(Africa Diligence) Le Nigeria est aujourd’hui la nouvelle première puissance économique d’Afrique, selon le Bureau national de statistiques. Avec de forts taux de croissance ces dernières années, le Nigéria a su faire ses preuves et se classer ainsi devant l’Afrique du Sud. Pour les spécialistes de la due diligence et de l’intelligence économique d’Africa Diligence, le Nigéria est l’un des piliers de l’économie africaine…

L’activité nigériane restera soutenue en 2014. Malgré la montée en régime du nouveau champ pétrolier d’Usan, la production de pétrole continuera à souffrir des vols et du sabotage des installations. Ces désagréments ont obligé certaines compagnies pétrolières (ENI, Shell) à faire jouer la clause de force majeure de leurs contrats d’exportation fin 2013. La nouvelle loi sur le secteur pétrolier (Petroleum Bill) ne devrait pas être adoptée avant les prochaines élections de 2015. L’absence de cadre juridique et les incertitudes relatives à cette réforme contribueront à ralentir les investissements et le développement des hydrocarbures.

Les secteurs hors pétrole, notamment la construction et les services (télécommunications, commerce) devraient désormais tirer la croissance. L’industrie manufacturière (ciment) bénéficiera de la réalisation des projets d’infrastructure. Dans le cadre de la privatisation du secteur électrique, le démantèlement de la compagnie nationale d’électricité (PHCN), devrait être achevé en 2014. Cette réforme devrait contribuer à l’amélioration de l’approvisionnement en électricité et donc la production industrielle.

Le solde budgétaire devrait enregistrer un léger déficit en 2014. Les dépenses, notamment sociales, devraient augmenter dans la perspective des élections de 2015. Le gouvernement pourra bénéficier de recettes liées à la privatisation de PHCN et à la progression des recettes fiscales hors pétrole. Toutefois les finances publiques restent très dépendantes de recettes pétrolières (80% des recettes fiscales) qui ne devraient pas augmenter dans la mesure où ni les cours, ni la production ne devraient progresser fortement. Enfin, une nouvelle baisse des subventions sur les carburants paraît exclue un an avant l’échéance électorale.

L’excédent courant devrait continuer à s’éroder légèrement en 2014 sous l’effet de l’augmentation des importations, notamment d’équipements et de pétrole raffiné. Les exportations de pétrole brut (90% du total) seront contraintes par les problèmes structurels (vols, manque d’investissement) mais aussi par un ralentissement de la demande des Etats-Unis (37% des ventes de pétrole nigérian) compte tenu du développement de la production de pétrole non conventionnel.

La situation sécuritaire demeure tendue dans le delta du Niger. C’est la zone de production de pétrole, où les partisans du Mouvement pour l’émancipation du Delta (MEND) s’attaquent aux exploitations pétrolières. Elle s’est également nettement détériorée dans le nord avec l’intensification depuis mai 2011, des attentats perpétrés par le mouvement islamiste radical Boko Haram, et la multiplication des opérations militaires lancées par le gouvernement pour le combattre.

L’économie nigériane est donc en plein boom, portée par les hydrocarbures. Mais de fortes disparités demeurent, ce qui maintient une majorité de la population dans un état de paupérisation. Quant à l’Etat, il se veut plutôt bon gestionnaire des deniers publics. Vu la forte population et la croissance actuelle, il y de quoi être optimiste à s’implanter au Nigéria.

(Avec Coface, Banque Mondiale et RFI)

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