La Russie prend le leadership sur le marché des armes en Afrique

La Russie prend le leadership sur le marché des armes en Afrique

[Africa Diligence] En avril 2020, Rosoboronexport, le vendeur public d’armes russe, a annoncé la signature de son premier contrat d’approvisionnement de bateaux d’assaut en Afrique subsaharienne. Captée par les radars du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique, l’information a été noyée par la Covid-19. Un signe parmi d’autres du nouveau leadership russe en Afrique.

Entre 2014-2019, Moscou a été le principal  fournisseur d’armes de l’Afrique, selon les chiffres du Stockholm International Peace Research Institute, un observatoire international du marché de l’armement. La Russie a fourni près de la moitié des équipements (49%) militaires vendus en Afrique, les Etats-Unis (14%) et la Chine (13%).

La France est le quatrième plus important fournisseur d’armes en Afrique, avec 6,1%. Les liens entre la France et ses anciennes colonies est en train de se desserrer. Ce qui a profité à la Russie.

Le volume des exportations de matériels militaires s’élevait à plus de 15,2 milliards de dollars américains (13,58 milliards d’euros), a récemment indiqué le ministre adjoint russe de la Défense, Alexander Fomin. Moscou entend continuer à développer des exportations. Au premier sommet russo-africain de Sotchi en 2019, l’armement était au centre de toutes les attentions.

L’Algérie représente le plus gros débouché de l’industrie militaire russe en Afrique : avions, chasseurs, appareils de transport, hélicoptères et sous-marins, systèmes de défense antiaérienne et antimissile sophistiqués, chars. Alger achète plus que tous les autres pays africains réunis.

Deuxième acheteur de l’armement russe en Afrique, l’Egypte a signé un accord pour la fourniture de plus de 20 avions chasseurs SU-35, d’un montant de deux milliards de dollars (1,78 milliard d’euros). 

L’Angola est le troisième gros client, suivi par le Nigeria, le Rwanda, le Mali, le Soudan… Au début des années 2000, 16 pays africains (sur 54) achetaient des armes à la Russie. Ils sont aujourd’hui 21.

Reconnues universellement, les armes russes sont de bonne qualité et moins cher, donc à la portée des bourses des pays africains. A l’inverse, les équipements américains ou européens sont onéreux pour les pays africains, d’après certains acheteurs.

Pour étendre sa suprématie, la Russie a aussi renoué avec d’anciens partenaires du temps de l’URSS, effaçant par exemple 70% de la dette de l’Angola (4,5 milliards d’euros).

La Rédaction (avec Noël Ndong)

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