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L'Edito de Guy Gweth

Chaque semaine, le président du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE) vous entraine dans les arcanes de la géoéconomie et de la géostratégie africaines.

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Racha Farah, l’ex-banquière Djiboutienne qui rêve d’habiller l’Afrique émergente

Racha Farah, l’ex-banquière Djiboutienne qui rêve d’habiller l’Afrique émergente

[Africa Diligence] Racha Farah est typiquement du signe « caméléon ». Ancienne de la Bred Banque populaire, elle s’est reconvertie à la mode après un baccalauréat scientifique à Djibouti, un premier cycle universitaire au Canada, un Master à Paris II Panthéon-Assas et un 3ème cycle en relations internationales au Centre d’études diplomatiques et stratégique de Paris. Pour elle, l’Afrique émergente est bien plus qu’un effet de mode.

Racha Farah appartient à cette nouvelle génération d’Africains nés sur le continent et qui ont parcouru le monde. Fille de diplomate, elle est née à Djibouti et a passé son enfance au Japon. « J’ai, argumente-t-elle, obtenu mon bac scientifique au Lycée Français Joseph Kessel à Djibouti. J’ai poursuivi mes études universitaires au Canada à TELFER School of Management dans un milieu multiculturel où j’ai assumé plusieurs responsabilités dans le bénévolat au sein de la fédération étudiante de l’Université d’Ottawa. » Arrivée en France, elle obtient un Master en Sciences du Management et Gestion d’entreprises à l’Université Paris II Panthéon-Assas, puis un diplôme de troisième cycle en Relations internationales approfondies au Centre d’études diplomatiques et stratégiques de Paris (CEDS).

Ensuite, pendant 6 ans, Racha Farah va travailler dans le domaine de la finance internationale au sein de la BRED Banque Populaire (groupe BPCE). Mais « en parallèle, confie-t-elle, j’ai continué à élargir mes connaissances en diplomatie et affaires internationales auprès du think tank ‘Académie Diplomatique Internationale’ et en partenariat avec l’OIF. »

Après le monde de la finance et forte de mes compétences diversifiées, la jeune femme décide de se reconvertir à la mode en s’inscrivant à ESMOD Paris. Dans la foulée, elle crée une société en vue de la promotion et de la commercialisation de ses futurs produits, en tant que jeune Fashion Designer, et en collaboration avec d’autres marques. Parmi ses objectifs : habiller l’Afrique qui émerge.

C’est assurément un profil « caméléon » à la trajectoire incroyable qui a accepté de répondre à nos questions.

Africa Diligence : Croyez-vous en l’émergence économique du continent africain ?

Racha Farah : Oui, je crois en l’émergence du continent africain car il remplit toutes les conditions pour un développement harmonieux et pérenne. Une ressource humaine, jeune, et dynamique, plus de 40% de la population a moins de 20 ans. L’Afrique constitue les frontières des matières premières mondiales, des ressources pétrolières minières et surtout un potentiel agricole.

Oui, je crois en l’émergence économique de l’Afrique du fait de sa position géographique. Elle est entourée par tous les autres continents : l’Afrique de l’Ouest vers les Amériques ; l ‘Afrique de l’Est vers l’Asie et le Monde Arabe ; l’Afrique du Nord vers l’Europe, l’Afrique australe vers l’Asie. Et l’Afrique centrale représente le poumon continental de l’environnement mondial au niveau du changement climatique. L’Afrique est le continent où se jouent aujourd’hui les défis de demain.

Malgré l’ouverture de l’Afrique à l’extension, il est nécessaire et opportun de miser sur le secteur des transports. Le problème des transports maritimes, aériens et ferroviaires doit être une priorité. De même que Les grands travaux du NEPAD. Le décollage de l’Afrique se fera intra muros sur le continent et puis vers l’extérieur ou les deux concurremment. Mais le commerce inter africain est plus porteur. À cet effet le Cap, le Caire, Djibouti, Dakar doivent être reliés par voie ferroviaire pour lier définitivement le sort économique de l’Afrique.

L’Afrique est dix fois plus grande que l’Inde (33 millions de m2) avec la même population indienne. L’Afrique est donc vouée à décoller.

S’il fallait vous aider à contribuer au développement rapide de l’Afrique, quels leviers pourrait-on active ?

À mon sens et pour contribuer au développement rapide de l’Afrique, il y a quatre premiers leviers à activer : la Jeunesse, le Marché Commun africain, l’exploitation des richesses dans le souci d’un développement durable et la place de la femme.

J’insiste sur le dernier levier ci-dessus, à savoir la place de la Femme, que certains estiment comme un levier de seconde catégorie ou même un argument féministe. Je souhaite juste rappeler que la place de la Femme est essentielle pour un développement harmonieux de la société civile. Le genre doit être accepté comme une condition pour le développement de l’Économie dans le domaine de l’agriculture, de l’éducation, de la santé etc. Ne pas permettre à la Femme d’assumer sa place, c’est tout simplement se couper de la moitié de la société africaine !

Si vous vous retrouviez à la tête de votre pays, dans les 24 heures, quelles seraient vos trois premières décisions ?

L’éducation, la santé et la bonne gouvernance seront les trois premières thématiques de mes décisions.

La jeunesse, comme dit précédemment, constitue le levier essentiel pour un développement durable. Elle ne peut participer à ce développement que si les conditions de l’éducation sont remplies. Une jeunesse éduquée, instruite est la condition sine qua non d’un développement réussi. Cela va de soi que cette jeunesse doit pouvoir accéder au marché du travail sans stigmatisation ethnique et/ou religieuse pour prétendre à un poste. Seules les compétences de ces derniers seront prises en compte. Le système de favoritisme doit être banni pour qu’il y ait un renouvellement de personnes et même des idées.

Cette même jeunesse ne peut avancer que si les conditions de santé se trouvent remplies. Le système de santé doit également servir toute la population. Mettre en place un système de santé efficace et en faveur de la population est primordiale pour le développement d’un pays. C’est un devoir que les autorités en tête d’un pays doivent à leur population.

Le développement en général ne peut s’opérer qu’avec une bonne gouvernance, un respect des lois et des droits humains. La sécurité humaine quant aux besoins les plus élémentaires à savoir, l’éducation, la santé, l’habitat et la sécurité alimentaire, sont indispensables pour la bonne santé de la société civile. Cette même société civile est un levier important pour l’émergence de l’Afrique. Il va sans dire que le renforcement des Institutions, au service de la société civile est un indicateur, un curseur essentiel.

Propos recueillis par la Rédaction

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