Le journal Der Spiegel vient de publier une enquête mentionnant de nombreux cas d’intrusions et de surveillance informatiques, notamment à l’étranger, menés par le BND, les services secrets allemands.

La Chine n’est pas le seul Etat à être pointé du doigt pour des affaires d’espionnage informatique. Le site d’information allemand, Der Spiegel, rapporte ainsi que les services secrets (BND) de son pays seraient impliqués dans plusieurs cas de piratages informatiques au cours des deux dernières années.

Selon le quotidien en ligne, le BND aurait accédé à distance à des disques durs et installé des chevaux de Troie – des keyloggers plus précisément (enregistreurs de frappes clavier) – afin de dérober des données. Les services secrets allemands se seraient introduits dans plus de 2 500 systèmes informatiques, notamment à l’étranger. Der Spiegel cite par exemple l’ordinateur d’un scientifique pakistanais travaillant dans le nucléaire, Abdul Qadir Khan, mais aussi le réseau informatique d’Irak ou encore celui d’une association allemande présente en Afghanistan.

La police souhaite opérer de la surveillance informatique

Ce n’est pas la première fois que la presse allemande se fait l’écho d’affaires d’espionnage impliquant le BND. En avril 2008 déjà, un article relatait l’interception d’emails échangés entre des journalistes de Der Spiegel et le ministre afghan du commerce, Amin Farhang.

Dans cette affaire, les services de renseignements avaient installé un cheval de Troie sur l’ordinateur du ministre. Ce programme avait notamment permis de recueillir ses identifiants à son compte de messagerie Yahoo et ainsi de consulter ses emails.

Le cas Magic Lantern aux Etats-Unis

En Allemagne, l’interception des échanges électroniques ne concerne pas uniquement le BND. Le ministère de l’Intérieur travaille ainsi à un projet de loi visant à doter les services de police des moyens et des droits les autorisant à effectuer de la surveillance et des perquisitions informatiques. L’installation de chevaux de Troie est une des pistes étudiées.

Nos voisins d’outre-Rhin ne sont cependant pas les seuls à envisager cette évolution. Des projets analogues destinés à répondre aux mutations de la criminalité sont également étudiés en France et au Royaume-Uni. Aux Etats-Unis, le FBI a reconnu depuis désormais dix ans avoir utilisé un programme espion : Magic Lantern.

Christophe Auffray

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrer votre commentaire!
Veuillez entrer votre nom ici