Retraite : la pension minimale de 1 200 € en 2024, encore une fausse promesse ?

Emmanuel Macron a promis une retraite minimale de 1 200 euros grâce à sa réforme. Mais est-ce une réalité ou une promesse ?

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Alors que le gouvernement d’Emmanuel Macron tentait de convaincre les Français de l’importance de la réforme des retraites, une mesure faisait la une de l’actualité. Dans les médias, plusieurs politiques mettaient en avant la future mise en place d’une pension minimale de 1 200 euros. 

Une mesure intéressante, surtout pour les personnes qui ont touché le Smic toute leur vie. Mais, si une personne prend sa retraite en 2024, pourra-t-elle bénéficier de cette pension minimale ? Nos confrères de Moneyvox répondent à cette question. Et la réponse ne risque pas de vous plaire. 

Qu’est-ce que la retraite minimale ? #

La somme concernant la retraite minimale évolue depuis l’année 2019. Elle était, il y a cinq ans, de 1 000 euros. En avril 2022, dans la promesse de campagne d’Emmanuel Macron, elle était de 1 100 euros. Finalement, la récente réforme annonce un minimum brut de 1 200 euros. 

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Mais, concrètement, à quoi correspond la retraite minimale ? Le 10 janvier dernier, l’ancienne Première ministre, Elisabeth Borne, nous la présentait ainsi. Cette augmentation de la pension minimale est « pour les salariés et les indépendants qui ont cotisé toute leur vie avec des revenus autour du Smic. Ils partiront désormais avec une pension de 85 % du Smic net, soit près de 1 200 € par mois dès cette année. »

Maintenant que la réforme est une réalité, retrouvons-nous ces chiffres dans la réalité ? Nos confrères de Moneyvox nous apporte la solution. 

Un exemple concret pour illustrer la retraite minimale  #

Pour cela, ils utilisent l’exemple d’une Française, Isabelle. Elle a célébré en novembre dernier son 62ᵉ anniversaire. C’est à l’âge de 20 ans, en 1982, qu’elle commence à travailler.

Cependant, elle n’a pas accumulé suffisamment de trimestres pour les carrières longues. Travaillant toute sa vie avec un salaire équivalent au Smic, à l’exception de ses congés maternité qui n’impactent pas le calcul de la retraite, elle prévoit de liquider ses droits à la retraite le 1ᵉʳ avril 2024, à taux plein, avec 169 trimestres. 

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En d’autres termes, Isabelle remplit toutes les conditions énoncées par le gouvernement l’année dernière pour bénéficier d’une pension d’environ 1 200 euros bruts, y compris la complémentaire. Dans les faits, elle peut donc profiter de la retraite minimale.

Et dans la réalité ? Va-t-elle toucher ces 1 200 euros ? La réponse se trouve dans le paragraphe suivant. 

Une déconvenue pour Isabelle et les Français #

Quelle sera la retraite d’Isabelle en 2024 ? Avec un salaire modeste tout au long de sa carrière, Isabelle bénéficiera du minimum contributif majoré.

En effet, c’est le mécanisme du régime général (l’Assurance retraite, via la Carsat) qui assure un niveau minimal de retraite de base si vos droits sont inférieurs. Dans le cas favorable d’Isabelle, elle aura droit à 876,13 euros pour son départ en 2024.

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Reste à déterminer la part de la complémentaire Agirc-Arrco. Une estimation fictive d’Isabelle par MoneyVox, en accord avec la promesse des 1 200 euros de la réforme des retraites, suggère que sa pension mensuelle brute à l’Agirc-Arrco serait d’environ 300 euros.

Résultat, on arrive au montant suivant, 1 176,13 euros. En brut, avant les déductions de CSG et CRDS. Même en 2024, malgré la nouvelle revalorisation du minimum contributif en janvier 2024, Isabelle n’arrive pas encore à la fameuse barre de 1 200 euros. 

Source : Moneyvox