Formation Intelligence Economique et Due Diligence L’aversion au risque ou l’étrange darwinisme des marchés africains Innovation : KCG creuse le sillon de la due diligence foncière en Afrique Africa Diligence crée FCV, le Fichier des Clients Voyous

L'Edito de Guy Gweth

Chaque semaine, le président du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE) vous entraine dans les arcanes de la géoéconomie et de la géostratégie africaines.

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L’ombre de SwissLeaks empêche le diamant de briller

L’ombre de SwissLeaks empêche le diamant de briller

[Africa Diligence] Les fichiers de la filiale suisse d’HSBC trahissent un marché du diamant couvert d’ombre, malgré les nombreux efforts de cette industrie pour polir son image en même temps que ses pierres. Avec SwissLeaks, transformateurs et acheteurs intermédiaires risquent de voir leur marge de manœuvre réduite. Ils sont déjà en peine.

 Les fichiers dérobés à HSBC Private Banking par Hervé Falciani et analysés par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ, sollicité par Le Monde, premier destinataire des fichiers) contiennent quelque 2 000 noms d’acteurs de la filière diamant. Certains d’entre eux sont déjà très controversés, et les échanges explicites avec la banque sur leur situation fiscale ne vont pas redorer leur image.

 « L’industrie du diamant a des accents de commerce antique qui la rendent susceptible d’héberger des activités de blanchiment. Secrète, clanique, elle fonctionne encore souvent sur la base d’un échange d’espèces et d’une poignée de main », écrit l’Irish Times, journal associé à l’ICIJ, dans une longue enquête sur les liens entre la banque et des personnalités controversées de l’industrie diamantaire. HSBC a depuis fermé son département spécialisé, Medis (Mediterranéen-Israël), jugeant ces clients trop risqués, rapporte Le Monde.

 Difficultés de financement

 Et la banque suisse, qui hébergeait les avoirs de ces clients douteux et s’assurait du passage des fonds par des paradis fiscaux pour brouiller les pistes, n’est pas la seule à s’éloigner de la filière diamant. Plus généralement, les banques qui finançaient traditionnellement les achats, comme ABN-Amro, se désengagent. A elle seule, la fermeture de l’Antwerp Diamond Bank est analysée comme l’un des facteurs majeurs de la baisse des prix survenue au dernier trimestre 2014.

 La hausse rapide des prix qui l’avait précédée (les diamants ont gagné 30% en 5 ans, avec un pic de volatilité en 2011) a quelque peu effrayé les banques, qui ont réduit leur exposition. Moins enclines qu’auparavant à financer les achats de pierres, elles ont provoqué une réduction du volume de crédits qui a obligé les négociants et les transformateurs à vendre des stocks pour couvrir leurs achats.

 Les acheteurs de diamants bruts, transformateurs ou intermédiaires, se plaignent désormais d’être pris en étau entre des producteurs de diamants bruts, comme De Beers et Alrosa, qui ne lâchent rien sur les prix, et un marché caractérisé à la fois par un surplus d’offre (qui ne devrait pas durer) et des difficultés de financement. Cette conjonction pesant sur leurs marges.

 Depuis, des banques du Dubaï ont commencé à prendre le relais, mais le processus de changement de banque prendra du temps, dans ce secteur très familial peu habitué à voir ses habitudes bousculées, expliquait à Reuters le directeur de Gem Diamonds Clifford Elphick lors du salon minier Indaba.

 La production de diamants se porte bien

 Dans un rapport annuel conjoint, l’Antwerp World Diamond Centre (AWDC) et Bain & Company dressent le tableau d’un marché qui a bien résisté en 2013, malgré un morne contexte économique. Et les premiers résultats des minières annoncés pour 2014 montrent qu’à leur échelon, la tendance se poursuit à la hausse, du moins en termes de bénéfices.

 Rio Tinto augmente son chiffre d’affaires « diamant » de 6%, mais double son bénéfice net (de 53 à 104 millions de dollars), tout en voyant sa production chuter de 13%. Ce, grâce à la hausse des prix de vente des diamants bruts.

 De Beers (85% AngloAmerican, 15% Botswana) fait état d’une hausse de 74% de ses bénéfices, pour une production en hausse de 5%. Un résultat dû à la fois à une augmentation des volumes et des prix, mais aussi à des coûts de production en forte baisse. La branche diamant d’AngloAmerican sort ainsi de sa position de niche pour représenter 28% de l’EBIT du groupe (5 milliards de dollars). Un an auparavant, De Beers ne représentait que 15% du résultat d’exploitation, face à un minerai de fer à 47%.

 Pour 2015, en se basant sur les prévisions de production des 54 plus grandes mines mondiales (représentant 85% de la production totale), l’analyste Paul Zimnisky prévoit une production globale de diamants de 135,5 millions de carats en 2015, contre 131,1 millions en 2014 (+ 3,4%). Alrosa, le premier producteur mondial, a déstocké en 2014 pour faire face à la crise russe, vendant 1,08 carat pour chaque carat produit, selon l’analyste Paul Zimnisky. Pour 2015, la minière russe prévoit une production de 38 millions de carats, soit environ 28% de la production mondiale.

 Le PDG de De Beers, Philippe Mellier, se félicitait récemment, lors d’une réception à Gaborone au Botswana, de la baisse des prix du pétrole, qui présentent une opportunité de croissance pour le marché du diamant aux Etats-Unis et en Inde, en raison du transfert de pouvoir d’achat des exportateurs vers les importateurs qu’elle entraîne. Philippe Mellier voit là un potentiel de hausse des prix pour 2015, sans toutefois s’avancer sur cette hausse éventuelle.

 La Rédaction (avec Myrtille Delamarche)

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