Vives tensions sur le marché de l’immobilier au Sénégal

Vives tensions sur le marché de l’immobilier au Sénégal

[Africa Diligence] Indicateur avancé de la croissance, le boom immobilier au Sénégal retient de plus en plus l’attention des autorités judiciaires, les responsables de la planification et des défenseurs des droits humains. Preuve de son attractivité, il attire régulièrement des missions de due diligence et d’intelligence économique.

Exaspérés par la multiplication des projets immobiliers sur leurs côtes, des collectifs de défense de l’environnement de la capitale sénégalaise dénoncent désormais l’accaparement du littoral par des intérêts privés, avec la complicité implicite des autorités. “Des fonctionnaires complices, des promoteurs immobiliers sans scrupule, certains maires et des prédateurs fonciers participent au bradage de leur foncier et de la bande du littoral”, accuse le collectif Aar Sunu Suff – Aar Sunu Littoral.

La plateforme citoyenne qui regroupe une vingtaine d’organisations de la société civile et de mouvements citoyens, est la dernière-née des mouvements de protection de l’environnement déplorant la frénésie immobilière en cours sur les côtes de Dakar.

Depuis fin mai, la politique d’octroi de titres fonciers par les autorités sénégalaises s’installe dans le débat public. La polémique enfle à la suite d’un énième projet immobilier. Stoppé depuis par la Direction de surveillance et du contrôle de l’occupation du sol, il est prévu au pied de l’historique phare des Mamelles, héritage colonial classé au patrimoine sénégalais, juché au sommet de la plus haute des deux collines volcaniques éponymes. Sur les réseaux sociaux, des internautes et des associations de défense du littoral affichent des photos et vidéos pour dénoncer les chantiers en cours sur les zones côtières et la destruction du littoral dakarois.

Du centre-ville à la pointe des Almadies, les automobilistes peuvent à peine savourer la vue sur la mer. À la place, ils ont plutôt droit à une vue hideuse sur des blocs de pierre, des immeubles, hôtels et des tonnes de gravats.”

“Ainsi, depuis des années, hôtels, cliniques privées, complexes immobiliers, villas de luxe n’ont eu de cesse de proliférer comme des champignons sur ces terres prisées des milliardaires d’ici et d’ailleurs”, ajoute le journal sénégalais, précisant que le phénomène s’étend jusqu’aux surfaces côtières de la banlieue de Dakar.

Érigé en symbole de l’accaparement du littoral, le site du phare des Mamelles a accueilli des militants de la société civile, ainsi que plusieurs personnalités de partis d’opposition. De quoi alimenter la polémique et la faire glisser sur le terrain politique. Immanquablement, le président Macky Sall est sorti de son silence en exigeant le “respect des règles de gestion foncière et la mise en œuvre d’un plan global d’aménagement durable et de valorisation du littoral”, rapporte Enquête.

La mobilisation contre la pression immobilière sur le littoral n’est pas nouvelle à Dakar. En 2014, “le mur de la honte”, sobriquet pour désigner le chantier de construction de l’ambassade de Turquie sur la corniche, a été empêché après l’intervention d’associations et de collectifs de préservation de l’environnement.

La Rédaction (avec Sidy Yansané)

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