[Africa Diligence] En présence d’Alain Mabanckou, écrivain et enseignant franco-congolais récemment intégré au Collège de France, le rendez-vous du Musée Dapper permettra de retracer l’itinéraire d’Achille Mbembe. Un événement organisé à la faveur de la parution de « Politiques de l’inimitié » de l’écrivain et universitaire camerounais.

Spécialiste des études postcoloniales, Achille Mbembe enseigne en Afrique du Sud et aux Etats-Unis. Sa pensée s’inscrit dans le sillage de celle de Frantz Fanon. Il est professeur d’histoire et de science politique à l’université de Witwatersrand à Johannesbourg (Afrique du Sud). Chercheur au Witwatersrand Institute for Social and Economics Research (WISER), il enseigne également au département français et à Duke University (aux États-Unis). Il est notamment l’auteur de De la postcolonie. Essai sur l’imagination politique dans l’Afrique contemporaine (Karthala, 2000), de Sortir de la grande nuit. Essai sur l’Afrique décolonisée (La Découverte, 2010) et de Critique de la raison nègre (La Découverte, 2013). Ses livres ont fait l’objet de plusieurs traductions en langues étrangères.

Présentation de « Politiques de l’inimitié »

Cet essai explore cette relation particulière qui s’étend sans cesse et se reconfigure à l’échelle planétaire : la relation d’inimitié. S’appuyant en partie sur l’œuvre psychiatrique et politique de Frantz Fanon, l’auteur montre comment, dans le sillage des conflits de la décolonisation du XXe siècle, la guerre – sous la figure de la conquête et de l’occupation, de la terreur et de la contre-insurrection – est devenue le sacrement de notre époque. Cette transformation a, en retour, libéré des mouvements passionnels qui, petit à petit, poussent les démocraties libérales à endosser les habits de l’exception, à entreprendre au loin des actions inconditionnées, et à vouloir exercer la dictature contre elles-mêmes et contre leurs ennemis. Dans cet essai brillant et brûlant d’actualité, Achille Mbembe s’interroge, entre autres, sur les conséquences de cette inversion, et sur les termes nouveaux dans lesquels se pose désormais la question des rapports entre la violence et la loi, la norme et l’exception, l’état de guerre, l’état de sécurité et l’état de liberté. Dans le contexte de rétrécissement du monde et de son repeuplement à la faveur des nouveaux mouvements migratoires, l’essai n’ouvre pas seulement des pistes neuves pour une critique des nationalismes ataviques. Il pose également, par-delà l’humanisme, les fondements d’une politique de l’humanité. L’ouvrage est paru aux éditions La Découverte le 31 mars 2016

Cette rencontre exceptionnelle sera animée par Maboula Soumahoro, docteure en civilisations du monde anglophone et maîtresse de conférences à l’université de Tours et à Sciences Po-Paris. L’échange sera suivi d’une séance de dédicaces.

(Avec le Musée Dapper)

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