[Africa Diligence] Les pays africains ont fait confiance à des cabinets de grande qualité pour élaborer leurs stratégies d’émergence. Pourtant ceux qui jouent avec les cours du pétrole s’en moquent éperdument. Au micro d’Africa24, Knowdys fait remarquer que l’or noir pèse 60% des PIB du Congo et du Gabon et 80% en Guinée Équatoriale. Extraits.

Le tableau économique dans la zone monétaire d’Afrique centrale n’est pas reluisant en 2015. Des indicateurs économiques sont déficitaires.

La baisse du pétrole, la montée de Boko Haram et la constance de la crise en RCA ont plombé les finances publiques

De 4,4% en 2014, les prévisions de croissance économique pour l’année 2015 au sein de la Communauté économique et monétaire des Etats d’Afrique Centrale (CEMAC) ont été revues à la baisse, à 4,2%. Les indicateurs économiques comme le compte extérieur courant sont déficitaires. Ils sont de -20% contre -9,5% en 2014.

Pour Guy Gweth, fondateur de Knowdys Consulting Group, n°1 du conseil en intelligence économique et due diligence en Afrique, trois principaux facteurs ont creusé les finances publiques des Etats de la région, et la situation n’est pas prête de s’arrêter. Il s’agit par ordre croissant de la constance de la crise centrafricaine, la montée de Boko Haram et la baisse des cours du pétrole.

« Depuis le début de la crise centrafricaine, les échanges entre le pays et ses voisins ont chuté à cause de l’insécurité […] Juste à côté, les activités de Boko Haram entravent sérieusement le commerce intra-régional ainsi que les recettes douanières dans les États touchés», a expliqué Guy Gweth, consultant en intelligence économique chez Knowdys.

Autre raison majeure, sinon la plus importante, la chute des cours du pétrole. « La plupart des pays de la zone CEMAC sont fortement exposés aux variations des cours du brut. Pour bien comprendre ce qui se joue, poursuit l’enseignant de due diligence pour MBA à l’ESG Paris, songez que l’or noir pèse 60% des PIB du Congo et du Gabon et 80% en Guinée Équatoriale… » Du coup, la chute des cours du pétrole impacte négativement les dépenses publiques de ces pays et met à mal leurs plans d’émergence respectifs.

La diversification des économies est la clé, mais il faut ajouter la flexicurité dans les dispositifs de création des richesses

Au rang des mesures prises par la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) pour rassurer les investisseurs, la baisse du taux d’intérêt des appels d’offre à 2,5%, un élément que le Responsable de Doing Business in Africa à Centrale Paris trouve essentiel mais insuffisant. « Il ne faut pas oublier la concurrence internationale, rappelle Guy Gweth. Actuellement, la CEMAC est à la traîne par rapport à la CEDEAO ou à la CEA en matière d’attractivité. »

Que faire alors ? «La diversification des économies est la clé, mais il faut ajouter de la flexicurité dans les dispositifs de création des richesses. La poursuite de la lutte contre la corruption, la sécurité juridique et la simplification administrative notamment peuvent contribuer à assainir le climat des affaires et à accroître l’attractivité de la CEMAC» selon le fondateur de Knowdys.

Guy Gweth prédit qu’il faudra à nouveau baisser les prévisions de la croissance de la CEMAC dans quelques mois « si les finances publiques des États, déjà fortement impactés par les cours du pétrole, continuent d’être aspirées par les questions de sécurité […] Autant que possible, il faut poursuivre les investissements prévus. Ils sont capitaux pour l’émergence des pays concernés».

La Rédaction (avec Africa24)

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