En Algérie, le marché de l’huile d’olive cherche de vrais tuyaux

En Algérie, le marché de l’huile d’olive cherche de vrais tuyaux

[Africa Diligence] Grâce à des formations et des exercices pratiques, le Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE) a contribué à faire de l’huile d’olive tunisienne une référence mondiale. Sa voisine algérienne, quant à elle, souffre d’être vendue dans des conditions peu avantageuses. En cause : l’absence d’une diplomatie commerciale dédiée.

“Produire une huile d’olive aux normes internationales est un défi pour l’Algérie qui peut être relevé par la volonté des producteurs et oléifacteurs, mais exporter est plutôt un défi politique”, a déclaré Mendil lors d’une réunion sur la “redynamisation du processus de labellisation dans la filière oléicole”, organisée par la direction des services agricoles (DSA).

“Il ne suffit pas d’avoir un bon produit pour exporter, car le marché international répond à des considérations politiques et à une stratégie économique”, a-t-il souligné.

Selon cet ancien représentant de l’Algérie au Conseil oléicole international (COI), il faut se positionner parmi les premiers producteurs pour pouvoir pénétrer le marché international et devenir incontournable”.

Et d’ajouter “il est aussi important de choisir le marché en ciblant celui où l’Algérie a une influence et un poids tel que le marché africain”, notant que la mise sur le marché européen de l’huile algérienne vise plutôt à donner plus de visibilité à ce produit.

Pour sa part, le président du CNIF oléicole, Mhamed Belasla a relevé certaine contraintes à l’exportation de l’huile d’olive algérienne et faire face à la rude concurrence sur le marché international et pouvoir se positionner. Il s’agit d’abord de problème du coût du produit. Selon lui, l’huile d’olive vierge extra est vendue entre 2 et trois euro, soit environ 450 DA. Or, en Algérie, l’huile courante, se vend 650 DA au niveau des huileries et entre 700 et 800 DA à l’extérieur. Quant à l’huile vierge, elle est cédée contre 1000 DA le litre.

Belasla a estimé que ce problème de coût et de manque à gagner ne va pas encourager les producteurs à investir le marché extérieur. C’est l’une des préoccupations partagées par le président du Conseil interprofessionnel de wilaya de Tizi-Ouzou de la filière oléicole, Mourad Abdeli, qui a observé qu'”on ne peut pas demander aux producteurs de consentir un investissement supplémentaire afin de produire une huile d’olive aux normes, et en même temps de réduire le prix de vente”.

Pour prendre en charge cette contrainte, il a préconisé d’investir dans une autre filière, celle de l’huile d’olive biologique. “Pour être concurrentiel, il faut aller vers la certification biologique et faire appel à des organismes de certification des huiles biologiques et aussi labelliser ce produit afin de lui donner une valeur ajoutée”, a-t-il insisté.

Le directeur de wilaya des services agricoles, Makhlouf Laib, a annoncé l’organisation prochainement de regroupements d’oléifacteurs chez le lauréat du prix le Gourmet dans la catégorie “Mûr léger” au 18e concours international des huiles du monde organisé par l’Agence de valorisation des produits agricoles (APVA, Paris), Fayçal Amazit, représentant de l’huilerie moderne “Ouiza”, sise dans la commune d’Ifigha (est de la wilaya), afin de leur donner des orientation sur le processus à suivre afin de produire une huile de qualité.

La Rédaction (avec  APS)

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