

Les principales causes des ruptures de paix en Afrique peuvent s’expliquer par plusieurs facteurs. Sont de ceux là, le traumatisme de la colonisation et de la décolonisation avec l’exploitation politique des différences tribales. On retient aussi les ingérences politiques internationales, militaires ou humanitaires ; le poids exorbitant de l’armée dans les Etats africains ; les ressources naturelles que les Etats africains se sont appropriées de façon monopolistique ; les conceptions traditionnelles et tropicalisées de l’Etat et de la République ; le protectionnisme des zones d’influence des anciennes puissances coloniales et la médiocrité des élites qui refusent de sortir des sociétés magiques et obscurantistes.

Toutes ces causes conduisent à la violation des droits de la propriété des africains, à la négation de leurs libertés individuelles et à l’absence de libre échange qui sont pourtant les trois piliers de la paix, comme nous l’avons déjà souligné. Le continent africain attend encore « les Lumières« .

Nous pouvons comparer les pays africains par groupe selon le type de rupture de la paix. A l’instar du critère linguistique, les variables économiques montrent aussi la concentration des coups d’Etat dans la zone d’utilisation du franc CFA. Les pays membres de cette zone ont connu 17 coups d’Etat sur les 45 en Uemoa et 11 sur 45 en Afrique centrale […]

Les élites africaines, installées dans les carcans des sociétés tropicalisées, traditionnelles et encore fermées aux Lumières se battent en permanence pour le pouvoir d’Etat. Cette rupture chronique avec la paix affaiblit les Etats comme le met en évidence l’indice de défaillance des Etats (Failed State Index), calculé et publié par la revue « Foreign Policy », en collaboration avec l’organisation à but non lucratif « Fund for Peace », toutes deux basées à Washington DC.

L’indice de défaillance des Etats, depuis ces dix dernières années, est calculé à partir de 12 indicateurs sociaux, politiques, économiques, sécuritaires et militaires. Avec ces indicateurs, chaque pays reçoit un score allant de 0 pour les Etats stables et en paix, jusqu’à 10 pour les Etats instables et défaillants. L’indice est obtenu par l’addition des différents scores. Il permet ainsi de ranger les pays sur une échelle de 0 à 120.

Les pays stables bénéficiant d’une situation de paix durable ont un indice de moins de 29,9.

Les pays situés entre 30 et 59,9 bénéficient d’une stabilité et d’une paix modérées. Ils ont une situation dite sous contrôle.

Les pays en situation inquiétante et faisant l’objet d’avertissement ont des indices compris entre 60 et 89,9.

Enfin, les pays en alerte ont un indice situé entre 90 et 120. L’Etat y est pratiquement inexistant. Voir: http://www.foreignpolicy.com/articles/2009/06/22/the_2009_failed_states_index.

Sur la base de ces éléments, l’indice de 2009 permet de classer 177 Etats du monde, des plus risqués aux moins risqués. On y découvre que 60 Etats sur 177 sont défaillants. Parmi ces 60 Etats, 30 sont ceux de pays africains, en majorité francophones (14/30) soit (47%), là où les anglophones ne sont que (9/30), soit 30% et les autres (7/30), soit (23%).

Les pays africains bénéficiant d’Etats plus stables sont le Ghana 124ième, le Botswana 116ième, l’Afrique du Sud 122ième et la Namibie 96ième.

Pour mémoire retenons que la Norvège est 177ième du classement tandis que la Somalie est le premier des Etats défaillants. Le Zimbabwe est 2ième, le Soudan 3ième, la RDC 5ième, la Guinée Conakry 9ième et la Côte d’Ivoire est classée 11ième, le Niger 23ième, le Burkina 35ième et le Sénégal 102ième.

L’analyse ne peut qu’accabler les élites africaines, incapables de construire des Etats stables et modernes. Ce sont donc elles qui briment les libertés individuelles, la propriété et le libre échange sur le continent. Il en résulte un état avancé de pauvreté, d’injustices chroniques et de guerres. Au lieu de la paix nous cultivons les germes des conflits.

Au sein de l’UEMOA, quatre pays sur huit (4/8) sont dans la zone d’alerte (Côte d’Ivoire, Niger, Burkina et la Guinée Bissau) tandis que les quatre autres sont dans la zone d’avertissement (Sénégal, Mali, Togo et le Bénin). Dans ces pays de l’UEMOA, les analystes de l’indice attribuent la défaillance des Etats au fait que la population augmente vite dans une dynamique économique lente et inégalitaire. Ils précisent aussi que dans ces pays, l’Etat est le premier des criminels avec ses services publics et ses infrastructures dégradés. Ces Etats sont aussi affaiblis par l’influence de divers types d’ingérences étrangères intempestives.

Au sein de la CEMAC, quatre pays sur six sont dans la zone d’alerte rouge. Il s’agit du Tchad (4ième), de la RCA (8ième), du Cameroun (26ième) et du Congo (30ième). Le Gabon et la Guinée Equatoriale sont dans la zone d’avertissement. Ici aussi, en plus des variables explicatives habituelles, il y a les conséquences de mouvements massifs de réfugiés qui s’ajoutent aux effets pervers des appareils sécuritaires des Etats eux-mêmes.

