Le rapport « confidentiel » déposé sur la table du Conseil de Sécurité des Nations Unies le 7 mars 2012 confirme les conclusions des enquêteurs privés : depuis la chute de Kaddafi, le pays est devenu l’eldorado des trafiquants d’armes. Une situation préoccupante pour la sécurité du pays et celle des voisins. Les trafiquants arrosent jusqu’au Mali, au Niger, au Nigeria, au Soudan et au Tchad.

Redistribution

La Française Savannah de Tessières, spécialiste de la circulation illicite des armes légères et membre du panel d’experts des Nations unies sur la Libye, se déclare pessimiste : « Sous Kaddafi, les stocks d’armes et de munitions entreposés dans le pays étaient disproportionnés par rapport aux besoins réels de l’armée. La guerre a entrainé une redistribution totale », a-t-elle expliqué lors d’un séminaire organisé à Paris par l’institut Thomas More.

Zéro confiance

« Le pouvoir des katibas (brigades) dépend des stocks d’armes qu’elles maîtrisent. Elles n’ont pas confiance dans les institutions centrales à qui elles pourraient les remettre. » La gestion de cet arsenal n’est d’ailleurs pas sans risque pour les membres des katibas. En témoigne l’explosion accidentelle d’un dépôt d’armes proche de l’aéroport de Tripoli, le 12 septembre 2011.

Armes lourdes

Pour l’experte, ancienne consultante du think tank Small Arm Survey, le pays reste très attractif pour les trafiquants, notamment ceux exportant des armes à destination du Sahel : « Il y a toujours eu de la contrebande d’armes légères dans la bande sahélienne : AK47 et kalachnikov y circulent depuis des décennies. Ce qui a changé, ce sont les volumes mais aussi la nature de ce qui transite. Il s’agit désormais d’armes lourdes, comme des missiles sol-air portables, mais aussi de très importantes quantités de munitions qui alimentent différents groupes armés à partir de la Libye. »

AD avec (Christophe Le Bec)

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