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L'Edito de Guy Gweth

Chaque semaine, le président du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE) vous entraine dans les arcanes de la géoéconomie et de la géostratégie africaines.

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Les entreprises allemandes ont leur plan pour l’Afrique

Les entreprises allemandes ont leur plan pour l’Afrique

[Africa Diligence] Plus de 400 sociétés, sur le millier que compte l’Allemagne en Afrique, et des personnalités politiques de haut rang, ont assisté au 2ème Sommet économique germano-africain de Nairobi.  Mais la corruption, l’instabilité politique et la bureaucratie excessive continuent de décourager les Allemands, malgré l’effet de mode.

Pas moins de trois ministères allemands étaient représentés à la conférence présidée par le président kényan Uhuru Kenyatta. Aux côtés de ses collègues de l’Économie et des Finances, le ministre de la Coopération et du Développement Gerd Müller est arrivé dans la capitale kényane avec un but précis : exposer aux partenaires africains son « plan Marshall avec l’Afrique ». Un plan qui vise à endiguer l’émigration des jeunes Africains vers l’Europe, tout en créant des opportunités de business pour les entreprises allemandes en Afrique.

Combattre la pauvreté en Afrique est non seulement une obligation morale pour des pays bien portants comme l’Allemagne, mais c’est aussi conforme à leur propre intérêt. Selon Gerd Müller, c’est un « pacte d’avenir » que propose l’Allemagne avec ce Plan Marshall – un plan « avec » l’Afrique et non « pour » l’Afrique, a-t-il tenu à souligner.

« Je mise sur des coopérations basées sur des valeurs. Mais nous avons aussi un intérêt mutuel. L’Allemagne et l’Europe ont intérêt à assurer la survie d’êtres humains, à limiter le changement climatique, à empêcher les vagues de migration et à façonner l’avenir de la jeunesse africaine. »

Le plan de 33 pages prévoit des partenariats dans des domaines tels que l’éducation, le commerce et l’énergie, un meilleur accès au marché pour les exportations africaines, la lutte contre l’évasion fiscale des multinationales, mais aussi l’arrêt des flux financiers illégaux en provenance d’Afrique – une fuite qui aurait coûté l’an dernier plus de 47 milliards d’euros selon une estimation de l’ONU.

Autre volet, non négligeable, le rôle du secteur privé dans le développement de l’Afrique. Selon le ministre allemand, l’aide au développement doit servir de catalyseur pour attirer les investisseurs privés. Des garanties supplémentaires sur les crédits d’exportation sont envisagées pour inciter les entreprises allemandes à investir en Afrique.

Les entreprises allemandes attendent davantage

Selon les chiffres du ministère allemand de la Coopération, seul un millier d’entreprises allemandes sont actuellement actives en Afrique. Un tiers des investissements vont en Afrique du Sud. Et l’Afrique représente seulement 2 à 3% des exportations allemandes. La corruption, l’instabilité politique, la bureaucratie excessives… sont généralement citées comme obstacles par les investisseurs, malgré l’aide des cabinets de conseil en intelligence économique et due diligence tels que Knowdys Consulting Group.

Aux yeux de Cristoph Kannengießer, président de l’Afrika-Verein, une association qui représente environ 600 entreprises allemandes actives en Afrique, ce sont les Chinois et les Indiens qui profitent des marchés africains pour l’instant. Ici, la construction de la ligne de train qui doit relier Mombasa à Nairobi. Montant total des travaux : 14 milliards d’euros. Or jusqu’ici, elles sont plutôt frileuses à se lancer sur le marché africain. Parmi les principales raisons invoquées par les patrons allemands, l’instabilité et la corruption.

Elvira Schmieg, de l’Institut de recherche en Sciences politiques SWP, rappelle quant à elle, que l’Allemagne vit de ses petites et moyennes entreprises. Il est extrêmement important pour elles que les pays dans lesquels elles investissent soient stables et disciplinés en matière de délais de paiement. Pour une PME, c’est un énorme problème si tous ces facteurs ne sont pas réunis. Alors qu’une multinationale, qui investit quelque part dans l’exploitation minière, peut survivre un ou deux ans, même si les conditions ne sont pas remplies.

L’Allemagne veut donc sécuriser ses entreprises en contribuant au développement des pays africains. La méthode privilégiée est le renforcement des partenariats économiques, qui ont l’avantage de profiter aux entreprises allemandes. Le « plan Marshall » du ministre Müller prévoit des instruments pour encourager les investissements allemands en Afrique, mais cela ne va pas assez loin selon Elvira Schmieg : « Si on discute par exemple, dans le cadre du Plan Marshall, d’allègements fiscaux ou de garanties de crédit, cela peut être un peu utile. Mais à long terme, c’est l’évolution des conditions globales en Afrique qui joue un rôle central. Avec nos instruments d’encouragement, nous ne pouvons y contribuer que de façon très limitée. »

(Avec DW, SWP, et Knowdys Database)

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