En définitive, les Etats, bien qu’incapables de répondre aux attentes des populations continuent à étendre leur hégémonie. Leur défaillance n’empêche pas les élites de demander des reformes en faveur du renforcement de l’économie administrée par leur bons soins. Ainsi, la suprématie des Etats évince les populations de la propriété plurielle et concentre les pouvoirs dans les mains de quelques uns, situation qui ravive les convoitises, les tensions et les conflits.

Pour illustrer cette hégémonie des Etats africains, utilisons les indices de liberté économique publiés chaque année par le « Wall Street Journal » et la « Héritage Foundation »(http://www.heritage.org/index).

Cet indice utilise dix indicateurs qui mesurent aussi bien la liberté d’échange et la situation des droits de propriété que celles de la corruption, de la liberté d’embauche et de licenciement. La taille de l’Etat, les facilités monétaires et financières, la fiscalité incitative et les opportunités d’investissement sont aussi prises en compte. L’indice calculé sur ces variables permet de classer les économies des plus libres (les premiers) aux plus réprimées (179ième).

Les scores varient de 0 à 100 selon les catégories suivantes de pays :

(0 – 49,9)               →              Les économies sont réprimées.

(50 – 59,9)               →              Les économies ne sont pas libres.

(60 – 69,9)               →              Les économies sont modérément libres.

(70 – 79,9)               →              Les économies sont plutôt Libres.

(80 – 100)              →              Les libertés économiques sont respectées.

En 2009, Hong Kong est première avec indice de 90. Les Etats-Unis sont 6ème là où la France est classée 64ème avec un indice de 63,3.

L’Afrique du Sud est 61ème tandis que le Burkina est 85ème et la Côte d’Ivoire est 119ème sur 177.

Par groupe de pays nous avons les résultats suivants :

Tableau 2 : Comparaison des groupes de pays en fonction de la situation moyenne des principaux indices de liberté économique en 2009

Ensemble Liberté de faire des affaires Liberté de commerce Facilités fiscales Taille de L’Etat Liberté monétaire Facilités d’investissement Libertés Financières Droit de la Propriété plurielle Facilités de Corruption Liberté sur le marché du travail
Magrébins 54,8 59,2 71,5 80,2 66,9 71,9 44,4 36,7 32,2 31,8 53,6
Francophones 51,9 46,6 60,7 68,6 78,0 75,9 40,5 39,5 31,4 26,8 50,9
Anglophones 55,0 56,4 65,4 74,2 70,2 68,0 44,7 46,7 33,7 30,5 60,7
Lusophones 51,4 48,9 72,7 81,4 69,3 68,9 35,0 45,0 25,0 25,0 42,3
UEMOA 53,7 44,1 70,0 68,6 80,3 80,4 40,0 43,8 31,3 26,4 52,4
CEMAC 50,1 45,0 56,1 63,8 87,9 76,4 36,7 38,3 25,0 22,5 49,1
Côte d’IvoirePnb=31,2 milliards de US $ et 19 millions d’hab 55,0 45,8 70,4 58,1 87,6 79,1 40,0 60,0 30,0 21,9 57,8
Hong Kong Pnb=267, 8 milliards US $.6,8millions d’hab 92,7 95,0 93,4 93,1 86,2 90,0 90,0 90,0 83,0 86,3
France Pnb=2000 milliards de US ; 61,4 millions d’hab 87,4 80,8 50,9 14,5 71,7 60,0 70,0 70,0 73,0 54,5

D’évidence, les économies africaines ne sont pas libres. Les anglophones sont relativement mieux placés que les francophones.

Il est important de souligner que le manque de liberté pour ces économies se manifeste par un indice accablant du droit de propriété oscillant entre (25,5 et 30,5). Le constat est identique pour la corruption. La répression financière, quant à elle, dans un semblant de liberté monétaire, étouffe le cadre des affaires et de l’emploi.

Si l’on rapproche les données ci dessus concernant les conflits à celles concernant les libertés économiques, on constate une corrélation entre le manque de liberté et l’importance des conflits. La paix et la justice ne peuvent donc s’obtenir sans contexte de liberté pour les populations, sans propriété privée et sans libre échange.

L’ECONOMIE DE LA PAIX

Comme le montre notre exposé, la paix et l’économie se supportent mutuellement. Mais, au commencement ce sont les libertés économiques qui, par la reconnaissance des droits de la propriété et du libre échange créent les conditions d’une interaction sociale paisible et juste. Cette vie sociale, à son tour, stimule les libertés politiques et les stabilisent pour en faire le socle de la pérennité de la paix. Les libertés économiques et politiques construisent la paix des nations.

