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L'Edito de Guy Gweth

Chaque semaine, le président du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE) vous entraine dans les arcanes de la géoéconomie et de la géostratégie africaines.

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La main invisible de la piraterie maritime dans le golfe d’Aden

La main invisible de la piraterie maritime dans le golfe d’Aden

(Africa Diligence) Un rapport récent, publié par la Banque mondiale, l’ONU et Interpol, montre qu’en dix ans, les pirates somaliens sont devenus une influente corporation internationale. Mais qui se cache derrière ?

Les conclusions des experts internationaux résonnent comme un coup de tonnerre pour l’opinion publique. Dans notre esprit, les pirates somaliens sont des personnes tombées dans la misère, qui, à cause d’une guerre civile persistante et de la déliquescence de l’État, se sont emparées de vieilles kalachnikovs chinoises afin de nourrir leurs familles. Mais il est évident pour toute personne sensée que, s’il y avait un Robin des Bois dans le golfe d’Aden, cela fait longtemps qu’il aurait disparu.

 Selon les experts internationaux, au cours des sept dernières années, les pirates somaliens et leurs confrères de la corne de l’Afrique ont reçu environ 300 millions d’euros de la traite des êtres humains, du trafic d’armes et de drogues et du blanchissement de ces moyens par le biais d’investissements. D’ailleurs, plusieurs spécialistes notent que parler de sommes concrètes serait trop présomptueux.

 « Ce chiffre est une estimation. Il n’est confirmé par personne. Il est impossible de le confirmer, parce que des informations de ce genre sont filtrées par les pirates. Il est en fait difficile de les vérifier. Les armateurs dissimulent généralement le montant des rançons, parce qu’ils ne veulent pas provoquer une hausse des sommes des rançons des autres pirates », estime Iouri Soukhoroukov, président du syndicat des marins russes.

 Il s’agit de centaines de millions d’euros, de 300 millions, voire d’un milliard. Quelle que soit la somme, la part du lion revient aux véritables organisateurs qui se cachent derrière de petits groupements de pirates.

 La plus grande partie de l’argent des rançons pour les bateaux, les cargos et les otages dans les opérations de pirates ne va pas aux pirates somaliens, mais à des intermédiaires dans d’autres pays du monde. Ils paient ensuite les exécuteurs de l’opération. Mais plusieurs analystes avancent que cet argent a d’autres destinataires et d’autres objectifs. L’activité pirate serait rémunérée par d’autres fonds. En d’autres mots, cela peut être considéré comme une méthode de financement du terrorisme international. En tout cas, plusieurs chefs pirates ont des liens étroits avec les cellules locales d’Al-Qaïda et d’autres organisations djihadistes.

 Mohamed Saïd, expert de la corne de l’Afrique et du continent africain, pense que 70 % de l’argent vont à Londres. Les 30 % restant vont d’abord à Dubaï, puis en Somalie, qui reçoit seulement 10 % de la somme initiale. Ainsi, les pirates, ou les consortiums pour lesquels ils travaillent, n’ont pas de revenus énormes. Mohamed Saïd suppose que l’argent sert à des opérations bancaires, de sécurité et d’assurance en Occident.

 « Les revenus des opérations bancaires, de sécurité et d’assurance ont triplé au cours des cinq dernières années à cause de la piraterie dans la corne de l’Afrique. Ce n’est pas une coïncidence. Il y a deux ans, les pirates avaient reçu environ 4,5 milliards d’euros. Aujourd’hui, cette somme s’élève à 300 millions. Les chiffres diffèrent beaucoup et nous ignorons lequel correspond à la réalité. Nous sommes toutefois sûrs de quelque chose, c’est que les Somaliens ne reçoivent pas cet argent. Cet argent est entre les mains des criminels, mais pas de la société somalienne. »

 Cette vision permet de supposer que le golfe d’Aden est un chaînon important de la grande géopolitique et que la piraterie est une opération originale de couverture, alimentant une légende idéale pour les puissants de ce monde.

Sergei Duz

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