Formation Intelligence Economique et Due Diligence L’aversion au risque ou l’étrange darwinisme des marchés africains Innovation : KCG creuse le sillon de la due diligence foncière en Afrique Africa Diligence crée FCV, le Fichier des Clients Voyous

L'Edito de Guy Gweth

Chaque semaine, le président du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE) vous entraine dans les arcanes de la géoéconomie et de la géostratégie africaines.

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Scientifiquement prouvé: la dictature nuit gravement à l’économie

« Plus un dictateur met long au pouvoir, plus l’économie du pays est affectée ». C’est la conclusion de l’historien de l’économie Jan Luiten van Zanden de l’Université d’Utrecht. Pour ses travaux, il a examiné la gestion financière de 55 dictatures et il n’y a pas de doute : avec un despote, l’économie n’a aucune chance. Sauf…

Exception

L’ancien leader libyen Kaddhafi ne manquait jamais l’occasion d’affirmer qu’il n’avait apporté que prospérité à son pays. Pour de nombreux analystes, ce cas reste une exception : un homme fort peut en effet prendre des mesures draconiennes, et exécuter avec succès ce qu’il pense être le mieux pour l’économie de son pays. Mais…

Longtemps au pouvoir

Dans les autres cas, démontre Jan Luiten van Zanden, « avec le temps qui passe, l’équilibre entre les intérêts privés et ceux du pays se distord, ce qui est néfaste pour l’économie. La qualité de la gestion diminue, le cercle autour du Grand leader se corrompt et pille les caisses de l’Etat. Et quand la situation se dégrade, on met les imprimeries de monnaie en marche, ce qui cause une inflation sans fin ».

En Afrique, écrit Van Zanden, un président met en moyenne dix ans au pouvoir. Kaddhafi a battu le record avec 42 ans en fonction, mais Robert Mugabe du Zimbabwe et le président ougandais Museveni, qui ont respectivement 32 ans et 26 ans au pouvoir, ne sont pas loin non plus. Comparez ça avec le monde occidental, où un président ou un chef du gouvernement est en moyenne trois à quatre ans au pouvoir. Ce n’est pas pour rien, le pouvoir corrompt ».

Mesures punitives

Mais un dictateur est-il seul responsable ? La pauvreté ou le malaise économique ne sont-ils pas souvent la conséquence de sanctions économiques ? « Elles contribuent certainement au déclin, assure Van Zanden. Le Zimbabwe en est un exemple. Mais des mesures punitives n’ont été appliquées que dans un nombre limité de cas. Je pense que l’on doit voir ces mesures d’un œil positif : les sanctions sont parmi les seuls moyens dont la communauté internationale fait usage pour faire pression sur une dictature ».

Coûts

D’un point de vue scientifique, un changement de régime ne peut être que positif pour l’économie d’un pays. Son impact peut même être mesuré. « Chaque année de dictature supplémentaire fait baisser la croissance de 0,10 à 0,15%. Donc si un dictateur est au pouvoir depuis 20 ans, la croissance sera de 2,5% de moins qu’un pays comparable sans dictateur. C’est un effet gigantesque. L’Afrique et le Moyen-Orient paient un prix élevé pour leurs dictateurs », conclut Van Zanten.

(Avec RNW)

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