Comparés aux coups d’Etat et aux rebellions, le droit de vote, le multipartisme, les élections libres et transparentes sont de biens meilleurs moyens d’accession et de départ du pouvoir. Cependant, un bulletin de vote ne peut à lui seul garantir la paix. Les populations qui votent ne choisissent pas seulement un homme dont le portrait est exhibé sur des « tee-shirts » gracieusement distribués. Elles votent essentiellement pour des programmes conduisant à la liberté d’accès à la propriété, assortie des garanties juridiques nécessaires à sa protection. Le respect et la promotion des libertés individuelles sont également au centre de l’intérêt des populations lors des échéances électorales. La liberté de vendre sa propriété et sa récolte celle de se déplacer pour aller s’installer ailleurs, de changer d’emploi ou de s’installer à son propre compte, de déplacer des marchandises pour les vendre là où elles rapporteraient plus, comptent plus, qu’un simple bulletin de vote.

Les pays les plus libres économiquement produisent plus facilement la croissance et la prospérité que les pays qui limitent les libertés économiques. Cette relation est d’ailleurs indépendante du degré de liberté politique. Les pays ont tendance à devenir démocratique lorsque les libertés économiques lèvent les barrières qui s’opposent à la prospérité et à l’enrichissement des populations.

Les effets de la liberté politique sur les performances des économies sont faibles. En effet, les résultats économiques sous les régimes totalitaires peuvent être plus variables et plus instables que ceux obtenus dans les démocraties libérales. Cependant, en moyenne, l’écart au niveau des progrès économiques n’est pas fondamentalement différent entre les régimes totalitaires et ceux démocratiques.

Par contre lorsque les libertés économiques sont promues les populations deviennent des propriétaires d’une part plus importante du patrimoine national au dépens des Etats. Avec des marchés ouverts et libres, des facilités de création et de disparition des entreprises, la libre mobilité des travailleurs, des investisseurs et des hommes d’affaires qui vont à la recherche de meilleurs employeurs, de meilleurs fournisseurs et de bons clients, la société bouge et exprime une demande plus saine de libertés politiques. Ces libertés politiques conduisent à limiter le rôle de l’Etat à sa mission de service public.

Les populations accèdent ainsi, plus facilement, à l’école et à l’éducation, s’ouvrent sur les expériences étrangères, élargissent leur champs d’analyse, comprennent mieux le sens de la démocratie et organisent leurs idées et actions pour protéger et défendre leurs intérêts économiques contre tout genre de prédateurs. Ainsi, les libertés économiques conduisent plus vite à la paix que les libertés politiques. Nous savons certes que les régimes politiques et les modes de scrutins comptent dans la stabilité des démocraties mais le résultat est lent et incertain.

Par contre, la propriété plurielle des moyens de production et le libre échange conduisent rapidement à la croissance économique. Cette évolution stimule et encourage les transitions politiques à aller à la démocratie de façon stable.

Une paix durable s’installe alors plus facilement. Tels sont aujourd’hui les enseignements de l’économie sur la compréhension de la paix.

La paix est le résultat d’échanges entre personnes libres. « Pour faire la paix, comme le dit Aristide Briand, il faut être deux : soi même et le voisin d’en face ».

Lorsqu’une économie encourage l’ordre marchand de l’échange libre dans un Etat de droit, la violence et la coercition cèdent la place à la paix. Les libertés et les échanges sont les ferments qui assurent que l’Etat de droit conduira à la paix.

Si l’Etat s’approprie le patrimoine des populations, il y a spoliation de la propriété et la tentation devient alors grande pour toutes les bandes organisées, armées ou pas, de faire mains basses sur ce patrimoine et profiter des revenus qu’il va générer. Les rentes attisent les convoitises et, en l’absence de libre échange, elles entraînent des conflits armés et compromettent la paix. Toute expropriation des populations conduit à la guerre civile sur fond d’ethnicisme et de tribalisme. Les chercheurs de rentes sont dangereux pour la paix.

Toute politique protectionniste génère des crises potentielles entre Etats alors que le libre échange est le terreau de la paix internationale. Les Etats claustrés dans des législations protégeant leurs marchés des risques du libre échange affaiblissent leurs populations et deviennent des proies faciles. Ce sont des peuples libres et non des Etats prédateurs qui peuvent redessiner l’avenir de la paix sur le continent africain.

Au lendemain des processus de sortie de crise en Afrique, les intellectuels oublient de prendre leur place. Ils se détournent, avec leur foi humaine et leur clairvoyance impitoyable, de leur devoir de rappeler à tous, les règles d’équité et de sagesse dont le mépris livre les hommes au règne de la force brutale et de la ruse sournoise, c’est-à-dire à la fatalité de la guerre.

Les politiques économiques autoritaires, restrictives, autarciques et planifiées ont montré leurs limites. La voie de la paix en Afrique passera inexorablement par l’économie de marché.

Seules des politiques économiques audacieuses et ouvertes sortiront le continent du carcan qui l’enserre dans la pauvreté et les conflits qui s’ensuivent.

L’économie de la liberté est la voie de la démocratie sur laquelle repose la paix. Comme le dit W. Shakespeare, dans la tragédie de Cymbeline : «La paix et l’abondance engendrent les lâches ; la nécessité fut toujours mère de l’audace.» Pour vivre en paix nous devons être libres. Et pour être libre il n’y a que l’audace pour nous guider.

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