Pourquoi Total veut céder des parts sur le marché du pétrole en Angola

Pourquoi Total veut céder des parts sur le marché du pétrole en Angola

[Africa Diligence] Le français Total cherche à céder des participations dans plusieurs champs pétroliers en Angola. Ce point augure d’une perspective de désinvestissements des majors pétrolières présentes dans le pays, d’après les analystes du Centre africain de veille et d’intelligence économique (CAVIE).

Le groupe pétrolier français pourrait lever jusqu’à 300 millions de dollars (256,7 millions d’euros) de la vente d’une part de 20% dans le bloc 14, qui inclut les puits de Tombua-Landana et Kuito ainsi que plusieurs puits constituant le projet BBLT, ont indiqué ces sources.

Le bloc 14, opéré par l’américain Chevron, a produit environ 40.000 barils d’équivalent pétrole par jour en 2019. Total n’a pas souhaité faire de commentaires.

La cession par Total de cette participation entre dans le cadre de sa stratégie visant à se recentrer sur les champs pétroliers et gaziers plus importants et plus rentables en Angola, a indiqué une des sources surveillées par le CAVIE.

En décembre dernier, Total et ses partenaires ont prolongé leur licence de production pour le bloc 17. La major pétrolière française et ses concurrents, comme BP, Chevron et Exxon Mobil, cherchent à céder des dizaines de milliards de dollars d’actifs pétroliers et gaziers à travers le monde dans les années à venir afin de réduire leur endettement qui a explosé avec la chute des cours du pétrole liée à la crise du coronavirus.

Ces cessions devraient concerner plusieurs participations dans des champs de pétrole et gaz en Angola, où la production est généralement plus complexe et donc plus onéreuse que dans d’autres régions, ont dit les sources.

Pour les entreprises européennes, ces désinvestissements entrent aussi dans le cadre de leur stratégie de long terme visant à développer les énergies renouvelables aux dépens des énergies fossiles et à réduire leur empreinte carbone. Contrairement à ses concurrents, Total n’a pas fourni d’objectifs précis en matière de désinvestissements.

Les analystes de HSBC estiment toutefois que le groupe français devra vendre l’équivalent d’une production d’environ 200.000 barils par jour dans les dix ans afin d’atteindre son objectif de maintenir un niveau de production inchangé jusqu’en 2025, une analyse corroborée par les experts du CAVIE.

La Rédaction (avec le CAVIE, Ron Bousso et Blandine Hénault)

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.